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vendredi 20 octobre 2023

Les grands arrangements pour touristes au temple de Shiva à Bénarès

 Voir auparavant l'article publié le 28 mars 2019 sur le nouveau plan d'embellissement qui détruit les vieux quartiers de Varanasi entre le temple du Népal et le temple d'Or ou Vishwanath Temple

 Après notre rencontre passionnante avec une association de Bénarès qui se consacre uniquement au problème du trafic des filles et de leur sauvetage (le compte-rendu est en cours de rédaction), nous décidons avec Mi d'aller voir ce que sont devenues toutes ces maisons massacrées il y a quatre ans pour que les touristes puissent aller directement du Gange au temple d'Or.

Nous arrivons dans le nouveau quartier du temple, entièrement dégagé, après démolition de 678 maisons et de toutes ces ruelles minuscules et bourrées de boutiques diverses. Pour cela voir mon blog en avril 2019 qui montrent ces démolitions depuis le Gange jusqu’au temple. Maintenant tout est magnifiquement aménagé, propre, organisé et il est impossible de reconnaître le quartier. Vous pouvez voir encore sur le lien de Vikipedia une ancienne photo montrant une de ces petites ruelles si typiques du quartier.

Voici donc maintenant cet aménagement grandiose, bien aménagé (avec de belles toilettes !), une galerie marchande et de quoi accueillir une foule dense !

 

la belle galerie marchande

il reste encore des petits bouts de ruines qui traînent
sur les côtés


l'arrivée sur le Gange est assez grandiose !

ainsi que l'arrivée sur le temple d'Or

la promenade est parsemée de quelques temples
sauvés de la démolition


l'arrivée sur les ghats montre une belle esplanade bordant
le fleuve, dégagée et très propre


Nous revenons ensuite à la maison en longeant tous les ghats où le monde se presse car il est bientôt l’heure de l’arati, les grandes cérémonies d’offrande des éléments (eau, feu, air, terre) à la déesse Ganga. 

 

tous les soirs la foule des touristes se presse pour
les différents aratis qui ont lieu sur les ghats


Nous avons, en plus de la foule, quelques difficultés pour avancer à cause de tous ceux qui travaillent à débarrasser les escaliers de leur gangue de terre apportée par le fleuve lors de la mousson.

 

et lui travaillait juste en dessous de notre logement
jusqu'à plus de 22 heures pour dégager toute la
boue accumulée par la dernière crue de mousson
Photo Mi


Ils dégagent des tonnes de glaise à coup de puissants jets d’eau et il faut arriver à traverser tous ces petits ruisseaux pleins de terre, s’en mettre plein les chaussures en éviter de glisser, alors que Mi s’est fait cirer les pompes juste avant ! (au sens propre!)

 Le soir jusqu’à 20 h la circulation sur la Gange est infernale, les barques à moteur pétaradent, les gros bateaux à étage qui emmènent des groupes parfois énormes, passent illuminés comme des arbres de Noël, parfois avec de la musique à bord et même des feux d’artifice.

Les ghats sont un vrai boulevard, pour les jeunes indiens du quartier qui se défoulent, pour les touristes babacool qui jouent de la musique, pour les autres qui font du yogamobile à savoir qu’ils sont assis sur les marches et passent leur temps à regarder leur téléphone. C’est la nouvelle méditation au bord du fleuve...

photo Mi

 


jeudi 28 mars 2019

Le plan d'embellissement détruit les quartiers les plus anciens de Varanasi

que faire sinon assister impuissant à la destruction ?

