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jeudi 16 mars 2017

Kurum au Jharkhand, Inde du Nord

Après le retour du Cambodge un peu trop rapide, les petits soucis de santé réglés, un petit groupe du Cevied (voir cevied.org) m'attendait pour partir en Inde. Donc ça y est nous y sommes et j'accompagne à travers la campagne du Jharkhand un petit groupe de quatre personnes fort sympathiques et curieuses.


Kurum, le 16 mars 2017

au bord de la piste qui va à Kurum une maison traditionnelle avec son double
toit en petites tuiles
Kurum est un petit village de 125 foyers à 40 km de Gumla au Jharkhand. Longue piste de terre tantôt craquelée, tantôt avec des ornières et ravinée de tous côtés pour pouvoir y accéder. Notre chauffeur zigzague fort bien entre les trous. Nous croisons quelques motos à passagers multiples, de rares piétons car la piste est très longue sous le soleil (mais les kilomètres sont malheureusement identiques sous la pluie), des rickshaws bondés transbahutant une douzaine de femmes au marché hebdomadaire de la ville. Au milieu du chemin une petite échoppe qui vend un peu de nourriture et de boissons pour se réconforter dans le parcours d’obstacles.
pieds nus et avec courage pour aller à la ville
pas grand chose mais un peu d'ombre et de quoi se redonner du courage
la route vue de notre 4x4
Nous sommes accompagnés de Soumya et Prakash, deux travailleurs sociaux de l’association NSVK et d’Ekta Parishad, qui oeuvrent pour aider les peuples tribaux (adivasi) à prendre conscience de leurs droits élémentaires, à savoir : droit à la terre, à l’eau et à avoir un abri pour vivre dignement. Ils lancent ce projet de base dans dix villages qu’ils repèrent auparavant comme étant intéressés par une évolution. Une fois ce projet réalisé, ils choisissent dans ces dix villages, cinq avec lesquels ils vont aller plus loin dans les projets : par exemple une agriculture bio, une organisation différente du village pour éviter l’exode rural en maintenant tous les habitants sur des projets qui leur permettront de vivre en autonomie. Cela pendant quatre ans. Au bout de ces années, ces cinq villages vont prendre en charge cinq autres nouveaux villages pour les aider dans leurs projets, et faire un transfert de connaissances, et ainsi de suite.

montée sur la colline pour voir le travail d'adduction d'eau
belle vue depuis le petit barrage
la petite retenue d'eau (il a fallu tout monter à dos d'homme, le plus dur a été
pour les tuyaux)
Les projets que nous venons voir à Kurum sont : la récupération de l’eau pour faire une bonne irrigation, la petite fabrique de résine et la future banque de semences biologiques.
Nous partons grimper sur la colline en face du village pour aller voir le petit barrage et la captation des eaux de source qui sortent de la montagne. Depuis l’an dernier les tuyaux ont été changés et sont maintenant complètement résistants aux chocs. Une petite mare a été créée en bas grâce à un assèchement de terres humides qui vont permettre après terrassement (terminé) de belles cultures de légumes car la terre est fertile.
Ce système permet d’avoir une irrigation et de l’eau huit mois sur douze.
Encore au-dessus du petit barrage nous apprenons que vivent trois familles en autarcie, éloignées de tout et nous avons envie de voir de quoi elles peuvent bien vivre, mais elles ont leurs légumes et leurs céréales cultivés dans les champs à proximité, même une petite rizière. Nous devons goûter à leur bière de riz et c'est plutôt bon et rafraichissant !
le groupe au sommet après la bière de riz, toujours debout
La petite fabrique de résine est dans un ancien bâtiment et est très simple. Le village possède suffisamment d’arbres permettant cette fabrication et qui sont taillés deux fois par an. Les branches sont coupées en petits morceaux, eux-mêmes passés dans un broyeur, puis tamisés pour enlever toute poussière de branche. Ces petits morceaux sont ensuite mis dans une sorte de tonneau avec de l’eau et tournés grâce à un petit vélo. La production de cette résine sert surtout dans la fabrication des peintures des carrosseries de voitures et d’avions. 
à quoi ressemble un arbre qui donne la résine ? à ça !

le tamis pour éliminer tous les restes de branches et feuilles
les petits grains sont mis dans l'entonnoir et avec mon p'tit vélo...
ça tourne !
Après l’agriculture c’est la deuxième ressource de ce village. Un gros arbre rapporte environ dix mille roupies par an (environ 140 €), la production annuelle est d’environ cinq mille kilos de résine. Le prix du kilo varie beaucoup en fonction de la quantité de bois disponible, mais il a atteint l'an dernier plus de dix euros le kilo à cause de la rareté de la matière première.

Nous passons voir le petit local où se tiendra la banque de semences. Pour l’instant, les pots sont en train d’être nettoyés avant de recevoir les graines, céréales, haricots divers, lentilles. Celui qui empruntera un kilo de semences doit en redonner deux kilos et demi pour la banque et permettre ainsi l’accès à de plus en plus de fermiers aux semences biologiques pour éviter d’acheter des semences hybrides sur le marché. Et cela marche très bien déjà dans un des villages soutenus par NSVK où l’on ira demain.

le futur Kokoppelli indien ?
Nous terminons notre visite encore ravi-e-s de cette journée à la campagne où les changements entrepris permettent une vie plus agréable pour la communauté.

mercredi 1 février 2017

Visite dans les villages des minorités ethniques

Sona Trekking.Trouvé son nom sur un document à l’office du tourisme. Coup de fil. Rencontre dans la foulée. Nous partons avec Sona sur-le-champ avec son tuk-tuk pour aller admirer les cascades dans les alentours de Ban Lung dans la province du Rattanakiri. En allant à la première cascade, sur le chemin nous parlons déforestation, plantations d’hévéas, il y a des usines de caoutchouc dans la région, de noix de cajou, de manioc.

les branches de manioc attendent la pluie pour être découpées puis plantées.
Sur le site (entrée payante : 0,50 USD) un groupe de musiciens et danseuses de l’ethnie Tam Poun offre aux touristes chant et danse traditionnels dans les costumes que nous avions déjà remarqués au lac.

