jeudi 12 janvier 2017

Du tourisme ? oui, mais solidaire !


A l’office du tourisme de Battambang, visiblement l’un sinon le meilleur du Cambodge, semble-t-il, (mais celui de Siem Reap n'est pas mal non plus) nous trouvons une petite carte avec l’en-tête de AKD School, indiquant des tours en tuk-tuk et en vélo. Tout à fait ce que nous recherchons : visiter les sites principaux en étant « bien accompagné » et que l’argent donné pour nos promenades serve pour un projet éducatif. Nous prenons alors contact avec Kamnat, le directeur et fondateur de l’école AKD pour le lendemain.

Moine de 16 à 26 ans, aidé par son village pour faire des études, il décide de quitter le monastère pour redonner à d’autres enfants ce qu’il avait reçu. Il se marie, a 3 enfants et plus de 400 enfants et ados qui viennent apprendre l’anglais, par tranche d’âge, toutes les deux heures après leur horaire scolaire habituel. Il arrive à payer quelques enseignants 50 $ par mois, une misère mais n’arrive pas à se donner un salaire. Les autres enseignants sont tous bénévoles et les jeunes en service civique sont les bienvenus s’ils parlent bien anglais.

Sur la corde raide côté finances, il décide de faire le « chauffeur de taxi » pour touristes intéressés par une découverte un peu différente des sites de la région car il aime faire partager tout ce qui lui tient à cœur. Les revenus de cette activité, trop faibles pour l’instant, servent pour le fonctionnement de l’école.
Il vient nous chercher à notre hôtel et en chemin nous passons un moment dans le parc de la maison du gouverneur, un des beaux bâtiments coloniaux conçu par des architectes italiens pour le dernier gouverneur siamois de Battambang en 1905. Nous essayons de le visiter mais tout est plein de pots de peinture, d’échelles et de matériel. En rénovation, en vue probablement de faire un musée.
la maison du gouverneur dans un immense parc avec des frangipaniers odorants
Puis nous avons cédé à la tentation du « bamboo train » prévu dans la visite, la plus célèbre curiosité touristique de Battambang. Pas vraiment d’intérêt à notre avis ! Le « train » se compose d’un plateau en bois de 3 m couvert de fines lattes de bambou et posé sur deux bogies. L’essieu arrière est relié à un moteur à essence par des courroies de ventilateur. Peu de monde ce matin sous la grosse chaleur, nous avons droit à tout un plateau pour nous deux. Le coût est de 5 $ par personne.
Installées sur des coussins nous voilà parties, nez au vent, sur les rails à travers la campagne qu’on devine à peine à travers les arbres et les broussailles. Quelques maisons en cours de route, la vision rapide de vaches broutant dans les prés et nous voilà face à face avec un autre « train ». Comme d’autres suivent derrière, c’est à nous de sortir de la voie. Hop ! nous descendons, le plateau est posé sur l’herbe à côté de la voie, les roues sont jetées sur le côté, les plateaux passent et hop ! tout est remis en place sur la voie et nous continuons notre chemin.
et quand même une petite photo de nous deux prêtes au départ !

Le point de départ
avec des petits passages pour se faire (un petit peu) peur

et voilà du monde sur les rails en face !
on prend le plateau on le soulève et on le pose à côté

