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mercredi 1 février 2017

Visite dans les villages des minorités ethniques

Sona Trekking.Trouvé son nom sur un document à l’office du tourisme. Coup de fil. Rencontre dans la foulée. Nous partons avec Sona sur-le-champ avec son tuk-tuk pour aller admirer les cascades dans les alentours de Ban Lung dans la province du Rattanakiri. En allant à la première cascade, sur le chemin nous parlons déforestation, plantations d’hévéas, il y a des usines de caoutchouc dans la région, de noix de cajou, de manioc.

les branches de manioc attendent la pluie pour être découpées puis plantées.
Sur le site (entrée payante : 0,50 USD) un groupe de musiciens et danseuses de l’ethnie Tam Poun offre aux touristes chant et danse traditionnels dans les costumes que nous avions déjà remarqués au lac.

Le lendemain, Sona nous propose de partir en moto avec son frère visiter les villages des minorités ethniques. Avec un casque cette fois, pour dire d’être en règle.
Villages situés parfois pas très loin de la route goudronnée ou bien à des kilomètres de la route principale avec un accès difficile sur des pistes en latérite où nous faisons du gymkhana avec les motos, les deux-roues étant quasiment les seuls véhicules possibles sur ces chemins cabossés plein d’ornières.
c'est encore mieux que la chenille de la fête foraine !

Les villages sont un peu tous avec le même type d’habitation : construite sur pilotis, en bois avec un plancher de teck ou de bambou pour les plus pauvres et couverture en feuilles de palmier. Maintenant les toits sont le plus souvent en tôle ce qui n’est pas très écologique compte-tenu de la chaleur. Les murs sont en bambou simple ou tressé avec des motifs géométriques.

l'habitat traditionnel : la grande maison familiale, les huttes des ados, la haute
pour le garçon, la basse pour la fille, à partir de 15 ans
Le dessous des maisons quand il est assez haut, sert de lieu de réunion, de repas, de sieste car il y fait bon, en compagnie de poules, de truies et de porcelets, sans oublier les chats et chiens.

le treillis du bambou sur les murs

petite maison traditionnelle dans le village

Dans le premier village une petite assemblée de femmes discute dont deux femmes âgées aux poignets pleins de gros bracelets en argent qui leur sert pour faire de la musique en frottant les deux poignets. La plus âgée porte de grosses boucles d’oreilles plates dans les lobes.
A l’entrée de ce village, deux bananiers protégés par des palissades, sont censés indiquer la « santé » du village. Si les bananiers poussent bien et portent des fruits, alors, tout va bien, sinon c’est que quelqu’un va mourir.

Dans un deuxième village nous arrivons juste à la sortie de l’école, parrainée par une école privée de Milan et nous en profitons pour regarder les affiches sur les murs : conseils d’hygiène et de respect de l’environnement, conseils de respect et de politesse pour la famille et les adultes. Par contre ni table ni banc.

l'affiche sur le respect dû aux adultes

l'affiche sur le respect dû à l'environnement
pour connaitre les fruits et légumes du pays

Nous partons ensuite très loin dans la jungle dans ce qui est appelé le village des minorités Khmers rouges. C’est là où ils étaient venus se réfugier avec Pol Pot. Maintenant c’est toujours aussi perdu mais un chemin y mène plein d’embûches pour une moto !
Les maisons sont regroupées, il n’y a pas d’espace privé. Le puits est au centre de la place et chacun vient y prendre sa douche et faire sa lessive.
sur la grande place du village, les maisons bien rangées

Des femmes âgées nous proposent leur tissage, des longues bandes de tissus type écharpe avec de beaux coloris pour 3 USD. Ce qui est bien peu pour payer leurs heures de travail mais qui leur procure un petit revenu. Les touristes ne doivent pas être très nombreux à venir ici compte tenu de la difficulté d’accès.

