samedi 21 octobre 2017

Bihar : Rajgir et le Pic des Vautours



Cela fait très longtemps que le nom de Rajgir associé à « Pic des Vautours » m’a fait rêvé. Et cette fois, j’allais pouvoir y aller ! Depuis Hazaribagh par taxi pour 2500 roupies pour la journée, nous partons visiter Rajgir et Nalanda. Rajgir en premier car il y a pas mal de sites dispersés et c’est là où nous apprécions le taxi.
Rajgir est une ville très ancienne et on y a retrouvé des restes de céramiques datant de 1000 av. J.-C. Selon le pèlerin chinois Xuanzang, on y distinguait la vieille cité sise dans une vallée différente de la ville actuelle et jadis entourée de murs de terre et d’une muraille cyclopéenne de pierres, et la nouvelle ville, plus grande et entourée d’un mur de terre, située non loin de la Rajgir actuelle.
 La grotte de Sonebhandar nous montre des sculptures du 4e siècle un peu rabotées par les Musulmans plus tard et dont la légende explique qu'il y aura un trésor caché derrière une porte de pierre qu'on devine un peu. Bien sûr les Anglais ont tout essayé pour passer cette porte mais il y aurait un tunnel communiquant avec les sources et le gouvernement indien par la suite n'a jamais voulu faire sauter la porte de peur d'endommager les sources. Le mystère reste entier et c'est très bien !

la roue de la loi bouddhiste et probablement une représentation du Bouddha
on devine la structure de la porte de pierre qui a subit bien des assauts au cours des siècles
sans jamais livrer son secret.

Rajgir est un lieu de pèlerinage pour les hindous, bouddhistes et jaïns, où on trouve de nombreux sites historiques ainsi que des monastères et un stūpa construits par des bouddhistes japonais.

80 roupies pour se balancer et avoir quelques émotions, c'est donné !

un magnifique stupa en marbre blanc pour la paix, parmi les 80 existant dans le monde

magnifique vue à quasiment 360°
de nombreux touristes et pas que des Japonais
Quatre statues d'or aux points cardinaux sur les moments principaux de la vie  du Bouddha

Nous commençons par les Japonais. Et hop dans la balancelle qui va nous monter jusqu’au Vishwa Shanti Stupa tout blanc en haut de la colline. Dix mille personnes ont travaillé pendant dix-huit mois sur le site. La vue est superbe de ce lieu qui domine toute la région.

la descente plus impressionnante permet de voir un panorama splendide
C’est aussi une ville d’eaux du fait de la présence, près de la grotte Saptparni où aurait eu lieu le premier concile bouddhique, de sources sacrées pour les trois religions.
 
le lieu des sources

une salutation à la déesse au sortir du bain
Les hommes et les femmes se baignent chacun de leur côté et nombreux sont ceux qui viennent prendre leur bain gratuitement. De beaux bouillons de culture aussi !
Nous continuons à grimper au-dessus des sources sur la colline de Vaibhava et à prendre le chemin qui monte aux temples jaïns. Il y a là les grottes de Pippala, utilisées comme demeure et tour d’observation par les moines.  Il est dit que le Bouddha y aurait médité.
le chemin de la colline de Vaibhava
Le chemin escalade la colline et les pèlerins âgés ou en mauvais état physique se font transporter sur des balancelles ou des chaises à porteurs, comme dans tous les pèlerinages jaïns la plupart du temps tous situés en hauteur après quelques centaines ou milliers de marches à grimper.

Arrivée au dernier temple, il y a encore une arche, un chemin, mais on me signale que je ne dois pas aller plus loin, juste pour prendre des photos…

Ajouter une légende
et tout au bout encore un autre temple... dommage mais pas le temps d'y aller de toute façon
Le premier concile bouddhique aurait eu lieu au Ve siècle av. J.-C., un an après la mort du Bouddha, avec pour objectif de pérenniser les règles et la doctrine instaurées par lui. et Et la tradition se continue d’après les affiches.

les affiches des précédents conciles
Un peu plus loin se trouve l’emplacement du Monastère de Venuvan : bois de bambous que le roi Bimbisâra aurait donné au Bouddha et à ses moines et moniales, site du premier monastère bouddhique.
Sur les lieux les moines continuent à discuter
Venuvan
Nous avons déjà passé bien du temps à Rajgir et notre chauffeur veut passer à Nalanda. Le Pic des Vautours continuera à me faire rêver !

mercredi 18 octobre 2017

Partir en Inde ? Oui au Bihar !


