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vendredi 13 janvier 2017

A bicyclette… sur les chemins autour de Battambang


et voilà, c'est parti pour la journée à travers la campagne.
Toujours avec l'association AKD Project, nous partons pour une journée à vélo accompagnées par un étudiant et deux toutes jeunes filles qui veulent apprendre également à faire des accompagnements pour les touristes.

notre table de petit déjeuner, appétissante !
Bien sympathique petite troupe et comme nous avons commencé de bonne heure nous allons d'abord au marché du village prendre notre petit déjeuner. Spécialité du lieu : les magnifiques omelettes avec… des pâtes en dessous ! Des rouleaux de printemps, du thé vert et plein de desserts à goûter préparés à base de riz gluant et de noix de coco.

On en a profité pour piocher dans tous les plats et goûter de tout !
la marchande de poissons
L'avantage de ce petit marché magnifique c'est que nous étions les deux seules touristes, très intéressées pour découvrir de nouvelles sensations gustatives et les vendeuses prenaient plaisir à nous voir goûter leurs spécialités ! 
savoir se mettre "à la hauteur" pour faire ses courses...

le village en hauteur protégé de la montée des eaux, avec tout le long des
échelles en bambou pour accéder à la rivière

où qu'on aille il est bon de rester souple et agile !

Nous partons le long de la rivière à la découverte d'un village de pêcheurs. Les bords de l'eau ne sont accessibles que grâce à de grandes échelles de bambou. De l'autre côté, de beaux jardins bien irrigués offrent une palette verte de différents légumes.

la distillerie bien artisanale avec ses grandes jarres en terre
Après la découverte d'une petite distillerie familiale d'alcool de riz, très rudimentaire, nous passons à la visite d'une porcherie avec de jolis porcelets qui finiront également sur les étals du marché et en barbecue. 
le resto au bord de l'eau, un lieu quasi idyllique
avec des travaux pharaoniques pour faire une zone d'attraction aquatique
ici le lieu de la future cascade !
Après une longue promenade dans la campagne, rizière moissonnée, prairies fleuries avec veau sous la vache, nous découvrons un très beau restaurant où la jeunesse du lieu vient plutôt le soir profiter de la fraîcheur du lac. Nous visitons les lieux à l'invite du propriétaire (?) aux idées de grandeur voulant construire une sorte de parc d'attraction nautique avec une grande cascade.

nous découvrons toute la campagne alentour, petit pont, piste à peine cyclable
belles prairies et petits veaux, mare et lotus...

Notre jeune guide infatigable doit être rappelé à l'ordre car nous commençons à avoir l'estomac dans les pédales. Nous filons à l'école AKD sous le soleil ardent où nous attendent Kamnat et sa famille avec un copieux repas et une limonade bien fraîche. 

la classe animée par des bénévoles
toute la série de petites salles avec les élèves très studieux !
Les plus jeunes élèves arrivent pour les cours d'anglais et toutes les salles bruissent d'un studieux murmure. Des volontaires (occidentaux et internationaux) en plus des enseignants s'occupent des enfants.

Nous repartons bravement prendre un nouveau dessert chez une fabricante de bamboo-rice, riz gluant sucré avec des haricots rouges le plus souvent, mis dans des tubes de bambou et cuits dans la braise pendant des heures.

la canne de bambou est taillée pour enlever le noir de la cuisson
A la fin de la cuisson, la femme avec une machette taille tout le noir du bambou qui a cuit dans les cendres et les baguettes enlevées resserviront pour le feu de la prochaine cuisson. Le tube de bambou est bouché avec des herbes pour la cuisson.
C'est une nourriture qu'on trouve partout, particulièrement aux arrêts des bus car c'est nourrissant, pas cher et pratique à manger : il suffit d'écarter les tiges du tube de bambou et de déguster.

prêt pour la dégustation !
Plus loin encore dans la campagne, Som Roung Knong est une pagode qui a servi de lieu de torture et d'extermination du temps des Khmers rouges. A l’arriè̀re du Wat Samrong, près du village de Norea, un nouveau stupa en ciment a été érigé pour y garder les restes de victimes de Khmers Rouges. 
des ossements sont conservés à l'intérieur du stupa comme reliques
Exode forcé vers la campagne
les mariages forcés

Ce monument est décoré de gravures en ciment relatant des maltraitances commises à ̀l’époque de Pol Pot. Exode forcé des villes pour repeupler les campagnes, mariages forcés, travaux forcés pour permettre une exportation massive agricole et faisant mourir de faim et de paludisme la population, meurtres des "intellectuels" et de leur famille. Une horreur qui envahit le lieu et qui m'est bien difficile à supporter.
 