 « Située sur la rive ouest du Gange, la plus sainte des sept rivières sacrées de 
l'Inde, Varanasi est l'une des villes les plus anciennes du monde, ainsi que la 
capitale culturelle de l'Inde. Le temple de Kashi Vishwanath renferme le jyotirlinga
de Shiva, ou Vishwanath, qui possède une signification unique et très particulière 
dans l'histoire spirituelle de l'Inde. D'après la tradition, une seule visite au
temple de Kashi Vishwanath suffit pour accroître les mérites obtenus par les
dévots grâce à la vision (aussi appelée darshan) d'autres jyotirlinga,
éparpillés dans différentes régions d'Inde. Profondément et intimement ancré
dans la représentation hindoue, le temple de Kashi Vishwanath est l'incarnation
même des éternelles traditions culturelles indiennes et des valeurs
spirituelles les plus nobles. Le temple de Kashi Vishwanath attire des
visiteurs, non seulement d'Inde, mais aussi du monde entier.
  
Une visite au temple et une baignade dans le Gange constituent l'une des nombreuses méthodes prétendues conduire sur le chemin de la Moksha (ou libération). C'est pourquoi les hindous du monde entier tentent de visiter ce lieu au moins une fois dans leur vie. Il existe également une tradition selon laquelle le croyant devrait renoncer à au moins un désir après un pèlerinage au temple. » (Wikipédia)
A Varanasi, autour du temple du Seigneur Vishwanath, le Maître de l’Univers, Shiva le destructeur, la démolition est présente à un niveau que cette ancienne cité n’avait jamais connu.
l'ouverture directe sur le Gange d'un côté
avec un accès direct au Temple d'Or de l'autre côté

Une bande de terre de 43 636 m2 et longue de 400 mètres entre le sanctuaire du XVIIIe siècle 
et le Gange est actuellement débarrassée de toutes les constructions, dont certaines sont peut-être 
plus vieilles que le temple lui-même. 
 
ce qui s'appelle faire place nette
Ceci pour permettre aux pèlerins d’avoir un accès direct et plus aisé du Gange, après leur bain rituel, au temple de Vishwanath. 
Ce large et magnifique corridor  a été planifié dans le cadre du projet de développement de la zone de
 Kashi Vishwanath. 
Le coût des travaux est estimé à environ 600 crore de roupies indiennes soit 75 millions d’euros.
 
les pelleteuses continuent de dégager les côtés
Ce projet est sous l’autorité du gouvernement d’Uttar Pradesh, mais c’est en réalité le Premier Ministre Modi représentant Varanasi au Parlement qui en est la force directrice.

Au total près de 300 habitations seront rasées pour réaliser ce projet d’immense couloir qui a effacé 
certains des quartiers les plus anciens de la ville, tels que Lahori Tola : le premier quartier à s’installer
 ici du nom de Lahore au Pakistan à l’époque du maharaja Ranjit Singh, (1780-1839) qui avait fait don 
de l’or ornant le dôme du temple.
 
des images de désolation...
Aujourd’hui la sixième génération d’habitants se trouve promptement déracinée. Le quartier a été vidé par le « tremblement de terre Modi », disent certains habitants, encore assis sur les marches des habitations qui servaient autant de maison familiale que de boutique de saris, de fleurs ou de bimbeloterie religieuse depuis des générations. 
de grosses démolitions juste derrière le temple népalais

Tous ces vieux habitants et commerçants qui n’ont maintenant plus rien d’autre à faire que de 
commenter les événements en buvant un thé, avaient toujours voté pour le BJP (Bharatiya Janata Party) 
 parti de droite hindouiste dont le chef est Modi le Premier Ministre indien. 
Mais maintenant, disent-ils, non seulement Modi va perdre dix mille voix aux prochaines élections 
(en mai 2019) mais il fait perdre à Bénarès son identité propre en rasant trois cents maisons et les 
minuscules galis (ruelles) qui en font son charme.
 
petite ruelle menant au temple
Ils ont bien sûr, reçu des compensations financières mais refusent de dire combien. Et argumente l’un 
d’eux, quand il y a cinq frères qui vivent dans la même maison, la compensation divisée par cinq 
ne permet certainement de trouver à chacun un nouveau logement. En plus, la compensation pour ne 
plus être tout près du temple n’est pas prise en compte, une sorte de pretium doloris religieux en
 quelque sorte.