La France est bien un pays riche ? dit l’officier de police à mon amie M au contrôle des visas à l’aéroport de Delhi. Surprise de M à cette question. Vous allez à Patna ? reprit-il en lisant l’adresse en Inde indiquée sur l’imprimé d’arrivée. Oui, dit-elle d’un air toujours aussi surpris. Vous savez que Patna est dans le Bihar ? Vous voulez vraiment aller au Bihar ? Vous savez que le Bihar est l’état le plus pauvre de l’Inde ? Mais pourquoi vous n’allez pas au Rajasthan ? (sous-entendu : comme tout le monde ?)
Et voilà comment un officier de police vous avertit galamment que votre destination est pourrie et que vous feriez mieux d’aller voir ailleurs s’il y est.
Mais bon, notre billet d’avion pour Patna était pris et nous prenons la navette pour aller à l’aéroport national. Déjà nous sommes les seules occidentales dans la navette. Et pour Patna les seules occidentales pour le vol. Evidemment nous pouvons commencer à nous poser des questions. Patna, capitale du Bihar, deux millions d’habitants, 35° C et pas mal d’humidité, la mousson trainant en longueur et l’anglais est loin d’être parlé couramment. Nous prenons un taxi pré-payé pour aller à notre guest-house, située dans un quartier tranquille mais bien loin du centre et de la gare.
Le lendemain, nous prenons une visite de la ville en taxi organisée par notre hôtel, il n’y a pas énormément de choses à voir et tout est dispersé. En plus, c’est Diwali et c’est la folie dans la ville à croire que tout le monde a pris sa voiture pour créer des embouteillages monstres. Notre chauffeur, qui ne parle pas un mot d’anglais, mais j’arrive à comprendre de temps en temps où il veut en venir,  file de bonne heure au plus loin pour la visite d’un des cinq plus grands temples sikhs : Takht Sri Patna Sahib.
Nānakou Gurū Nānak Dev (1469-1539) était un mystique et poète indien, maître fondateur du Sikhisme et premier des dix Gurus du sikhisme. Il serait resté dans cette ville trois mois lors de ses différentes pérégrinations à travers le monde.  Et le 22 décembre 1666 Guru Gobind Singh est né à Patna. Guru Gobind Singh (1666-1708) est le dernier des dix Gurus du sikhisme et le créateur du Khalsa, l'ordre chevaleresque des sikhs.
Le Takht actuel a été fini en 1957. La pièce centrale et principale représente l'endroit où Guru Gobind Singh est né. De l'or et du marbre parent le temple. Beaucoup de reliques comme des sandales en bois, un vieil habit, un peigne, de nombreuses armes sont conservés dans le temple.
l'habileté et la beauté du travail des artistes indiens

Visite du temple sikh, magnifique, chants, méditation, tranquillité, offrande rituelle « prasad » d’un gâteau sucré et nous allons voir un peu plus loin les rives du Gange. Même si ça ne vaut pas les ghats de Bénarès, quand même aller dire bonjour à notre Mère Ganga.
petit coin au bord du Gange vraiment très familial
Nous partons ensuite visiter le Musée, superbe, dehors et dedans (belles collections de statues, peintures, objets archéologiques). 

le musée de Patna avec à l'entrée une belle sculpture en briques d'une tête de bouddha

 
la cour intérieure avec une architecture plutôt rajpoute
Nous payons le ticket d’entrée maximum (500 roupies) afin de voir le trésor du Bouddha enfermé et cadenassé dans une pièce spéciale qu’on vient ouvrir exprès pour nous… c’est dire la foule (du moins ce jour là) qui vient voir ce trésor : des cendres du Bouddha mélangées à de la terre, une petite feuille d’or, une perle. Pas de photo mais on en trouve sur internet !

