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lundi 16 janvier 2017

Au fil de l'eau : de Battambang à Siem Riep

Aujourd'hui, journée bateau et le ciel était avec nous, bien gris  pour cacher un soleil de plomb qui est arrivé en début d'après-midi. Tant pis pour les photos en gris mais c'était plus agréable pour voyager.
Je terminerai nos randos solidaires (oui, promis !)  un peu plus tard, mais j'accumule du retard faute de temps !
Ce matin, départ à 7 h de Battambang, le bateau est plein, les jeunes montent sur le toit pour avoir plus de vue mais redescendrons l'après-midi pour éviter la rôtissoire.
Quelques images sur 8 h de bateau qui nous a permis d'observer la vie du fleuve pendant qu'il était encore temps... dans un mois ce sera quasiment terminé, le niveau de l'eau baissant au fil des jours. Déjà là nous nous sommes plantés une fois dans la rive pour éviter des branches d'arbres au beau milieu de l'eau. Le chenal est parfois étroit et sinueux comme un immense serpent.
Les populations du bord de l'eau sont variées, de religions différentes et avec des façons de pêcher qui vont de la ligne au carrelet en passant par les nasses. Mais ce qui semble en ressortir c'est que la population des rives est bien pauvre et hormis en arrivant vers le lac Tonle Sap nous n'avons pas vu d'école mais beaucoup de gamins sur les rives.
c'est davantage en sortant de Battambang que nous avons trouvé les villages
les plus pauvres et les plus sales
et là où l'on s'est dit qu'il y avait peu de chance que celui-ci aille à l'école...
le fleuve est envahi de branchages et d'arbres qui rendent la circulation difficile
et malaisée s'il faut se croiser, l'eau étant très peu profonde

petite boutique où l'on s'arrête pour déjeuner, plat unique pour 2 $
riz-légumes et thé compris dans les verres à bière

la pêche au carrelet est forcément plus spectaculaire que la pêche à la ligne

comme dit Béa : un élevage "hors sol" ! de petits porcelets au milieu de l'eau
Faut-il appeler la SPA ?

plus loin les maisons sont plus "en dur" avec de très hauts pilotis
pour être à l'abri de la montée des eaux pendant la saison des pluies.

Au cours du trajet le bateau s'arrête pour prendre des marchandises et les déposent dans les boutiques pour réapprovisionnement.



ici le ramassage scolaire se fait en barque
et l'école est aussi une maison sur l'eau
Huit heures de bateau et de vie au bord de l'eau à découvrir. Nous avons traversé la réserve d'oiseaux de Prek Toal et navigué plus d'une heure pour traverser le lac Tonle Sap pour atteindre l'embarcadère de Chong Khneas.

Nous arrivons avec des bateaux pleins de Chinois qui ont dû se faire une petite visite rapide d'un village flottant... eux qui doivent faire au pas de course les temples d'Ankhor en une journée !
On ne dira jamais assez que le temps est un vrai luxe !
Il reste encore 30 min de tuk-tuk avant d'arriver à notre hôtel de Siem Reap


vendredi 13 janvier 2017

A bicyclette… sur les chemins autour de Battambang


et voilà, c'est parti pour la journée à travers la campagne.
Toujours avec l'association AKD Project, nous partons pour une journée à vélo accompagnées par un étudiant et deux toutes jeunes filles qui veulent apprendre également à faire des accompagnements pour les touristes.

notre table de petit déjeuner, appétissante !
Bien sympathique petite troupe et comme nous avons commencé de bonne heure nous allons d'abord au marché du village prendre notre petit déjeuner. Spécialité du lieu : les magnifiques omelettes avec… des pâtes en dessous ! Des rouleaux de printemps, du thé vert et plein de desserts à goûter préparés à base de riz gluant et de noix de coco.

On en a profité pour piocher dans tous les plats et goûter de tout !
la marchande de poissons
L'avantage de ce petit marché magnifique c'est que nous étions les deux seules touristes, très intéressées pour découvrir de nouvelles sensations gustatives et les vendeuses prenaient plaisir à nous voir goûter leurs spécialités ! 
savoir se mettre "à la hauteur" pour faire ses courses...

le village en hauteur protégé de la montée des eaux, avec tout le long des
échelles en bambou pour accéder à la rivière

où qu'on aille il est bon de rester souple et agile !