les statues sur l'histoire de la vie du Bouddha jalonnent le petit bois autour du temple
Pour se changer les idées, nous terminons notre tour par les jardins ombragés d'un temple avec comme de partout des statues naïves sur la vie du Bouddha qui racontent sa biographie. Il fait bon sous les arbres pour reprendre des forces avant de retrouver les artères brûlantes de la ville.
 
 non-cha-lamment installé sur sa fleur de lotus, un peu de douceur...
Né à Kompong Thom (province du Camboge) le 19/05/1928 ; Mort le 15/04/1998
En 1975, les Khmers rouges prennent le pouvoir au Cambodge, menés par un certain « Pol Pot ». Durant presque quatre années, il dirige dans l’ombre l'un des régimes les plus meurtriers de l’Histoire, ne révélant son identité que tardivement. Derrière «Frère numéro 1», principal responsable des 2 millions de morts de « l’auto génocide » cambodgien, se cachait un certain Saloth Sar, ancien étudiant des bancs de l’université française et descendant d’une famille Sino-Khmer assez aisée.

mercredi 11 janvier 2017

Cambodge en vrac (et nous avec)

Drôle de titre ou plutôt titre terrible. Plus nous avançons dans notre découverte du pays par nos visites, nos rencontres, nos discussions avec les gens, plus nous sentons cet immense traumatisme créé par les Khmers rouges. C’est l’avantage de prendre son temps pour découvrir un pays. Vouloir « faire » Vietnam-Cambodge-Laos en deux semaines, cela permet juste de survoler dans tous les sens du terme des pays et des cultures. Mais décider d’y rester deux mois pour entrer dans la richesse de la découverte est une vraie chance que nous apprécions quotidiennement.
Les atrocités faites par les Khmers rouges entre 1975 et 1978, ce n’est pas si loin, la cruauté et la brutalité dont ils ont fait preuve, apparaît particulièrement dans cette région de Battambang. Deux millions de morts dans le pays, une population complètement traumatisée et exsangue pendant ces années d’horreur laissent des traces profondes déjà au niveau population car une tranche d’âge a quasiment disparue. Il reste les personnes âgées qui ont survécu et qui ne peuvent parler de cette intense douleur et les jeunes qui ont reçu tout ça en héritage.
Héritage de plomb dont ils voudraient bien pouvoir se débarrasser. Certains s’engagent dans des associations pour s’occuper d’enfants, d’autres essaient de s’en sortir par des moyens artistiques.
Ce qu’a essayé de faire un jeune peintre Nov Cheanick qui expose dans une petite galerie tenue par des Françaises à Battambang.
J’ai détruit mon propre système explique-t-il. Avant je pensais surtout à ce que les gens pourraient penser de mes peintures. J’étais trop timide pour exprimer ce que j’avais à l’intérieur. Cette nouvelle façon de travailler vient de mon âme, c’est mon vrai moi, sans intention de séduire ou de créer de la beauté pour les autres.



Nov Cheanick travaille sur les matières du pays : bambou, filet de pêche...

une vue de la galerie avec les oeuvres de Nov Cheanick.

La galerie a ouvert ses portes en 2014 et a déjà accueilli 27 artistes dont toute une jeune génération venant de l’école d’art de Battambang : Phare Ponleu Selpak.
Bien sûr que les trois jeunes femmes qui s’en occupent aimeraient faire connaître ces artistes en France ! Si vous connaissez des lieux qui pourraient les accueillir (en prenant les frais en charge) voici les coordonnées :
Galerie SANGKER, 47-14 Street 1,5, BATTAMBANG CITY – Cambodge
Coordinatrice : Laura Petit, email : laura.sangker@outlook.com
tél : +855 87 29 80 86 

cherchez la rue 1,5 et oui c'est bizarre mais tout est numéroté, et la galerie se trouve
à côté de ce mur peint du restaurant
 Et pour finir sur une note plus optimiste nous sommes allées découvrir ce merveilleux cirque de jeunes dans cette école d'art citée plus haut : Phare Ponleu Selpak. Depuis 1994 cette école oeuvre par le biais de programmes artistiques et éducatifs pour améliorer (et changer !) la vie d'enfants et de jeunes adultes. De nombreux artistes peintres sortent de cette école et le cirque est renommé. Allez voir leur site en français ! 
Le spectacle coûte 14 $ et permet à l'école de fonctionner.

danse traditionnelle cambodgienne avec enthousiasme et sourires
 
des sketches, de la bonne humeur à revendre et une musique d'enfer en live !
 
Ajouter une légende
 Il est bien d'arriver en avance (à partir de 18 h pour le spectacle à 19 h) car il y a un petit restaurant en plein air, une belle boutique où les jeunes vendent leurs oeuvres, et la salle d'entraînement du cirque où on peut les voir se casser la figure et recommencer dans la bonne humeur !
entrainement des jeunes