les reliques du Bouddha Gautama enfermées dans une petite
coupe à l'intérieur du stupa

Petit tour au Buddha Park pour aller méditer dans le grand stupa au centre du parc. C’est 20 roupies déjà pour juste entrer dans le parc mais cela permet à de nombreux jeunes couples de se conter fleurette tranquillement dans la verdure ! Et partout nous sommes regardées comme des extra-terrestres, à croire qu’ils n’ont jamais vu de femmes occidentales.

le Buddha park situé en face de la gare principale, une oasis au milieu du vacarme

L’énorme silo à grains est fermé et les échafaudages lui font comme un traitement d’acupuncture pour lui refaire une beauté. Mais pas de grimpette pour admirer la vue générale sur Patna, ni chant à l’intérieur du silo pour écouter la réverbération.

Golghar : gros silo à grains prévu pour prévenir les famines dans cette région
et du coup privée de la vue panoramique sur la ville !

Le soir arrive, les boutiques sont pleines de lumières pour Diwali, des petites coupelles de terre pleines de ghee (beurre clarifié) où trempe une mèche éclairent les trottoirs comme les couloirs de notre hôtel.

La plupart des gens ont rejoint leur famille pour fêter cette sorte de « Noël » indien, fête de la lumière. Dans la nuit les pétards et les feux d’artifice illuminent le ciel de Patna. Pollution, bruits, lumière, temple, beauté et saleté, ça y est, nous sommes en Inde et de plus au Bihar.

 
derniers achats dans la rue, fanfreluches, décorations, bougies

ou bien or, pierres précieuses pour la femme de sa vie ?

mardi 15 août 2017

Si vous avez envie de partir en Inde avec moi ?

C'est bien le moment d'y penser ! je remets ça encore pour mars 2018, ce beau voyage au Jharkhand pour plonger dans l'Inde des tribus et des intouchables, au plus profond des campagnes indiennes. Avec en plus trois belles journées dans la "Mecque" du bouddhisme à Bodhgaya, et celle de l'hindouisme à Bénarès (ou Varanasi pour les Indiens).
Alors, n'hésitez plus, faites vos comptes, prenez vos congés, et hop ! inscrivez-vous au CEVIED à partir du 18 août !
au 04.78.42.95.33 ou info@cevied.org.
Voici donc tous les éléments pour vous décider rapidement (à cause des billets d'avion).

 
ITINERAIRE
Jour 1
Vol de nuit France – Delhi.
Jour 2
Arrivée à Delhi, contact avec la ville. Nuit à Delhi dans un quartier populaire.
Jour 3
Visite de Delhi, temple de diverses religions, le Vieux Delhi.
Jour 4
Transfert Delhi – Ranchi en vol intérieur.
Jour 5 à 11
Jharkhand
Contact avec les travailleurs sociaux du village d’Atka travaillant avec Ekta Parishad (EP) et Naya Sawera Vikas Kendra (NSVK). Ils nous expliqueront leur travail et leur lutte non-violente pour le droit à la terre, l’eau et la dignité. Nuits à Hazaribagh et Ranchi. Nous visiterons des villages tribaux (Birhor Tanda où le Cevied est partie prenante pour le financement de l’école tribale et d’autres en fonction des possibilités) en compagnie d’un travailleur social.
Nous prendrons conscience des problèmes d’alphabétisation, de la vie des femmes, des difficultés de transport et d’accès à l’eau dans les villages éloignés. Problème des industries minières rognant les terres des tribus.
Découverte du parc national de Hazaribagh, la forêt, les plantes et les animaux du lieu. Nous visiterons les environs. Visite de Ranchi, la capitale, et de son musée des peuples tribaux. Ce sont des propositions en fonction de l’emploi du temps des travailleurs sociaux.
Visite au projet solidaire du Cevied, une petite école tribale en pleine campagne.
Jour 12
Trajet en taxi pour Bodhgaya.
Découverte de la petite ville et du grand temple bouddhiste.
Jour 13
Bodhgaya, haut lieu du bouddhisme foisonnant de pèlerins pleins de dévotion. Nous verrons l’arbre, le pipal, où le Bouddha a reçu l’illumination. Peut-être est-ce contagieux ?
Jour 14
Bodhgaya, visite des différents monastères et temples. Les nombreuses traditions bouddhistes sont représentées : chinoise, tibétaine, bhoutanaise, japonaise…
Jour 15
Départ pour Bénarès en taxi, ville sacrée hindouiste, soirée en bateau au fil du Gange, pour apprécier l’atmosphère de cette ville sainte, vue du fleuve sacré, notre « Mère Ganga ».
Jour 16 et 17
Bénarès, les ghâts (escaliers le long du fleuve) le matin avec la foule des pèlerins et des touristes, visite de la ville.
Visite de Sarnath, le lieu du 1er discours du Bouddha à ses premiers disciples dans le parc aux biches.
Jour 18
Bénarès contacts possibles avec l’association Un rêve indien.
Jour 19
Bénarès, contact possible avec une enseignante universitaire et ses étudiants, temps libre. Train de nuit pour Delhi.
Jour 20
Delhi, visite et/ou temps libre.
Jour 21
Vol Delhi – France. Arrivée à Paris dans la journée.