Puis nous voulons voir les fameuses mines « familiales » et artisanales d’où sortent améthystes et zircons, les spécialités de cette région.
Il faut bien connaître le coin car elles sont profondément cachées tout au fin fond de plantations d’hévéas, encore du sport avec la moto !
la traversée des forêts d'hévéas pour atteindre le lieu des mines de pierres précieuses

un des puits nouvellement creusés, il y en a des dizaines déjà rebouchés autour

tout se fait à la main, même pas de tamis !
au fur et à mesure des marches sont creusés pour pouvoir remonter !
Ce sont des trous de petit diamètre, environ 50 cm, creusés tout à la main d’environ une douzaine de mètres de profondeur. L’homme qui est au fond creuse une galerie transversale qui va en rejoindre d’autres car tout le sol est creusé ici de partout, ce qui permet des arrivées d’air. La terre est remontée à la manivelle dans un seau et triée à la main pour récupérer les petits bouts de pierres brutes. Et on se dit qu’ils ne doivent pas gagner grand chose à la fin de la journée quand on a regardé leur maigre butin. Les pierres sont vendues puis taillées en fonction de leur qualité. Les prix pour les pierres taillées dans une bijouterie de la ville : 9 USD le carat pour l’améthyste, 40 USD le carat pour le zircon simple et 75 USD le carat pour le zircon de belle qualité.

Informations :
Eco-Tourism Information center, Tour Organizer, English speaking guide,
M. Keo Sona,  Local indigenous tours guide
French and English  097 82 50 366 / 097 475 4000
Email : sonatours168@gmail.com
website : www.sonatrekking.com
Tél : (+855)

Guest-House : Happy Elephant Bungalows
Proche de la place de l'arrêt des bus
petits bungalows très rustiques mais lits confortables avec moustiquaire)  dans les bois avec salle de bains, très rustique aussi. Eau froide, serviette de toilette,  électricité, wifi.
Petit déjeuner, restaurant (très bon), billard
Mot et sa femme Virginie (les deux parlent français) vous accueillent chaleureusement !
5 USD le bungalow par nuit, dortoir possible, idéal pour routards, lieu de rencontre très sympathique.
Téléphoner avant pour réserver car souvent complet au : 097 33 72 416
les bungalows de la guest-house Happy Elephant

chambre rustique mais confortable


dimanche 29 janvier 2017

Un dimanche à la campagne : Yeak Lom

Après notre visite au temple de Preah Vihear, pas de transports locaux pour continuer, la seule solution pour avancer vers l'Est était le taxi et si possible partagé. Ce que nous croyons avoir trouvé ! 15 USD par personne au lieu de 80 USD pour un taxi pour soi, ça vaut la peine de se serrer un peu dans la voiture. Mais notre chauffeur, qui nous promettait de prendre des gens sur la route entre Sra Em et Stung Treng notre terminus, n'a trouvé personne et nous a de ce fait demandé 50 USD pour nous emmener à destination. Nous étions déjà dans la voiture, pas d'autre solution. A Preah Vihear City (où l'on peut trouver un distributeur de billets en USD, bon à savoir si panne d'argent) nous changeons de voiture et de chauffeur. Nous héritons d'un authentique accro aux téléphones, toujours un dans chaque main, le volant tenu par le coude. Bon, nous sommes arrivées à destination en ayant bien surveillé la route pendant 120 km, heureusement sans circulation hormis quelques tracteurs et trois chiens imprudents.
on répond d'un côté, on fait le numéro de l'autre pour l'appel suivant !
A Stung Streng, le chauffeur n'a pas envie de perdre du temps et nous laisse devant un hôtel superbe au bord du Mékong !

le Mékong à Stung Treng face à notre hôtel
Après un moment d'hésitation et en pensant aux sacs à porter, on se dit : "on ose", et nous obtenons une magnifique chambre climatisée pour 15 USD et luxe suprême, avec baignoire et eau chaude ! Le lendemain, elle passe à 10 $ supplémentaires car c'est le week-end du Nouvel An chinois mais nous serons déjà reparties. La jeune fille de l'accueil se charge de nous trouver un mini-van pour 7 USD par personne pour filer sur le Ratanakiri, terminus : Ban Lung. Tout s'organise donc parfaitement pour nous jusque là.
pour l'instant la plus belle chambre de notre parcours au Golden River Hotel de Stung Treng