les temples apparaissent de partout au milieu des démolitions
Le changement est toujours violent dit un jeune bureaucrate qui est en charge de l’exécution du projet et qui agit d’une main de fer. Alors qui est à l’origine de ce projet ? Pas évident de le savoir… le plan de démolition fut conçu en 2007. Ce qu’on veut faire apparaître c’est que l’idée première daterait de 1916 lorsque le Mahatma Gandhi visitait le temple et a été consterné par la saleté, la crasse et la foule oppressante qui s’y trouvait. Le Premier Ministre Modi a juste donné un petit coup de fouet au projet… Donc ce n’est pas moi, c’est Gandhi…

habitants, touristes indiens, découvrent des shiva lingams mis à jour

Cependant les nombreux inconditionnels de Modi approuvent totalement ce projet en disant qu’il a désencombré la zone du temple qui était labyrinthique. Que les vrais propriétaires des maisons n’y habitaient pas et que les locataires ne payaient que des loyers ridicules, que c’était des occupations complètement illégales. Que tout ce qu’on raconte sur le fait que ce couloir est surtout fait pour les VIP quand ils viennent en visite à Bénarès, sont simplement des informations erronées transmises par des intérêts particuliers.

ancienne ruelle du quartier

L’émergence de nombreux temples privés un peu partout lors des démolitions prouve bien que toutes 
 ces constructions d’habitations sont illégales dit le gouvernement et qu’il est temps de faire le ménage.  
Des familles habitaient même dans les temples. Mais juré, promis, les temples seront conservés…
 s’ils ont un intérêt historique et s’ils arrivent à tenir encore debout.
 
ce temple là n'aura certainement pas un intérêt historique...
Une organisation de « sauvegarde de l’héritage culturel de Varanasi » a été formée par des résidents. Ils ont manifesté, demandé l’abandon du projet en montrant que chaque lieu dans cette ville est historique et que ce projet n’est pas du développement mais de la destruction pure et dure. Et disent que c’est un paradoxe que de voir ce gouvernement qui défend la religion et la culture hindoue, s’attaquer à ce quartier.
celui-ci reste encore illuminé le soir, par quel miracle ?

A l’heure qu’il est, fin mars 2019, tout est engagé, détruit, il reste à déblayer les ruines,  détourer les temples historiques de leurs gravats si on veut les sauvegarder.

Un nouveau bureau d’accueil tout beau tout propre est maintenant là pour accueillir tous les touristes pour la visite au temple, même les occidentaux. La mise en place est faite, restent les finitions. Un hôpital, des hébergements, des cafétérias, des boutiques et des bureaux d’aide sont censés compléter le schéma d’ensemble.

Traduction libre de deux journalistes indiens : Faisal Fareed (agence Reuters) du 10 février 2018 et de Bishwanath Ghosh article de The Hindu du 9 décembre 2018. https://www.thehindu.com/news/national/other-states/beautification-plan-destroys-oldest-neighbourhoods-in-varanasi/article25704389.ece
Avec des ajouts et photos personnelles
A consulter : https://thewire.in/politics/kashi-vishwanath-corridor-up-bjp

samedi 5 décembre 2015

Bénarès en spectacle

Après une nuit de train qui nous a emmené de Khajuraho à Varanasi (ou Bénarès), nous voici arrivés à la Fondation Krisnamurti à Rajghat Fort, très loin au nord, mais la tranquillité et la sérénité des lieux vaut bien quelques kilomètres d'éloignement. Nous partons presqu'au crépuscule prendre une barque qui nous remontera jusqu'aux ghats principaux pour aller voir ce qu'il faut voir à Bénarès : l'arati du soir. Il y a de nombreux récits sur ce blog et/ou sur le précédent pour les explications donc je ne m'étendrai pas.
De notre lieu d'hébergement nous passons devant un grand temple à Vishnou