Pour le Jharkhand, l’organisation des journées n’est pas établie à l’avance et se fera en fonction des possibilités des travailleurs sociaux et de l’actualité politique de la région.
Pour le contenu des jours 5 à 11 : Flexibilité, accueil de l’inconnu et du changement sont à prévoir !


DATES : du dimanche 4 au dimanche 25 mars 2018

GROUPE :            4 à 12 participant-e-s

PRIX :
9 à 12 personnes
1 990 €

6 à 8 personnes
2 080 €

4 à 5 personnes
2 150 €
Ce prix comprend : Vol international Paris-Delhi sur ligne régulière– Taxes d’aéroports – Transferts aéroport – Hébergement en hôtels locaux en chambre double – Transports intérieurs en avion, train et taxi – Accompagnatrice française sur place tout au long du voyage et guides locaux – Participation à un projet éducatif.

Ce prix ne comprend pas : Visa (environ 104 € pour 6 mois, ou 50 USD si e-visa 60 jours) – Repas (environ 10-12 €/jour) – Entrées et guides sur les sites et musées (25 € environ) – Transports dans les villes pour les visites – Pourboires, boissons et extras – Adhésion CEVIED – Assurance rapatriement, RC, accident/maladie bagages - Assurance annulation en option (cf. notice assurance).

VOUS AUREZ A VERSER AU CEVIED: selon le plan de règlement suivant :

* 1000 € à l'inscription, plus la cotisation si elle n'est pas versée  :
                                                1re adhésion                       : individuel 25 € - couple 38 €
                                                renouvellement             : individuel 15 € - couple 25 €
* 600 €  Deux  mois avant le départ, soit avant le 04 janvier2018

* le solde, Un mois avant le départ soit avant le 04 février 2018 (tout voyage non soldé entraîne l’annulation).

FORMALITES : Visa obligatoire (https://indianvisaonline.gov.in/visa/tvoa.html) Passeport valide 6 mois après la sortie du pays avec 3 pages vierges consécutives. Indication donnée après l’inscription. E-visa pour 60 jours.
VACCINATIONS: Pas de vaccins obligatoires. Consulter si nécessaire votre médecin ou l'Institut Pasteur avant le départ.
IMPORTANT
Tous les participants à ce voyage se retrouveront avec un responsable du CEVIED pour une réunion d’INFORMATION et de PREPARATION : le samedi 16 décembre 2017 à 14 h au Cevied à Lyon avec la responsable du voyage. Les voyageurs pourront apporter leurs suggestions. Après cette date, aucune modification ne pourra être ajoutée au programme. L’accompagnatrice vous enverra par courriel toutes les informations nécessaires si vous ne pouvez pas vous déplacer.

