vendredi 25 novembre 2016

L'unique préoccupation du moment : trouver de l'argent !




Dans le quotidien de Jaipur Dainik bhaskar du 24 novembre 2016

Le dessin du jour : les distributeurs de billet deviennent les nouveaux temples indiens : des processions pendant des heures et des prosternations pas trop longues car il faut laisser la place au suivant !

En traduction libre voici les commentaires de ce délicieux dessin :

A la pharmacie : donnez moi des vitamines que je puisse aller jusqu’au distributeur !

Le chauffeur dans la voiture qui transporte un candidat aux futures élections : mettez vous bien debout dans la queue que tout le monde vous voit et vous serez filmé par les médias !

Les voleurs : le métier est foutu, plus personne n’a d’argent dans les poches !

A l’hôpital : on n’a plus besoin d’anesthésiant, montrez leur juste un billet de mille roupies !

Les invités au mariage (où il est de tradition de donner une enveloppe avec de l’argent)  et leur porteur qui transporte un énorme cadeau qui est une boite lourde de pièces de monnaie : le cadeau est lourd mais il y a 1111 roupies en pièces (le 1 est un chiffre porte-bonheur).

A l’entrée de la salle de mariage la pancarte indique : pour les cadeaux, vous trouverez une machine pour carte bancaire près de l’estrade (où se tiennent les mariés)

Dans les cieux, Laxmi, déesse de la richesse et son mari Vishnou : personne à notre temple, toute la procession va pour l’ATM. Et Laxmi : mais aujourd’hui les gens ne peuvent qu’acheter des médicaments (avec un billet de 500 roupies) mais plus de chapatis (pain)

Le long de la montée au « temple ATM » (distributeur de billets) : de haut en bas :

Ceux qui préparent la nourriture le long du chemin : nous faisons aussi les dîners !

La dame au taxi rickshaw : l’ATM s’il vous plait (inutile d’indiquer une autre direction)

Le brahmane assis par terre, astrologue et palmiste (qui lit les lignes de la main) : le client, en tenant ses factures et tendant sa main droite  : dites moi mon avenir !

Les musiciens : et maintenant nous avons notre « raga » du soir !

jeudi 24 novembre 2016

Jaipur ville rose... pas toujours !


Les bidonvilles, aussi à Jaipur !

Un de mes derniers « reportages » sur Jaipur racontait la fête du Soleil, processions, saris éclatants des couleurs du feu, chariots argentés et déités promenées en grande pompe.
Cette fois ci, l’ambiance était tout autre. J’ai eu la chance d’être « introduite » dans une association qui s’occupe d’un des 80 bidonvilles (oui, j’ai bien fait répété le nombre !) qui existent à Jaipur et dont en tant que touristes nous ne soupçonnons absolument pas l’existence.
Tout simplement parce qu’ils ne sont pas dans les lieux touristiques évidemment et que leur existence est pour ainsi dire protégée des regards des curieux par un anonymat tranquille.

l'entrée, bien quelconque du bidonville

Le métro, les ferronniers, la circulation et la vie de tous les jours, mais à droite,
derrière ces écrans de ferraille rouillée, un autre monde.
 
Le long de la voie aérienne du métro, quartier des ferrailleurs et des ferronniers, c’est là. Un portail anonyme, un vague couloir encadré de portails en cours de fabrication et hop un regard  à droite et c’est la salle de classe en plein air avec laquelle je fais connaissance. Les gamins sont plutôt sages mais j’apprends que c’est dû à un sérieux apprentissage car garder des gamins de la rue assis sans trop gesticuler cela tient quasi du miracle.
la "classe" et l'institutrice

Et puis après avoir écouté quelques chants que les enfants sont joyeux de m’offrir je pars à la découverte de ce qu’il y a derrière le mur en passant par la minuscule ruelle. Et là, vision qui m’empoigne le cœur au fil du parcours :  cet immense village aux huttes de guingois, aux masures où se font dorer les vieilles couvertures au soleil de novembre, quelques maisonnettes de brique qui émergent au milieu de ce grouillement d’enfants curieux de voir qui arrive. 
la "rue principale" du bidonville
 
Le dirigeant de l’association m’explique que cinq mille familles, ce qui représente au moins vingt mille personnes au minimum, vivent ici depuis 1986 sur un terrain donné par le gouvernement. Leur lieu précédent étant devenu la proie des investisseurs immobiliers, trop bien placé dans le centre ville.

