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samedi 23 février 2019

Ragas du soir au Festival de musique de Jodhpur


le lieu choisi pour les ragas est unique, des matelas sont généreusement disposés
tout autour sur les rochers, ainsi que des chaises, à nous de choisir ce qui nous plait
 
Le raga... Rendez-vous à 17 h 30 au petit lac près du mémorial des maharajahs, Jaswant Mahal, près du Fort de Mehrangarh... C'est un peu comme un rendez-vous amoureux, le lieu est magique, les artistes sont absolument enchantés de pouvoir jouer dans un environnement aussi inspirant, le public est quasiment conquis d'avance et profite pleinement et du lieu et de la musique.
Le Jaswant Mahal doré par le coucher du soleil
Le premier soir, un jeune violoniste Ambi Subramaniam,(né en 1991) vient nous présenter le raga bilahari, avec un chant pour le dieu Krishna (raga Pilu). 

Ambi Subramaniam and the Hamira Kamanchiya Ensemble,
Musique qui transporte, au-delà des collines qui se voilent d'or au fur et à mesure de la progression du raga, un véritable enchantement.


Le raga près du lac, ce deuxième soir, est un chant « typical khayal », classique hindoustani alors que la veille nous avions eu un violoniste virtuose pour un raga carnatique de l’Inde du Sud.
une partie des spectateurs, installée confortablement sur des matelas
C’est là où on comprend que sans la culture spécifique, l’accès à la musique indienne et surtout au chant classique, est loin d’être évident. L'introduction, âlâp, est assez courte, puis vient le tabla qui entre en action, avec d'abord une partie lente, le chant est un chant d'amour et de dévotion au dieu Krishna. Mais petit à petit, l’ennui me gagne à entendre des vocalises infinies et des trémolos dans la voix.

Mohammad Aman, chanteur, son père et ses deux frères
Les Indiens applaudissent de temps en temps, plein d’enthousiasme, mais je ne sais pas pourquoi. De fins connaisseurs, à coup sûr !
Les artistes, le jeune chanteur Mohammad Aman, a priori peu connu, est accompagné de son guru de père, les traditions se transmettant de père en fils (ou fille parfois) le plus souvent ou un disciple fervent, doué et discipliné s’il n’y a pas d’enfant pour prendre la succession.

Un de ses frères l’accompagne aux tablas, son père à l’harmonium et un autre frère au sarangi. Une belle affaire de famille. Des musiciens excellents.

Ce n’est qu’avant de monter sur l’estrade que l’artiste va donner le titre du raga en fonction qui le sait ? du lieu où il joue, de son humeur du moment, de la température, des spectateurs et peut-être du nombre de pigeons volant en boucle au-dessus du lac. Lui seul décide et donne alors le titre à la présentatrice et comment jouer à ses musiciens.
Pour en savoir plus sur ce musicien (et malheureusement pas de video possible car elles sont toutes privées !)
https://limda.eu/mohammed-amaan-classical-indian-singer/

Hier soir comme ce soir, les musiciens remercient l’organisation du festival pour pouvoir jouer dans des lieux aussi magiques ainsi que les spectateurs présents.

A mi-parcours, je m’en vais pour aller au Fort chercher une bonne place pour le spectacle suivant : la présentation de la vie de MiraBai, grande poétesse mystique du XVIe siècle.

et maintenant, où se passe le prochain spectacle ? Mais là-bas, au Fort !


lundi 23 novembre 2015

Mathura

A Vrindavan pour se dire "bonjour !" on dit "Radhe radhe !" du nom de l'amoureuse de Krishna, mais à Mathura on va dire "Hare Krishna" car dans cette ville il est encore enfant et ne connaissait pas Radha sa future petite amie !