nous descendons la colline pour prendre une barque au bord du Gange
le grand pont de fer, en haut la circulation automobile en-dessous les trains
Cette fois, notre arrivée par bateau depuis le nord change un peu la donne. Du calme de Rajghat nous arrivons à Dashashwamed Ghat en pleine effervescence, des lumières, du bruit, les haut-parleurs à fond, musique de mantras grésillants, les bateaux pleins de touristes, dont nous faisons partie, mais beaucoup d'Indiens quand même et notre batelier essaie de nous placer en stéréophonie pour avoir les deux aratis en place sur les ghats, des concurrents de toujours qui essaient d'en faire toujours un peu plus que l'autre dans les lumières, les clignotements lumineux, les présentations de bougeoirs, de plumeaux, les fumées d'encens et la beauté de leurs jeunes brahmanes officiants.

les barques arrivent progressivement le long des escaliers
la foule commence à se presser sur Dashahwamedh ghat
avec la stéréo sur Mir ghat !
De fait, à vouloir avoir un oeil sur ce qui se passe à gauche, une oreille sur ce qu'on entend à droite n'est vraiment pas la bonne solution pour avoir une participation un peu attentive et recueillie (si on veut bien !) et le groupe assiste avec beaucoup de recul à cette cérémonie très théâtrale, pensant à acheter sa petite barquette fleurie (les allumettes, où sont-elles passées ?) pour la poser délicatement sur l'eau de notre mère Ganga et posant un regard d'un côté sur les brahmanes qui élèvent leur encensoir, de l'autre sur les autres brahmanes, tout aussi jeunes, tout aussi beaux, tout aussi habillés en doré et en orange et qui eux élèvent leur immense chandelier à étages multiples qui leur musclent les bras.

Cérémonie qui maintenant dure une heure, mais la plupart des barques vont partir avant le lancer de fleurs dans l'eau et le Om Shanti shanti shanti final. Nous restons jusqu'au bout et profitons de la place faite pour nous approcher du bord des escaliers. Non, nous ne descendrons pas de la barque, pas envie de passer trois heures à récupérer tout le monde dans cette foule bigarrée où chacun-e peut disparaitre en vingt secondes !

Nous rentrerons doucement, laissant derrière nous encore les rumeurs des mantras, les éclats lumineux pour retrouver le fleuve et poser nos bougies en souhaitant la paix dans le monde. Les derniers éclats des feux des crémations et le noir de la nuit nous enveloppe...
nous quittons doucement les lieux illuminés
et nous redescendons paisiblement le Gange dans la nuit
sur Manikarnika ghat les feux des crémations ne s'arrêtent jamais
les vaillantes petites flammes de nos bougies pour la paix dans le monde

lundi 28 septembre 2015

Une éclipse de Lune, c’est loooonng !




Après avoir eu le bonheur d’assister à deux éclipses totales de Soleil, l’une en Chine (dans l’extrême ouest de la Mongolie) le 1er août 2008  et l’autre en Inde à Bénarès le 22 juillet 2009, le 6e éclipse totale de soleil du XXIe siècle ! (voir le récit sur mon blog )

Il ne manquait que l’éclipse totale de Lune à mon bonheur de non-astronome amatrice. Assister à une éclipse de soleil provoque des sensations intenses et violentes, tout au moins pour moi, mais tout astronome même amateur me comprendra. Pour la première, en Chine j’étais derrière mon objectif photo et je tenais surtout à obtenir le fameux « diamant » tant à l’entrée qu’à la sortie de l’éclipse, cet instant magique où le soleil jette son premier rayon intense et va jeter l’obscurité aux oubliettes.

en 2008 en Chine, l'éclat du diamant... lors de l'éclipse totale de soleil
En Chine, une éclipse totale de 2 minutes 27 d’étonnement, de choc en sentant l’ombre, le froid, le silence s’abattre tout autour… après avoir vu la Lune s’approcher si rapidement du Soleil et le recouvrir. En Inde c’était encore bien différent.