"au milieu coule une rivière..."
Comment se fait-il qu’aussitôt entrée dans cette zone je suis frappée par la passivité et la non-action au regard des déchets jonchant négligemment le parcours, des eaux sales et polluées apportant insidieusement les maladies aux gamins courant à moitié nus, les tentes de bric et de broc, utilisant des coins libres et pas forcément nettoyés de leurs gravats, et je vois en un clin d’œil tout ce qu’il y a à faire pour que la vie s’améliore doucement mais sensiblement et avec peu d’efforts à condition qu’ils soient collectifs. C’est là tout le travail d’approche de l’association.



Le changement passant par les femmes, il va falloir d’abord les approcher sans les effaroucher, voir leur demande, faire des propositions d’école pour qu’elles sachent un peu lire et écrire et soutenir leurs gamins dans leurs apprentissages car personne n’est fou et tout le monde sait bien que seule l’éducation pourra sauver quelque chose dans cet univers de pauvreté.


samedi 12 novembre 2016

La panique


Entre la peste et le choléra, que choisir ? L’Inde et particulièrement Delhi cumulent en ce moment les difficultés : la pollution atmosphérique qui atteint des niveaux jamais connus et la pollution par la corruption qui se propage de façon endémique.
Armée de patience – qu’il est bon d’acquérir avant de venir en Inde – et d’un bon bouquin, le cœur cousu, de Carole Martinez, un petit bijou, j’ai pu, au bout de deux heures acquérir un peu d’argent pour poursuivre mon périple. La télé locale était présente devant la banque, située au cœur de Delhi. Cela permet d’occuper les gens et les journalistes qui développent le sujet depuis trois jours et remplissent avec ardeur les pages des quotidiens : la ménagère qui ne peut plus faire ses courses habituelles, les jeunes mariés qui supplient leurs invités de ne pas leur donner des enveloppes empoisonnées par des billets de 500 ou de 1000 roupies (pourtant une belle raison de s’en débarrasser !), les commerçants qui sont obligés de fermer boutique car ils ne peuvent plus rendre la monnaie, les agents immobiliers qui voient le prix des maisons dégringoler d’un seul coup, les cinq états qui vont devoir voter prochainement et dont les fonds secrets des partis politiques se trouvent soudainement à mettre à la poubelle. A qui profite le crime ? On raconte aussi que les dirigeants du parti du Premier Ministre étaient au courant depuis une bonne semaine. Ce qui en Inde pourrait s’appeler un « Delhi d’initié ».

En titre : "je ne vous ai jamais dit que je vous rendrais vos billets de 500 roupies".
Cette phrase fait allusion à une promesse électorale de Modi qui avait alors promis
à chaque Indien 15 mille roupies s'il était élu et s'il arrivait à rapatrier l'argent de la
corruption déposé dans les banques suisses !
Il y a aussi ceux qui paniquent et qui vont au bord de la rivière brûler leur monceau de papier imprimé avec le visage de Gandhi et marqués 500 ou 1000 et qu’ils ne pourront jamais mettre à la banque, planqués depuis tant d’années pour des transactions illicites.

Il y a aussi ceux qui se précipitent au marché noir pour sauver quelques pépites en achetant de l’or à des prix himalayens (du style 200 euros le gramme) oui, j’ai mes informateurs…

Il y a aussi les changeurs qui ont pignon sur rue, qui veulent satisfaire les besoins des touristes qui ne savent plus où se tourner et qui achètent des billets de 100 roupies avec une perte de 30 % toujours au marché noir. Le taux de change est actuellement de 50 roupies pour un euro au lieu de 70. Oui, je protège mes sources…

Mais les gens de la rue sont, en général, plutôt satisfaits de ce coup de poing magistral du Premier Ministre (qui a vite filé au Japon pendant ce temps là !). Ils ont l’impression qu’il y a une certaine justice. Mais cela ne va pas rendre les pauvres plus riches, juste certains riches peut-être un peu moins riches.