on enlève les roues et on pose tout ça à côté des voies
A l’arrivée, bien sûr, boutiques obligées pendant dix minutes avant de repartir dans l’autre sens, le temps de boire le contenu d’une noix de coco.
La visite suivante a été particulièrement émouvante : celle de la vieille maison « Ancient House » au village de Wat Kor. Réalisée pour le toit en phcheuk, un bois dur, pour le sol en beng, autre bois précieux et pour les vérandas en korkoh, bois très dur. Elle a été construite en 1920 sur pilotis. Les murs sont en torchis de paille et bouse jeté sur un treillis de bambous.
dans le village une vingtaine de maisons en bois construites sur ces différents modèles
le salon de la maison. Le grand miroir cache la porte de la pièce suivante et il permettait
de voir arriver les gens
Le dessous de la maison sert d’abri frais pendant la chaleur, permet d’éviter les inondations, on y installe le métier à tisser pour les fameux « kramas », écharpes à carreaux traditionnelles et indispensables à tout bon Cambodgien et on y fait des paniers en bambou.
La propriétaire est une vieille dame, seule survivante de sa famille des Khmers rouges qui ont réquisitionné sa maison pendant la guerre civile comme lieu de cantine pour deux cents personnes en travail forcé. L’utilisation intense des jarres d’eau a laissé des marques incrustées dans le bois qui lui remettent en mémoire sans cesse cette période atroce.
Nous avons la chance de nous faire accompagner par son neveu parlant français pour la visite, il sent notre intérêt et nous avons tout notre temps pour l’écouter. Il se confie donc sur bien des sujets : la terrible déforestation du Cambodge, la plus rapide du monde depuis l’an 2000. Cette déforestation a commencé à partir du coup d’état de 1987 alors qu’il y avait encore 70 % de forêts dans le pays. Puis la venue d’El Nino en 2015 pour la première fois au Cambodge, qui a changé le climat autour du lac Tonlé Sap, tué de nombreux animaux, bœufs, singes pas habitués à une chaleur supérieure à 40°, qui a fait crever des tonnes de poissons et provoqué la pire sécheresse depuis 50 ans.
Il nous a parlé également de la « troisième guerre », géopolitique, entre les pays communistes et les pays libéraux, de l’emprise progressive de la Chine, etc. Bien des sujets passionnants et dont nous ne connaissions pas grand chose.
Il a des projets aussi pour cette belle maison décorée de meubles anciens en bois : il commence à proposer une chambre d’hôte. Avis aux amateurs d’Histoire et aussi de fantômes…
mais il y a des protections partout... cette maisonnette accrochée à l'arbre situé devant
la maison protège les fées et les nains habitant dans l'arbre
et cet autre édicule protège l'environnement et le bas de la maison. De quoi se
sentir tout à fait rassuré !C'est "la maison des esprits" ou neak nekta


A suivre… car la journée n’est pas terminée !
notre carrosse, le tuk-tuk de Kamnat


Les infos pour cette journée :
Tourism Office de Battambang en face du Provincial Hall (sud de la ville, rive gauche)
Road n° 1 Krong   Battambang
Ouvert de 7 h 30 à 11 h 30 et de 14 h à 17 h
Tél : +855 12 534 177

AKD SCHOOL
https://akdproject.com/tuktuk-tours : 12 USD la ½ journée, 24 USD la journée par personne
https://akdproject.com/akd-bike-tours/ 10 USD la journée par adulte
Tél : +855 12 326 784
Mail : kamnothsim@yahoo.com

Mrs Bun Roeung’s Ancient House
Museum and Tourist Homestay
Str. 800, Vat Kor Village, Battambang
Tél : +855 12 614 573   -   +855 17 818 419

mercredi 11 janvier 2017

Cambodge en vrac (et nous avec)

Drôle de titre ou plutôt titre terrible. Plus nous avançons dans notre découverte du pays par nos visites, nos rencontres, nos discussions avec les gens, plus nous sentons cet immense traumatisme créé par les Khmers rouges. C’est l’avantage de prendre son temps pour découvrir un pays. Vouloir « faire » Vietnam-Cambodge-Laos en deux semaines, cela permet juste de survoler dans tous les sens du terme des pays et des cultures. Mais décider d’y rester deux mois pour entrer dans la richesse de la découverte est une vraie chance que nous apprécions quotidiennement.
Les atrocités faites par les Khmers rouges entre 1975 et 1978, ce n’est pas si loin, la cruauté et la brutalité dont ils ont fait preuve, apparaît particulièrement dans cette région de Battambang. Deux millions de morts dans le pays, une population complètement traumatisée et exsangue pendant ces années d’horreur laissent des traces profondes déjà au niveau population car une tranche d’âge a quasiment disparue. Il reste les personnes âgées qui ont survécu et qui ne peuvent parler de cette intense douleur et les jeunes qui ont reçu tout ça en héritage.
Héritage de plomb dont ils voudraient bien pouvoir se débarrasser. Certains s’engagent dans des associations pour s’occuper d’enfants, d’autres essaient de s’en sortir par des moyens artistiques.
Ce qu’a essayé de faire un jeune peintre Nov Cheanick qui expose dans une petite galerie tenue par des Françaises à Battambang.
J’ai détruit mon propre système explique-t-il. Avant je pensais surtout à ce que les gens pourraient penser de mes peintures. J’étais trop timide pour exprimer ce que j’avais à l’intérieur. Cette nouvelle façon de travailler vient de mon âme, c’est mon vrai moi, sans intention de séduire ou de créer de la beauté pour les autres.