REMARQUES

Le prix de ce voyage a été calculé en juillet 2017. Il comprend les taxes qui sont sujettes à variation (cf conditions générales et particulières de vente). Nous sommes tributaires des renseignements fournis par la compagnie aérienne et de ses modifications de vol. Les lieux, heure et jour de départ peuvent donc être susceptibles de changement.

mercredi 22 mars 2017

La petite école tribale, la visite annuelle !


22 mars 2017  COMPTE RENDU DE NOTRE VISITE A L'ECOLE TRIBALE
 Si vous aussi vous avez envie de participer à ce beau projet merci de me contacter sur : 
bijoliane@netcourrier.com
Accompagnés de Ram Swarup et de Saryu, travailleurs sociaux, nous partons tous les cinq de Hazaribagh, faisons quelques achats de fruits pour l'école et arrivons vers 10 h du matin à Birhor Tenda (district d'Atka).
Notre arrivée à la petite école tribale a été discrète. Tout le monde était au travail. L'instituteur faisait sa leçon d'anglais et même si la majorité des enfants ne savent dire qu'un nombre pour dire leur âge ils savent qu'ils sont pauvres et honnêtes.

vue générale de l'école
notre arrivée dans la classe
au tableau le cours d'anglais
Nous avons donc un peu perturbés la classe et l'ordre des choses car nous sommes restés toute la journée et nous avons passé la nuit à l'école pour ne repartir que le lendemain matin en direction de Bodhgaya.

Les points qui m'ont semblé positifs pour l'école :
Nous avons posé la première pierre de la bibliothèque ! ce sera un beau lieu d'études et de tranquillité pour la lecture et aussi probablement une nouvelle salle de classe. Chacun après une petite cérémonie préparatoire a posé une brique dans la tranchée.
le terrain et les fondations qui ont été creusées par les enfants





la préparation de la cérémonie pour la pose de la première pierre
et les enfants sont tous là, à regarder comment ça va se passer !
chaque personne du groupe va poser symboliquement sa pierre



Il y a maintenant un abri couvert pour la cuisine et deux cuisinières s'occupent des repas des enfants. Ils ont maintenant trois repas par jour. La ration de riz a été "réduite" à 250 g par repas pour la descendre encore à 200 g si c'est possible et augmenter d'autant la portion de légumes frais.
la cuisine est maintenant à l'abri, du soleil comme de la pluie !
les deux nouvelles cuisinières avec la gamelle de riz !
vue de la cuisine sur le côté du bâtiment. La porte à côté est la salle de bains-wc

le jardin bien entretenu derrière l'école
Il y a un beau jardin de légumes cultivé par les enfants derrière l'école : il n'y a pas encore de quoi nourrir tout le monde mais les enfants en prennent soin et l'arrose consciencieusement tous les matins.
la portion de riz a diminué et celle des légumes a augmenté
Il y a 54 élèves dans l'école et les niveaux vont de 1 à 5. Pas évident pour les enseignants d'arriver à faire travailler plusieurs niveaux à la fois compte-tenu du manque de formation pédagogique. Mais ils sont courageux et ne comptent pas leurs heures car ils sont sur place 24 h/24 et 7 jours/7 pour un salaire de misère que nous allons essayer de passer à 100 euros par mois si nous arrivons à réunir les fonds régulièrement.

Ce qu'il faudrait améliorer :
La formation pédagogique des institutrice-teurs afin qu'ils puissent avoir une autre vision de l'éducation que celle qu'ils ont dû recevoir eux-mêmes à l'école : rabâchage à outrance sans même savoir ce qu'on répète, révision des leçons chacun braillant de son côté.
Une formation pédagogique pour les enseignants chaque année par des personnes spécialisées s'avèrerait positive tant pour les enseignants que pour les élèves. Birendra m'a promis qu'un stage pédagogique était prévu pour cette année.