L’ère de la dématérialisation de la monnaie arrive peut-être et on va enfin pouvoir payer par carte bancaire ailleurs que dans les magasins de luxe et les grands hôtels ? Espérons donc une Inde plus propre et plus respirable dans tous les sens du terme.

mercredi 9 novembre 2016

Halte à la corruption en Inde

Une décision rapide qui a surpris tout le monde au saut du lit ce matin du 9  novembre : les billets de 500 et de 1000 roupies, les plus utilisés en Inde et les plus copiés, vont être retirés de la circulation et tout le monde devra aller porter ses anciens billets pour les faire changer en nouveaux billets de 500 et de 2000 roupies (c'est là où on voit l'inflation).
Et me voilà sans argent pour le moment car tout le monde a dû se ruer sur les distributeurs de billets qui ne crachent plus que des billets de 100 roupies jusqu'à la nouvelle impression ! je sens qu'on va rigoler cette semaine !
ou  comment mettre une panique sans nom dans un pays de 1 milliard 300 millions d'habitants

mardi 8 novembre 2016

Prends donc un bus privé !


Trajet Jaisalmer Jodhpur .
dans le bus, au démarrage (après plus de batterie dommage !)
J’étais venue prendre mon billet la veille à la station de bus. Mais c’était à un agent qui a pris comme commission 50 % du prix du billet ! J’ai fait la comparaison dans le bus avec mon voisin, vite fait de voir ça ! Mais cette entrée en matière m’a permis de faire la connaissance d’un musicien de Jaisalmer, un manganyar, d’une lignée traditionnelle de ces musiciens du désert qui connaissent aussi bien Bartabas (qui les a fait jouer dans un de ses spectacles) que les hôtels 5* de Delhi ou Bombay, Florence ou Vancouver. J’ai donc passé la première partie du trajet à discuter avec lui et à regarder ses vidéos sur son téléphone, à me laisser prendre en selfie avec lui tout en lui recommandant la discrétion sur sa page Facebook !
« Prends un bus privé » m’avait conseillé mon amie de Jodhpur, « ce sera plus confortable ! ».
Sauf que le dossier incliné à 120° ne peut pas se redresser. Quel que soit le siège. Tous bloqués dans cette position où l’on est bien que si on dort.
Sauf que seule la partie droite du bus a une rangée de deux fauteuils et qu’avec le numéro 16 je me trouve dans le fond. Tout le reste du bus est en couchettes. Soit à deux places au-dessus des sièges, soit à une place pour la partie gauche. Et c’est là que ça s’entassent, au rez-de-chaussée comme au premier 4 personnes par couchette. S’entassent donc le grand-père tout de blanc vêtu, avec sa longue « kurta » (chemise) et tenant une grande fourche en bois achetée probablement sur le marché, des jeunes couples avec souvent une divine et belle femme rajpoute aux yeux rieurs, aux longs cheveux noirs tressés bordés de bijoux traditionnels en or et pierres précieuses, un bébé accroché au sein ou plus grand jouant avec sa natte, un marchand musulman avec un calot de coton tricoté à fines côtes sur le crâne, somnolent, un énorme sac d’oignons coincé entre ses pieds au milieu du couloir, beaucoup de jeunes gens (étudiants ?), des hommes avec des boucles d’oreille rajasthani traditionnelles, or et petits rubis, comme des fleurs s'épanouissant dans les cheveux noirs.
Le couloir est plein, sur les couchettes du haut ce sont plutôt des femmes, dont je ne distingue que les voiles orange, jaune ou fuchsia, une au visage plus buriné et aux tongues usées en cuir de chameau.
Le bus s’arrête dans les villes principales, à Pokaran assez suffisamment pour visiter les toilettes du café mais il faut faire vite pendant que s’échangent à travers les vitres ouvertes roupies contre glaces ou cornets de papier remplies de boulettes frites.
Alors quelle différence avec un bus local ? Déjà, il n’y a personne sur le toit ! Et mon bagage a été fermé à clé dans la soute en échange de 40 roupies ce qui me permet d’avoir l’esprit tranquille pendant ces six heures de route. Le bus ne s’arrête pas dans les petits villages et le reste du temps quand l’état de la route le permet, il fonce à toute allure et le chauffeur se prend pour le Miles Davis du klaxon italien. On en prend plein les oreilles même au fond du bus. Et pour le confort je suis vraiment plongée dans l’action du roman que je lis, secouée comme un prunier dans une jeep du siècle dernier  à travers les fondrières de la jungle birmane à la recherche des mines de rubis. Ca me permet de coller à l’histoire facilement. Sauf que les animaux autour sont des éléphants alors qu’ici ce sont des dromadaires. Mais on ne va pas chipoter pour quelques trompes, les cahots eux restent les mêmes.