Le lendemain, Sona nous propose de partir en moto avec son frère visiter les villages des minorités ethniques. Avec un casque cette fois, pour dire d’être en règle.
Villages situés parfois pas très loin de la route goudronnée ou bien à des kilomètres de la route principale avec un accès difficile sur des pistes en latérite où nous faisons du gymkhana avec les motos, les deux-roues étant quasiment les seuls véhicules possibles sur ces chemins cabossés plein d’ornières.
c'est encore mieux que la chenille de la fête foraine !

Les villages sont un peu tous avec le même type d’habitation : construite sur pilotis, en bois avec un plancher de teck ou de bambou pour les plus pauvres et couverture en feuilles de palmier. Maintenant les toits sont le plus souvent en tôle ce qui n’est pas très écologique compte-tenu de la chaleur. Les murs sont en bambou simple ou tressé avec des motifs géométriques.

l'habitat traditionnel : la grande maison familiale, les huttes des ados, la haute
pour le garçon, la basse pour la fille, à partir de 15 ans
Le dessous des maisons quand il est assez haut, sert de lieu de réunion, de repas, de sieste car il y fait bon, en compagnie de poules, de truies et de porcelets, sans oublier les chats et chiens.

le treillis du bambou sur les murs

petite maison traditionnelle dans le village

Dans le premier village une petite assemblée de femmes discute dont deux femmes âgées aux poignets pleins de gros bracelets en argent qui leur sert pour faire de la musique en frottant les deux poignets. La plus âgée porte de grosses boucles d’oreilles plates dans les lobes.
A l’entrée de ce village, deux bananiers protégés par des palissades, sont censés indiquer la « santé » du village. Si les bananiers poussent bien et portent des fruits, alors, tout va bien, sinon c’est que quelqu’un va mourir.

Dans un deuxième village nous arrivons juste à la sortie de l’école, parrainée par une école privée de Milan et nous en profitons pour regarder les affiches sur les murs : conseils d’hygiène et de respect de l’environnement, conseils de respect et de politesse pour la famille et les adultes. Par contre ni table ni banc.

l'affiche sur le respect dû aux adultes

l'affiche sur le respect dû à l'environnement
pour connaitre les fruits et légumes du pays

Nous partons ensuite très loin dans la jungle dans ce qui est appelé le village des minorités Khmers rouges. C’est là où ils étaient venus se réfugier avec Pol Pot. Maintenant c’est toujours aussi perdu mais un chemin y mène plein d’embûches pour une moto !
Les maisons sont regroupées, il n’y a pas d’espace privé. Le puits est au centre de la place et chacun vient y prendre sa douche et faire sa lessive.
sur la grande place du village, les maisons bien rangées

Des femmes âgées nous proposent leur tissage, des longues bandes de tissus type écharpe avec de beaux coloris pour 3 USD. Ce qui est bien peu pour payer leurs heures de travail mais qui leur procure un petit revenu. Les touristes ne doivent pas être très nombreux à venir ici compte tenu de la difficulté d’accès.

Puis nous voulons voir les fameuses mines « familiales » et artisanales d’où sortent améthystes et zircons, les spécialités de cette région.
Il faut bien connaître le coin car elles sont profondément cachées tout au fin fond de plantations d’hévéas, encore du sport avec la moto !
la traversée des forêts d'hévéas pour atteindre le lieu des mines de pierres précieuses

un des puits nouvellement creusés, il y en a des dizaines déjà rebouchés autour

tout se fait à la main, même pas de tamis !
au fur et à mesure des marches sont creusés pour pouvoir remonter !
Ce sont des trous de petit diamètre, environ 50 cm, creusés tout à la main d’environ une douzaine de mètres de profondeur. L’homme qui est au fond creuse une galerie transversale qui va en rejoindre d’autres car tout le sol est creusé ici de partout, ce qui permet des arrivées d’air. La terre est remontée à la manivelle dans un seau et triée à la main pour récupérer les petits bouts de pierres brutes. Et on se dit qu’ils ne doivent pas gagner grand chose à la fin de la journée quand on a regardé leur maigre butin. Les pierres sont vendues puis taillées en fonction de leur qualité. Les prix pour les pierres taillées dans une bijouterie de la ville : 9 USD le carat pour l’améthyste, 40 USD le carat pour le zircon simple et 75 USD le carat pour le zircon de belle qualité.

Informations :
Eco-Tourism Information center, Tour Organizer, English speaking guide,
M. Keo Sona,  Local indigenous tours guide
French and English  097 82 50 366 / 097 475 4000
Email : sonatours168@gmail.com
website : www.sonatrekking.com
Tél : (+855)

Guest-House : Happy Elephant Bungalows
Proche de la place de l'arrêt des bus
petits bungalows très rustiques mais lits confortables avec moustiquaire)  dans les bois avec salle de bains, très rustique aussi. Eau froide, serviette de toilette,  électricité, wifi.
Petit déjeuner, restaurant (très bon), billard
Mot et sa femme Virginie (les deux parlent français) vous accueillent chaleureusement !
5 USD le bungalow par nuit, dortoir possible, idéal pour routards, lieu de rencontre très sympathique.
Téléphoner avant pour réserver car souvent complet au : 097 33 72 416
les bungalows de la guest-house Happy Elephant

chambre rustique mais confortable