Petit tour dans Stung Treng sans grand intérêt, c'est juste une ville de passage, le marché (ici, saleté et odeurs sont au rendez-vous), soupe aux nouilles et légumes dans un petit restaurant.

notre excellente soupe de légumes et nouilles

le rond point principal de Stung Treng, près du marché central

Le mini-van nous attend samedi matin devant l'hôtel et attend qu'il se remplisse. Que des locaux qui arrivent du marché, nous aurons même une poule caqueteuse dans un panier.
Arrivée à Ban Lung une heure trois-quarts plus tard, notre chauffeur n'a pas traîné et un rickshaw indien, oui ! surprise, marque Bajaj, nous prend en charge pour nous trouver une guest-house. Une petite auberge chinoise en bois toute simple à 6 USD la chambre nous convient car elle est près du centre avec un petit jardin et nous nous installons.
Ce matin nous voulons vivre un dimanche cambodgien ! tout le monde va pique-niquer au bord du lac de Yeak Lom à 5 km de la ville. Entrée pour étranger : 2 USD.
C'est une zone protégée dans la jungle avec un beau lac de cratère bien rond qui daterait de 700 mille ans, peut-être la chute d'une météorite.

l'arrivée sur le lac avec déjà de chaque côté de l'allée des hamacs bien occupés

installées pour la journée, les familles apportent pique-nique et hamacs
Nous quittons vite le ponton de l'arrivée pour faire le chemin de randonnée qui fait le tour du lac. Comme les Cambodgiens ne marchent pas nous sommes tranquilles pour un bon moment et Béa craque même pour les belles eaux bleutées et claires du lac. Personne n'a rien vu !
petit sentier dans la jungle de bambous avec le cri des oiseaux tropicaux

Personne ? je plonge ! belle piscine pour Béa, ravie de se rafraîchir !
PS : il est interdit de se baigner dans le lac sans gilet de sauvetage.
Au retour, c'est la foule, les nombreux marchands de nourriture, les copains ou les familles qui occupent de petits "chalets" en bois qu'on peut louer. Brochettes diverses, viande séchée, et même insectes grillés, nouilles aux légumes bien sûr (quasiment matin midi et soir) et surtout les packs de bière Angkor ou Cambodia pour faire un peu la fête.
petits chalets à louer pour la famille ou les copains
buvettes, stands d'alimentation, grillades...

Quelques gros insectes grillés, type blattes, en apéro ?

ou si vous préférez de la friture de termites ?

des brochettes d'ailes de poulet au piment c'est peut-être mieux ?
Depuis très longtemps le Yeak Lom est un lieu sacré pour les ethnies locales. La zone protégée est gérée par les Tompuon, il y a un petit centre de visiteurs (entrée 0,50 USD pour étranger) qui fournit quelques informations sur les minorités ethniques avec une vente d'objets d'artisanat, essentiellement tissage. Les recettes vont au développement économique des villages environnants.
quelques vanneries, tissages et un petit document sur les légendes des tribus
Tradition tribale : les huttes pour les célibataires en âge de se marier :
la plus haute, celle du garçon, la plus basse, celle de la fille.

comme le costume des tribus Tompuon est plutôt exotique, on peut louer les
costumes et poser pour des photos, en famille,
en selfie
et déjà même encore bébés apprendre les poses adéquates pour faire plaisir à maman
Nous avons eu notre dose de foule, de photographes enragés, d'odeurs de viande grillée
On est loin d'une Partie de campagne de Jean Renoir...

Depuis notre hôtel, aller-retour en tuk-tuk avec 3 h d'attente : 10 USD. On peut aussi louer des mobylettes, scooters ou vélos, ou y aller à pied (une heure)