Mathura  est une ville de l'État de l'Uttar Pradesh, située à 50 km au nord d'Agra et à 125 km au Sud-Est de New Delhi,  Ancienne cité commerciale, religieuse et culturelle sur la route Est-Ouest de l'Inde du Nord, Mathura est encore un grand centre sur le plan commercial et une ville qui ne cesse de croître, avec une population de plus de 2 millions d'habitants.
C'est un important centre de pèlerinage car, selon la légende, Mathura serait le lieu de naissance de Krishna. Après Krishna adolescent et flirtant, nous remontons le cours de sa vie pour le voir bébé et jeune enfant, celui qu'on voit sur toutes les images avec un air coquin trempant ses doigts dans un pot de crême.

Nous allons nous promener à travers la ville, c'est plutôt tranquille par rapport à Vrindavan et nous en profitons pour descendre jusqu'à la rivière Yamuna et faire un tour en barque qui va nous mener devant un grand temple à Krishna au bord de l'eau.
bateau de pélerins touristes qui vont faire le tour des temples par la Yamuna
L'arrivée (colorée) sur la rive de la Yamuna devant le temple

Au bord de la Yamuna certaines viennent se laver, déposer une bougie ou tout
simplement faire un tour en famille
Que font-ils sur leur pilier ? ils jouent tout simplement aux échecs !

Nous repartons à notre embarcadère de départ avec la vue de nombreux
petits temples disséminés sur la rive

Puis nous allons à l'intérieur de la vieille ville nous perdre dans les ruelles, nous arrivent ça et là des musiques dans les oreilles et des senteurs de jasmin et d'épices dans les narines, la foule se presse vers le vieux temple, c'est un peu le délire à l'intérieur... tout le monde chante les mantras, danse quasiment s'il le peut compte tenu de la foule, lève les bras, l'ambiance est incroyable ! nous nous faisons badigeonner le front par les brahmanes de service, un coup de jaune curcuma en travers du front, un point de rouge safran entre les deux yeux, nous voilà marqués du signe de Krishna pour la journée et tout le monde saura que nous avons fait nos dévotions au grand temple !

dans les ruelles tortueuses de la vieille ville de Mathura
Nous allons à un autre temple sur une petite colline d'où nous avons une jolie vue et en montant les escaliers, petite surprise rigolote en voyant ce double antivol !
En bas du temple les chaussures sont bien gardées et le vélo ne peut partir en tongue !
En faisant le tour du temple, des pèlerins en profitent pour s'arrêter casser la croûte gratuitement, comme dans toutes les villes saintes. Il y a de nombreux ashrams qui accueillent et nourrissent tous ceux qui passent. Nous avons eu de nombreuses invitations tous ces jours et des fois nous regrettons de dire que nous avons déjà notre hôtel !
les sadhus viennent prendre leur déjeuner au passage
Un des nombreux temples à Mathura, superbe

femmes en pèlerinage

Depuis le temple, la vue sur Mathura
Au retour vers notre minibus, en passant la voie ferrée avec notre rickshaw-vélo, je ne peux m'empêcher de prendre la photo !
et quand on entend siffler le train ?