(1) Joseph Kessel : la vallée des rubis, en vente en français au pied de toutes les bonnes pagodes birmanes.

dimanche 6 novembre 2016

Le non-soleil de Delhi (la lune n'en parlons plus)


Reverra-ton jamais le soleil à Delhi ?
J’avais envie de rester tranquillement quelques jours à Delhi, écrire, me balader un peu et rencontrer quelques amis. Mais d’être littéralement saisie à la gorge du matin au soir dans une atmosphère grise, visqueuse et piquante ne donne guère envie de rester dans la capitale.
Alors que fait-on ? En France on part vers le Sud, ici ce sera vers le Sud-Ouest, le Rajasthan et toujours plus à l’Ouest, à Jaisalmer, cette merveilleuse forteresse du désert. Là je peux espérer avoir un peu d’air pur s’il n’y a pas trop de patrouilles aériennes le long de la frontière pakistanaise.
Mais avant cela il faut aller à la gare, et malheureusement celle de Old Delhi, alors que mon hôtel est à une « walking distance » comme on dit ici de la gare de New Delhi. Une demi-heure de trajet si tout va bien, une heure s’il y a des embouteillages. Et si en plus le conducteur du taxi ne connaît pas le chemin, le tout cumulé ce sera une heure trente. Quelle bénédiction d’avoir pris deux heures de battement pour faire ces cinq kilomètres. Sinon j’aurais été angoissée tout le long du chemin, coincée entre les charrettes à bras chargées de colis monumentaux, les taxis voitures, les autres rickshaws tous bord à bord et mon chauffeur qui se levait de temps en temps de son siège et demandait mine de rien où était la gare… mais j’aurais dû m’en douter car il est parti dès le début en sens inverse… je me suis dit qu’il connaissait peut-être un raccourci et puis, je ne suis quand même pas du coin pour lui dire où passer. C’est là où j’ai béni mes deux heures d’avance. L’écharpe coincée devant le nez, je me suis plongée dans un Sudoku pour éviter de voir qu’on n’avançait pas, que mon chauffeur angoissait un peu mais dans le rétroviseur il me voyait tout à fait cool donc ça l’a rassuré. Je n’ai pas hurlé : « mais dépêchez-vous, je vais rater mon train ! »  car même si je l’avais fait qu’est-ce que ça aurait changé ? je n’ai jamais vu un tel embouteillage de ma vie. D’habitude, ça bouchonne mais ça finit par bouger un peu. J’aurais, bien sûr, été plus vite à pied, mais le problème est : où passer quand on veut aller à pied ? Non, il n’y a aucun endroit où poser les sandales… et encore moins faire rouler une valise. Pour pouvoir traverser la rue, ce qui devenait un exploit digne de Superman, il faut escalader par-dessus les vélos-rickshaws, devenir serpent pour ne pas se faire coincer le haut du corps par un vélo, le bas par une charrette et les bras entre des paquets ficelés disposés en équilibre sur un énorme diable. Les entrelacs de pare-chocs, de roues de toutes sortes, de pattes de buffle tachetées de curcuma (ils avaient été à la fête) et de Royal Enfield formaient un fouillis fumant, bruyant, puant et inextricable.
J’ai bien regretté plusieurs fois de n’avoir pas mon appareil photo à portée de main.
Le rickshaw à peine arrêté enfin devant la gare, un porteur se présente que je m’empresse d’accepter, cela va m’éviter de chercher le quai, de porter mon sac dans les escaliers (toujours pas d’escalators dans cette gare) et s’il y a des changements il le saura. Effectivement, le numéro du train est annoncé sur le quai 9 et au bout de cinq minutes le train arrive sur le quai 8. Mon porteur revient gentiment me trouver, prends mon sac, me dit que c’est ce train là que je dois prendre et me monte le sac dans le wagon jusqu’à ma place. Une façon comme une autre de me forcer la main pour lui donner 50 roupies de plus mais je le fais avec plaisir et je reçois en retour un merveilleux sourire et un petit au-revoir de la main. Pour moins d’un euro de plus je suis bien installée et j’ai fait un heureux car quand on voit comment certains Indiens chipotent sans arrêt en traitant les porteurs comme des esclaves, je me dis que je peux éviter de faire la même chose.
J’ai une couchette en haut, c’est parfait, cela me permettra de faire la grasse matinée ! Un monsieur arrive, il a la couchette du haut en face, puis une famille de trois et le monsieur me propose une couchette en bas au début du wagon. Mais pas question de changer maintenant que je suis bien installée. Et en plus la couchette 3 c’est juste celle à côté de la porte du wagon, donc jamais tranquille pendant la nuit avec tous les gens qui passent pour aller aux toilettes. Voyant que je ne bougerai pas le monsieur d’en face accepte de changer pour que la petite famille soit ensemble. Famille de militaire, donc aisée, probablement rajpoute. La fille, dix ans, coiffe aussitôt son casque, sort son ordi et regarde un film. La jeune femme, en jeans, cheveux noirs mèchés de doré, sort sa tablette et regarde une émission débile où ça rigole toutes les 7 secondes, et sans casque… mon regard un peu insistant fait qu’elle baisse quand même le son.
Soup, tomato soup, ça y est le service de dîner commence à passer dans le couloir, bientôt 19 h, un autre va passer pour prendre les commandes des repas, les vendeurs de bouteilles d’eau, de biscuits apéro, de thé au lait passent en courant dans le couloir ou en traînant sur les mots pour qu’on ait le temps de les appeler.
C’est la vie dans le train de nuit. Et demain matin ça va reprendre pour le thé, quasi au lever du soleil, car lui, va enfin pouvoir se lever, loin de Delhi.