Et là, cette nuit, dans la douceur automnale, plus d’une heure de tranquillité, de patience, à voir tout doucement cette Lune et cette ombre…
Pour plus de compréhension : C’est quoi, une éclipse de Lune ?
C’est quand le Soleil, la Terre et la Lune sont alignés (dans cet ordre). Notre satellite passe alors dans l’ombre de la Terre. A la différence d’une éclipse de Soleil, la Lune ne disparaît pas. Elle s’assombrit d’abord puis rougeoie, éclairée par les rayons du Soleil réfractés par l’atmosphère terrestre. Traduction : les rayons du Soleil sont déviés par l’atmosphère, qui bloque certaines longueurs d’ondes de la lumière (du violet au vert) et ne laisse passer que le rouge vers la Lune. La couleur n’est jamais exactement la même car la composition de l’atmosphère change, notamment avec la pollution.
J’ai mis mon réveil à 3 heures mais à 2 heures et demie j’étais déjà debout car je pensais aller jusqu’au Mont Thou, dans les Monts d’Or pour avoir une meilleure vue. Mais en sortant, que vois-je ? Elle me fait de l’œil en me disant : regarde ! je suis juste au-dessus de ton balcon ! 

Regarde, je suis là, au-dessus de ton balcon !
Donc je m’installe, mes appareils photo sur la table du balcon, le thermos à proximité. Seul hic j’ai prêté mon pied à quelqu’un… qui l’a toujours. Le pied pour y poser l’appareil photo et faire des photos stables, bien sûr. Donc vous aurez des photos, pas nettes, j’ai fait du mieux que j’ai pu en bloquant ma respiration et l’appareil sur la rambarde du balcon…




3 h 07 : entrée de la Lune dans l’ombre. Tout doucement, l’ombre grignote la surface jusqu’à la recouvrir entièrement… ça prend du temps ! Je regarde ça en me disant que j’ai le temps de faire face à mes fantômes intérieurs, la Lune, c’est tranquille, c’est plus du côté Vénus, la tendresse, le calme, j’entends quelques pépiements d’oiseaux dans le bois en face, un chien qui commence à aboyer (à la Lune, bien sûr).
L’ombre va mettre plus d’une heure pour recouvrir la surface blanche et brillante et à 4 h 47 c’est le maximum de l’éclipse. C’est tout noir, mais non, il y a des zones plus sombres, des reflets rouges. J’ai rajouté un châle sur les genoux et mis ma capuche de polaire. J’essaie de me connecter à l’astre, à l’univers, mais je regarde le spectacle avec attention et en trouvant le temps qui s’allonge infiniment dans cette ombre lunaire ou plutôt terrestre. Bizarre cette sensation de mouvement sans mouvement… nous tournons autour du soleil à 1670 km/h à l’équateur, la Lune tourne autour de la terre à 3685 km/h… Tout cela donne le vertige, voilà pourquoi je fais des photos floues !





A 5 h 23 c’est la fin de la phase de la totalité. J’ai pris des dizaines de photos, toutes plus floues les unes que les autres car il est très difficile de me tenir les bras à l’extérieur du balcon et de ne pas bouger avec le zoom maximum !Quelques unes sont encore montrables... et je m'aperçois qu'elles sont aussi bien que celles que j'ai vues sur internet, alors...

Je finis par descendre pour faire les photos de la fin d’éclipse et la Lune va sortir de l’ombre à 6 h 27. Elle a tourné autour de l’immeuble insensiblement et je remonte à la maison prendre un petit déjeuner. Aux infos de 7 h, « et maintenant les dernières nouvelles de l’éclipse de Lune… ». C’est moi qui m’éclipse. Je me suis endormie les coudes sur la table. J’espère me réveiller pour 2033 la prochaine éclipse totale de Lune