Nous partons le long de la rivière à la découverte d'un village de pêcheurs. Les bords de l'eau ne sont accessibles que grâce à de grandes échelles de bambou. De l'autre côté, de beaux jardins bien irrigués offrent une palette verte de différents légumes.

la distillerie bien artisanale avec ses grandes jarres en terre
Après la découverte d'une petite distillerie familiale d'alcool de riz, très rudimentaire, nous passons à la visite d'une porcherie avec de jolis porcelets qui finiront également sur les étals du marché et en barbecue. 
le resto au bord de l'eau, un lieu quasi idyllique
avec des travaux pharaoniques pour faire une zone d'attraction aquatique
ici le lieu de la future cascade !
Après une longue promenade dans la campagne, rizière moissonnée, prairies fleuries avec veau sous la vache, nous découvrons un très beau restaurant où la jeunesse du lieu vient plutôt le soir profiter de la fraîcheur du lac. Nous visitons les lieux à l'invite du propriétaire (?) aux idées de grandeur voulant construire une sorte de parc d'attraction nautique avec une grande cascade.

nous découvrons toute la campagne alentour, petit pont, piste à peine cyclable
belles prairies et petits veaux, mare et lotus...

Notre jeune guide infatigable doit être rappelé à l'ordre car nous commençons à avoir l'estomac dans les pédales. Nous filons à l'école AKD sous le soleil ardent où nous attendent Kamnat et sa famille avec un copieux repas et une limonade bien fraîche. 

la classe animée par des bénévoles
toute la série de petites salles avec les élèves très studieux !
Les plus jeunes élèves arrivent pour les cours d'anglais et toutes les salles bruissent d'un studieux murmure. Des volontaires (occidentaux et internationaux) en plus des enseignants s'occupent des enfants.

Nous repartons bravement prendre un nouveau dessert chez une fabricante de bamboo-rice, riz gluant sucré avec des haricots rouges le plus souvent, mis dans des tubes de bambou et cuits dans la braise pendant des heures.

la canne de bambou est taillée pour enlever le noir de la cuisson
A la fin de la cuisson, la femme avec une machette taille tout le noir du bambou qui a cuit dans les cendres et les baguettes enlevées resserviront pour le feu de la prochaine cuisson. Le tube de bambou est bouché avec des herbes pour la cuisson.
C'est une nourriture qu'on trouve partout, particulièrement aux arrêts des bus car c'est nourrissant, pas cher et pratique à manger : il suffit d'écarter les tiges du tube de bambou et de déguster.

prêt pour la dégustation !
Plus loin encore dans la campagne, Som Roung Knong est une pagode qui a servi de lieu de torture et d'extermination du temps des Khmers rouges. A l’arriè̀re du Wat Samrong, près du village de Norea, un nouveau stupa en ciment a été érigé pour y garder les restes de victimes de Khmers Rouges. 
des ossements sont conservés à l'intérieur du stupa comme reliques
Exode forcé vers la campagne
les mariages forcés

Ce monument est décoré de gravures en ciment relatant des maltraitances commises à ̀l’époque de Pol Pot. Exode forcé des villes pour repeupler les campagnes, mariages forcés, travaux forcés pour permettre une exportation massive agricole et faisant mourir de faim et de paludisme la population, meurtres des "intellectuels" et de leur famille. Une horreur qui envahit le lieu et qui m'est bien difficile à supporter.
 

les statues sur l'histoire de la vie du Bouddha jalonnent le petit bois autour du temple
Pour se changer les idées, nous terminons notre tour par les jardins ombragés d'un temple avec comme de partout des statues naïves sur la vie du Bouddha qui racontent sa biographie. Il fait bon sous les arbres pour reprendre des forces avant de retrouver les artères brûlantes de la ville.
 
 non-cha-lamment installé sur sa fleur de lotus, un peu de douceur...
Né à Kompong Thom (province du Camboge) le 19/05/1928 ; Mort le 15/04/1998
En 1975, les Khmers rouges prennent le pouvoir au Cambodge, menés par un certain « Pol Pot ». Durant presque quatre années, il dirige dans l’ombre l'un des régimes les plus meurtriers de l’Histoire, ne révélant son identité que tardivement. Derrière «Frère numéro 1», principal responsable des 2 millions de morts de « l’auto génocide » cambodgien, se cachait un certain Saloth Sar, ancien étudiant des bancs de l’université française et descendant d’une famille Sino-Khmer assez aisée.

jeudi 12 janvier 2017

Tourisme solidaire : la journée en tuk-tuk (suite)

Notre découverte de la région de Battambang se poursuit par le temple de Phnom Banan. Au pied,  petit lac pour pique-nique familial et promenade en barque romantique.
petite promenade en barque avec sa dulcinée


fin du pique-nique il faut réintégrer le carrosse familial (au moins 12 dedans !)
Un photographe est là, avec tout son matériel pour profiter de la lumière de fin d'après-midi pour immortaliser un couple de mariés en vêtements traditionnels. Nous avons vérifié, tous les mariages se font avec ce type de vêtements ici.

le photographe est attentif au moindre détail...

et au détail qui tue : les chaussettes blanches ! (elle peuvent aussi être noires)

Puis un escalier de pierre bien raide de 358 marches nous attend pour accéder au prasat Banan (entrée 2 USD par personne). Avec ses cinq tours il parait que c'est ce temple qui aurait inspiré les constructeurs d'Angkor Vat.