Le soleil je ne l'ai pas vu se lever car j'étais dans le train, mais se coucher, oui,
du haut de la forteresse de Jaisalmer ! ça fait du bien...

samedi 22 octobre 2016

Les artisans de Mandalay - Birmanie


Samedi 22 octobre 2016
Départ de Yangon par avion, nous quittons l’ancienne capitale de 6 millions d’habitants, déjà bien polluée pour Mandalay 2e ville du pays.
Yangon vue d'en haut avec le fleuve Irrawady (qu'on prononce ici Eyawari)
 Nous faisons un stop à Bagan ce qui permet déjà d’avoir un petit aperçu en hauteur de la fameuse plaine aux pagodes à défaut de montgolfière, 350 € par personne le survol, quand même.
la plaine de Bagan vue d'avion avant l'atterrissage
Arrivée à Mandalay sous un ciel gris qui ne tarde pas à se transformer en pluie drue de mousson. Mais nous sommes à l’abri chez des artisans : sculptures sur bois et pierre, fabrication de marionnettes et d’incroyables tapisseries en relief, les kalagas, qu’on fabrique aussi en Thaïlande, 
déjà dans l'ambiance avec l'aéroport-pagode de Mandalay

Les sculpteurs sur bois travaillent dans des conditions bien peu confortables et à peine à l’abri des gouttes. 
des sculptures de toutes sortes en bois de teck

ça coupe, ça taille, ça rabote, dans des conditions moyenâgeuses

comment faire sortir autant de beauté d'un bout de bois ?
Les jeunes filles sont plus à l’aise pour confectionner les marionnettes à fils mais toute cette présentation est faite quand même pour les touristes. Et cela nous a permis de parler de Guignol et Gnafron nos marionnettes lyonnaises bien différentes et dans la manipulation et dans la préciosité !
La jeune femme a les joues "maquillées" au tanaka, bon pour la peau et protégeant
du soleil (la peau blanche est très prisée ici aussi !)


les marionnettes en habit de luxe

Cela permet de se faire quand même une idée de l’incroyable dextérité et savoir-faire de tous ces artisans.
Ceux et celles qui font les broderies kalagas travaillent pendant deux semaines à huit heures par jour pour accomplir un chef-d’œuvre de 30x40, rembourré de coton une fois le dessin terminé.




On passe ensuite entre les gouttes pour aller dans un atelier de bronze qui coule également de très grosses pièces.
pour les grosses pièces il faut procéder morceau par morceau
confection des moules
dans les bouddhas, il y a le choix aussi dans les petites pièces !
Puis on passe chez les marbriers qui taillent des bouddhas en laissant le visage sous forme de bloc. 
 Ensuite en fonction du donateur (car toutes ces statues seront offertes aux pagodes) la tête sera taillée selon son désir : de quelle époque la tête ? le style de coiffure ?

vous le préférez assis ou couché votre bouddha ?

avec des cheveux bouclés ? un petit chignon ? on vous arrange ça tout de suite !

Et pour compléter allez donc voir un blog sympa :  http://bidouze.com/mandalay-myanmar/