Pendant les heures d'étude : pas de silence pour étudier, pas de concentration car trop difficile dans le bruit, difficulté de lecture le soir par manque d'éclairage, les enfants s'abîment les yeux pendant au moins une heure chaque soir. 
pas assez de lumière pour réviser les leçons et lire tranquille


Les enseignants semblent avoir peu de notions sur ce que nous appelons "les rythmes scolaires" et les enfants sont levés à 4 h du matin pour soi-disant avoir une heure de lecture. A mon avis, heure qu'ils feraient mieux de passer à dormir car ils n'ont pas leur 8 heures de sommeil nécessaires pour des enfants de leur âge (il y a des petits de 6 et 7 ans). Le soir où nous étions là, le dîner leur a été servi à 20 h 45. Il vaudrait mieux que ce soit à 19 h afin qu'ils puissent se coucher plus tôt.

L'an dernier, ils partaient marcher une heure dans la forêt et cette fois ils ont fait 3 tours de cour en courant, prière et chant habituel "Jai Jagat" d'Ekta Parishad. Quelques exercices doux de yoga pour les préparer à l'écoute et à la concentration seraient peut-être à prévoir.
.
Les filles n'ont pas de lieu pour se doucher tranquilles et font ça à la pompe dehors en se tortillant dans leur serviette et leur châle. Ce serait un point à améliorer rapidement pour qu'elles puissent se laver confortablement.

la pompe : coin douche, lessive, vaisselle...
étendage de la lessive
moins facile quand on est petite !
 Pour le futur : peut-être prévoir d'arrêter l'école aux 5 premiers niveaux et de voir s'il n'y a pas la possibilité d'envoyer les enfants de la classe 6 dans une école à proximité tout en restant internes à l'école. Il pourrait y avoir la possibilité d'un ramassage scolaire. A prévoir.

Depuis l'ouverture de cette école, j'ai vu progresser les enfants à tous points de vue : la propreté, ils se lavent tous les jours, ils font leur lessive tous les jours également. Le fait d'avoir des uniformes pour le temps scolaire permet de faire la différence entre l'apprentissage et l'étude et le temps de jeu. Ils sont sérieux dans leur devoirs et leurs leçons, ont envie d'apprendre. Ils découvrent des façons de s'amuser simplement entre eux et il ne semble pas avoir de différences garçon-fille, même si les filles préfèrent sauter à la corde et les garçons au cricket ou au tir à l'arc. Ils ne rechignent pas par rapport à la discipline qui leur est imposée et pour les repas apprennent à servir les autres chacun leur tour.
chacun à son tour sert pour les repas

Pierre leur apprend des jeux simples dessinés par terre avec cailloux et bouts de bois
Mais avoir des ballons c'est sympa aussi ! Ils attendent maintenant un vrai ballon de foot !









Merci aux enseignants et aux enfants pour nous avoir accueillis parmi vous… (les filles sont plus timides… )

Pour Hugues (et merci pour toutes les videos avec Rajuri !) deux photos de février 2004 !




jeudi 16 mars 2017

Kurum au Jharkhand, Inde du Nord

Après le retour du Cambodge un peu trop rapide, les petits soucis de santé réglés, un petit groupe du Cevied (voir cevied.org) m'attendait pour partir en Inde. Donc ça y est nous y sommes et j'accompagne à travers la campagne du Jharkhand un petit groupe de quatre personnes fort sympathiques et curieuses.