Nov Cheanick travaille sur les matières du pays : bambou, filet de pêche...

une vue de la galerie avec les oeuvres de Nov Cheanick.

La galerie a ouvert ses portes en 2014 et a déjà accueilli 27 artistes dont toute une jeune génération venant de l’école d’art de Battambang : Phare Ponleu Selpak.
Bien sûr que les trois jeunes femmes qui s’en occupent aimeraient faire connaître ces artistes en France ! Si vous connaissez des lieux qui pourraient les accueillir (en prenant les frais en charge) voici les coordonnées :
Galerie SANGKER, 47-14 Street 1,5, BATTAMBANG CITY – Cambodge
Coordinatrice : Laura Petit, email : laura.sangker@outlook.com
tél : +855 87 29 80 86 

cherchez la rue 1,5 et oui c'est bizarre mais tout est numéroté, et la galerie se trouve
à côté de ce mur peint du restaurant
 Et pour finir sur une note plus optimiste nous sommes allées découvrir ce merveilleux cirque de jeunes dans cette école d'art citée plus haut : Phare Ponleu Selpak. Depuis 1994 cette école oeuvre par le biais de programmes artistiques et éducatifs pour améliorer (et changer !) la vie d'enfants et de jeunes adultes. De nombreux artistes peintres sortent de cette école et le cirque est renommé. Allez voir leur site en français ! 
Le spectacle coûte 14 $ et permet à l'école de fonctionner.

danse traditionnelle cambodgienne avec enthousiasme et sourires
 
des sketches, de la bonne humeur à revendre et une musique d'enfer en live !
 
Ajouter une légende
 Il est bien d'arriver en avance (à partir de 18 h pour le spectacle à 19 h) car il y a un petit restaurant en plein air, une belle boutique où les jeunes vendent leurs oeuvres, et la salle d'entraînement du cirque où on peut les voir se casser la figure et recommencer dans la bonne humeur !
entrainement des jeunes








mardi 10 janvier 2017

Battambang une petite ville bien cool

Quel plaisir cette découverte de Battambang ! Ville de 140 000 habitants, une rivière, la Sangker qui n'a pas trop d'eau en ce moment mais où il y a quelques barques de pêcheurs, dont un qui a attiré notre attention en le voyant planter des bouteilles plastiques de place en place dans la rivière. Ces bouteilles ont un trou au milieu, des appats dedans et une fois entrés les petits poissons ne peuvent plus ressortir, cqfd. Ingénieux !
la cité de Battambang s'étire le long de la Stung Sangker
le pècheur et ses bouteilles plastiques
Les bords de l'eau sont festonnés de petites boutiques ambulantes pleines de poissons grillés, de brochettes d'oeufs fécondés ce qui semble être une spécialité ici, on voit les petites pattes qui sortent des coquilles... je ne suis pas prête d'en goûter !

petite table au bord de l'eau, tabourets lilliputiens pour une petite dinette au soleil
Nous allons déjeuner dans un petit resto cambodgien où le thé vert s'apporte à la théière et à volonté.


Sur la rive ouest de la Sangker, le psar Nat : le marché de la rencontre, constitue le coeur de la ville. Nous nous sommes régalées à circuler entre les marchandes de tissus, les couturières, les bijoutiers, les petits restaurants, les marchands de pierres précieuses même si les gisements de saphirs et de rubis sont quasiment épuisés dans la région frontalière de Pailin. Les marchandes car ce sont souvent des femmes, de fruits et légumes, de poissons et de viande sont situées à l'extérieur du grand marché couvert.
une boutique ambulante de vaisselle et de pots pour la cuisine mais qui va probablement
s'installer au grand marché
le marché de la rencontre porte bien son nom !
les ateliers de couture et les magasins de tissus se côtoient à l'intérieur du marché.
Facile de passer du coupon à la robe...