dimanche 22 novembre 2015

Vrindavan, Krishna et l'amour


Départ de Delhi à 8 h30 mais un immense défilé festif, musical, avec chars et chevaux blancs magnifiquement harnachés, Sikhs en orange et bleu avec leur sabre, petits enfants sikhs tout en blanc avec de beaux turbans rose bonbon, vient attirer notre attention et notre oreille car cela fait du bruit à défaut de musique… Je croyais que c’était un beau mariage mais les fanions au nom de Guru Nanak m’ont vite fait comprendre que c’était une grande fête pour les Sikhs.
Désolée pour la qualité de la photo c'est juste pour vous donner une petite idée
de ce que j'ai vu de ma fenêtre d'hôtel en vitesse avant de partir !
Et c’est parti pour Vrindavan où nous arrivons à midi. Blocage au beau milieu de la route à l’entrée de la ville, barrage de police, on n’entre pas dans Vrindavan, c’est la grande fête de Krishna ! Quelle chance nous avons de tomber sur autant de festivals et d’ambiance typiquement indienne ! Les policiers ne veulent rien savoir pour nous laisser passer, on ne va qu’à l’hôtel, tout est réservé déjà, s’il vous plait (ou je vais me fâcher semble montrer notre chauffeur…) et nous passons ! effectivement notre hôtel, Kridha Residency est juste à l’entrée de Vrindavan et on ne gênera personne !
Lunch à l’hôtel et nous partons à la découverte des temples. Comme ils n’ouvrent qu’à 16 h 30 nous nous laissons vite embarquer dans le flot des pèlerins qui font une circumambulation tout autour de Vrindavan (la distance varie entre 7 et 15 km en fonction des gens rencontrés) mais il y a du monde, parents, enfants, handicapés, vieillards, tout ce monde marchant pieds nus.
Quelques photos prises le long de la route qui fait le tour des temples :
partout où il y a la fête, il y a des enfants... et des petits manèges qui font leur joie !

le long de la route, les pèlerins peuvent manger gratuitement
Tout le long du chemin, des achats à faire, et on en voit de toutes les couleurs !

des femmes achètent des cannes à sucre.

 Après notre petit tour de route nous remontons pour l'ouverture du temple de l'Amour ! on ne va pas rater ça... Une fois entré, apparaît une sorte de crêche monumentale avec des mises en situation de la vie de Krishna à Vrindavan (il y a plus de cinq mille ans quand même !)

Krishna est une divinité centrale de l'hindouisme. Dans la plupart des traditions hindoues, il est le huitième avatar (incarnation) de Vishnou. Pour les tenants du Gaudiya Vaishnavisme, il représente la divinité suprême à l'origine de toutes les autres. Krishna est la divinité la plus vénérée de l'Inde à l'origine de nombreuses sectes dédiées à son adoration. (Wikipedia)
Entrée du temple Prem Mandhir, ouverture à 16 h 30
Krrishna et sa bien-aimée Radha faisant de la balançoire (les Indiens adorent ça)
entourés de petits lapins et de jolies bergères (les gopies)
 Jeune homme, il persuade son beau-père et les autres vachers de Vrindâvana de ne plus vénérer le dieu Indra, dieu de la pluie et des moissons, mais de faire à la place une pūjā au Mont Govardhana et aux vaches. Le dieu, irrité de ne plus être prié, déclenche un déluge mais Krishna soulève la colline et dit aux habitants du village de se réfugier sous elle où ils seront à l'abri et où tous leurs besoins seront satisfaits. Comprenant sa défaite, Indra se prosterne devant Krishna et implore qu'on lui pardonne son orgueil et sa colère.
Krishna soulève le Mont Govardhana d'un doigt
 Puis nous allons au temple suivant (il y en a cinq mille dans la ville, de toutes tailles), un des plus importants : ISKON « Association internationale pour la conscience de Krishna ». C'est un temple immense mais nous avons la chance de rencontrer un Français, qui fait partie de ce temple et qui va nous guider et nous expliquer un peu les traditions. Nous finirons la soirée avec lui en offrant notre lumière à Krishna et en chantant le mantra "Hare Rama, hare Krishna" bien sûr !

Une grande foule et une ambiance joyeuse pour offrir la lumière à Krishna
En sortant, de nouveau Krishna avec des effets de lumière qui danse sur le serpent Kaliya et vous avez toute l'histoire (mais en anglais !) ici !

Dans le parc du Prem Mandhir, la danse de Krishna sur le serpent Kaliya
 Avant de rentrer à l'hôtel pour le dîner, petit temps pour admirer le temple sous les couleurs changeantes des projecteurs !


La wifi n'est pas toujours présente, internet a des hoquets sérieux et il y a des coupures de courant fréquentes... donc désolée mais il n'y aura pas forcément une suite quotidienne, je fais de mon mieux !