Kurum, le 16 mars 2017

au bord de la piste qui va à Kurum une maison traditionnelle avec son double
toit en petites tuiles
Kurum est un petit village de 125 foyers à 40 km de Gumla au Jharkhand. Longue piste de terre tantôt craquelée, tantôt avec des ornières et ravinée de tous côtés pour pouvoir y accéder. Notre chauffeur zigzague fort bien entre les trous. Nous croisons quelques motos à passagers multiples, de rares piétons car la piste est très longue sous le soleil (mais les kilomètres sont malheureusement identiques sous la pluie), des rickshaws bondés transbahutant une douzaine de femmes au marché hebdomadaire de la ville. Au milieu du chemin une petite échoppe qui vend un peu de nourriture et de boissons pour se réconforter dans le parcours d’obstacles.
pieds nus et avec courage pour aller à la ville
pas grand chose mais un peu d'ombre et de quoi se redonner du courage
la route vue de notre 4x4
Nous sommes accompagnés de Soumya et Prakash, deux travailleurs sociaux de l’association NSVK et d’Ekta Parishad, qui oeuvrent pour aider les peuples tribaux (adivasi) à prendre conscience de leurs droits élémentaires, à savoir : droit à la terre, à l’eau et à avoir un abri pour vivre dignement. Ils lancent ce projet de base dans dix villages qu’ils repèrent auparavant comme étant intéressés par une évolution. Une fois ce projet réalisé, ils choisissent dans ces dix villages, cinq avec lesquels ils vont aller plus loin dans les projets : par exemple une agriculture bio, une organisation différente du village pour éviter l’exode rural en maintenant tous les habitants sur des projets qui leur permettront de vivre en autonomie. Cela pendant quatre ans. Au bout de ces années, ces cinq villages vont prendre en charge cinq autres nouveaux villages pour les aider dans leurs projets, et faire un transfert de connaissances, et ainsi de suite.

montée sur la colline pour voir le travail d'adduction d'eau
belle vue depuis le petit barrage
la petite retenue d'eau (il a fallu tout monter à dos d'homme, le plus dur a été
pour les tuyaux)
Les projets que nous venons voir à Kurum sont : la récupération de l’eau pour faire une bonne irrigation, la petite fabrique de résine et la future banque de semences biologiques.
Nous partons grimper sur la colline en face du village pour aller voir le petit barrage et la captation des eaux de source qui sortent de la montagne. Depuis l’an dernier les tuyaux ont été changés et sont maintenant complètement résistants aux chocs. Une petite mare a été créée en bas grâce à un assèchement de terres humides qui vont permettre après terrassement (terminé) de belles cultures de légumes car la terre est fertile.
Ce système permet d’avoir une irrigation et de l’eau huit mois sur douze.
Encore au-dessus du petit barrage nous apprenons que vivent trois familles en autarcie, éloignées de tout et nous avons envie de voir de quoi elles peuvent bien vivre, mais elles ont leurs légumes et leurs céréales cultivés dans les champs à proximité, même une petite rizière. Nous devons goûter à leur bière de riz et c'est plutôt bon et rafraichissant !
le groupe au sommet après la bière de riz, toujours debout
La petite fabrique de résine est dans un ancien bâtiment et est très simple. Le village possède suffisamment d’arbres permettant cette fabrication et qui sont taillés deux fois par an. Les branches sont coupées en petits morceaux, eux-mêmes passés dans un broyeur, puis tamisés pour enlever toute poussière de branche. Ces petits morceaux sont ensuite mis dans une sorte de tonneau avec de l’eau et tournés grâce à un petit vélo. La production de cette résine sert surtout dans la fabrication des peintures des carrosseries de voitures et d’avions. 
à quoi ressemble un arbre qui donne la résine ? à ça !

le tamis pour éliminer tous les restes de branches et feuilles
les petits grains sont mis dans l'entonnoir et avec mon p'tit vélo...
ça tourne !
Après l’agriculture c’est la deuxième ressource de ce village. Un gros arbre rapporte environ dix mille roupies par an (environ 140 €), la production annuelle est d’environ cinq mille kilos de résine. Le prix du kilo varie beaucoup en fonction de la quantité de bois disponible, mais il a atteint l'an dernier plus de dix euros le kilo à cause de la rareté de la matière première.

Nous passons voir le petit local où se tiendra la banque de semences. Pour l’instant, les pots sont en train d’être nettoyés avant de recevoir les graines, céréales, haricots divers, lentilles. Celui qui empruntera un kilo de semences doit en redonner deux kilos et demi pour la banque et permettre ainsi l’accès à de plus en plus de fermiers aux semences biologiques pour éviter d’acheter des semences hybrides sur le marché. Et cela marche très bien déjà dans un des villages soutenus par NSVK où l’on ira demain.

le futur Kokoppelli indien ?
Nous terminons notre visite encore ravi-e-s de cette journée à la campagne où les changements entrepris permettent une vie plus agréable pour la communauté.