Béa semble hésiter un peu devant la montée qui va s'avérer terriblement raide
avant d'arriver au sommet


l'arrivée au premier temple est bien méritée et mieux vaut reprendre son souffle
avant d'aborder le dernier ressaut
Constructions du XIe siècle, en bien mauvais état et nous évitons de nous mettre trop près des pierres qui tiennent on ne sait trop comment. Beaux linteaux sculptés qui surmontent les portes des tours, large vue sur la campagne environnante, le lieu est tranquille et respire la sérénité.



quelques beaux linteaux sculptés sont encore en place. Tradition hindouiste :
le barattage de la mer de lait ?

ainsi que quelques statues étêtées (les plus belles sont au musée de Battambang)
et la descente des temples est quasiment plus impressionnante que la montée !

Puis, curiosité locale : deux arbres qui supportent des chauves-souris frugivores. Kamnat nous raconte que certains essaient de les attirer dans les maisons et de les égorger pour boire leur sang. Ce serait parait-il mieux que le Viagra...  D'autres mettent des plateaux de fruits pour les attirer et les manger ensuite.. Ici nous voyons vraiment de drôles de bestioles en vente sur les marchés donc nous ne nous étonnons pas trop !
deux arbres seulement accueillent ces chauves-souris frugivores
Des chauves-souris nous allons en voir d'autres mais elles ne sortent qu'à heure fixe ! si ce n'est pas du tourisme bien organisé ça ! Comme nous sommes arrivées bien en avance pour voir le spectacle, il y a déjà du monde qui attend, les voiturettes pour boissons et nourriture sont bien sûr toutes rangées avec leurs chaises en plastique.
En une heure trente nous avons le temps de faire l'aller-retour en marchant nous dit Kamnat et il se propose même de nous accompagner pour nous guider dans le chemin. Les plus flemmards se font monter en moto-dop (sur le siège arrière de la moto) et les plus riches en 4x4. Mais nous sommes les plus courageuses et nous montons à pied jusqu'aux grottes-charniers de Phnom Sampeau. Arrivées au sommet, nous découvrons la campagne environnante et la vue est vaste. Mais ce qui nous attend est une horreur, un petit escalier descend dans une caverne ou un bouddha couché veille sur un mémorial d'où émergent des crânes et des ossements. Les Khmers rouges précipitaient leurs victimes dans le vide par l'ouverture de la grotte. Nous faisons le tour de la petite colline pour arriver à une autre grotte où ce sont les bébés qui étaient jetés ici devant leurs parents. L'horreur absolue. Nous n'avons pas trop envie de traîner dans le quartier...
Avant d'atteindre la grotte nous passons devant des sculptures représentant les
tortures de l'enfer bouddhiste. Drôle d'accueil, plutôt éprouvant car c'est très réaliste.
descente dans la grotte charnier
Un grand bouddha couché pour veiller sur tous les ossements entassés à côté
heureusement les disciples du Bouddha nous accueillent sereinement à la sortie
de ces horreurs
En bas de la colline les chauves-souris nous ont attendu pour faire leur sortie impressionnante : difficile à croire mais à l'heure dite, ce sont pratiquement six millions de chauves-souris qui vont sortir pendant près d'une heure d'une profonde grotte dans les rochers et s'envoler dans le crépuscule en long ruban ondulant et sonore.
la sortie impressionnante des chauves souris de la faille de la falaise


et le magnifique dessin de Béa sur les deux pages de son carnet qui rend encore mieux qu'en vrai !

Les touristes, beaucoup de Français, en profitent pour prendre l'apéritif et un petit dîner local. Nous rejoignons notre tuk-tuk qui va nous indiquer à Battambang un vrai restaurant cambodgien local où il nous commande une excellente soupe car nous ne sommes pas encore assez douées en khmer pour commander nos légumes. Souper local dans restaurant local pour 1,5 USD pour deux ! qui nous aurait largement coûté 4 fois plus cher dans un restaurant pour touristes quelques rues plus loin.

Mais après cette journée où nous avons plus que touché du doigt la douleur et l'horreur vécues par le peuple cambodgien, quel "homme" nouveau (femme nouvelle) va pouvoir émerger ? Souhaitons à ce peuple doux beaucoup de sérénité pour affronter les prochaines années.
Quel futur pour le Cambodge ?