en train de coudre une par une les paillettes sur une robe de petite fille !
le joaillier en train de sertir des rubis sur une grosse broche
Découverte et promenade dans un lieu tout près de la rivière mais retiré de la rumeur de la ville : un monastère bouddhiste, isolé dans la nature, avec une petite mare et la découverte d'un grand cimetière avec sur les tombes des inscriptions... chinoises !
Au fur et à mesure de notre avancée dans ce pays nous commençons à comprendre comment le Cambodge est déchiré entre le communisme d'une part (influence de la Russie et prédominance de la Chine qui s'infiltre de partout) et le libéralisme... Les prochaines élections sont dans deux ans et la nouvelle vague de la jeune population y met bien des espoirs.
une apsara au milieu du monastère
Quelques moinillons discutent avec la marchande ambulante qui passe aussi chez eux
un grand cimetière bouddhiste en pleine nature
Nous finissons notre journée par une sortie nocturne pour aller manger une soupe au bord de la rivière dans les petits restaurants qui ne fonctionnent que le soir avec du matériel rudimentaire. Tout est préparé à la maison avant : cuisson des nouilles, préparation des légumes, pour juste avoir à faire sauter dans le wok.
en plus des bords de rivière s'ajoutent les boutiques mobiles des bords de trottoir.
Les gens mangent beaucoup dans la rue (et c'est pas cher)

les petits bazars ambulants s'installent aussi pour la soirée

bonne lecture, merci de nous suivre.. même si ce n'est guère facile car la wifi n'est pas très stable et il faut des heures de patience... belle journée !
de belles fleurs sur un arbre à l'intérieur du monastère pour vous souhaiter une
excellente journée !



lundi 9 janvier 2017

De Phnom Penh à Battambang

Lundi matin nous prenons le bus près du Marché Central de Phnom Penh pour aller jusqu'à la seconde ville du Cambodge : Battambang. Nous payons le ticket 29 mille riels soit 7,5 $, vous divisez par 4 pour avoir le prix en dollars, car ici dans ce pays, même s'il y a une monnaie nationale, tout est en dollars américains. Il faut donc sans arrêt faire des conversions, mais pour aller au plus vite nous faisons avec les équivalences suivantes : 1 € = 1 US$ = 4000 riels. Mais cela signifie aussi que dans notre porte-monnaie nous sommes obligées de naviguer entre les deux monnaies. Quand on paie notre repas qui fait par exemple 6,5 $ et que nous payons avec 10 $ on nous rend 3 $ et 2000 riels. Voilà il nous faut sans arrêt jongler avec ce genre de choses !
Le départ du bus est prévu à 9 h 45 mais départ à 9 h 55 et nous mettons plus d'une heure pour quitter les embouteillages de la capitale, gros 4x4 de partout, Ranger, Toyota, voitures Lexus gigantesques, il doit y avoir pas mal de gens fortunés à côté d'une foule de pauvres...
une heure pour pouvoir se sortir des embouteillages...
A midi arrêt pour le déjeuner, les nouilles et les légumes sont prêts, le porc grillé ou le poisson aussi mais notre choix se porte sur riz nature et poulet au gingembre, Béa mange le poulet et moi le gingembre rapé et sauté avec le riz car un seul plat pour deux nous suffit largement.

le restaurant en plein air où s'arrête le bus, petites boutiques de ravitaillement chaud
Béa à table avec son poulet bien gingembré, et notre chauffeur
Le moteur chauffe, pas étonnant, il fait très chaud, largement 32° mais ça sent un peu le brûlé... Le chauffeur roule donc très modérément sans jamais dépassé le 60 km/h ce qui fait que nous mettons 7 h pour arriver à Battambang. Mais comme la route est droite et en bon état, tout le monde somnole tranquillement.

Nous arrivons à la gare des bus à la nuit (qui tombe vite entre 18 h et 18 h 15). Un tuk-tuk attend et nous propose un hôtel, hop nous sautons dedans, allons voir la chambre. Un seul lit, chambre petite, pas de fenêtre, j'étouffe déjà... nous demandons un autre hôtel, pas de souci. Nous arrivons, toujours en plein centre dans un petit hôtel sympa, chambre avec deux grands lits, tout est neuf, (j'ai même encore l'étiquette sur mon drap de bain !), propre, salle de bains, WC, une fenêtre avec moustiquaire, le tout pour 8 $. Accepté ! Nous n'osons même pas négocié le prix ! Le gérant parle un anglais difficilement compréhensible mais charmant et se met en quatre pour nous. C'est le Janori Résidence.

Pour dîner il nous montre le supermarché juste en face qui a une sorte de restaurant avec les plats en photos affichés avec les prix, tout en khmer bien sûr. Mais nous arrivons à manger un plat chacune, préparé devant nous, des herbes un peu dures, des haricots verts crus, de la papaye rapé, le reste on ne sait pas trop, le tout avec une bonne sauce au soja. Pour ce soir, ça ira. Nous avons surtout envie d'aller nous coucher.
 
voilà déjà pour les sauces
et nous avons retrouvé nos légumes verts au marché... ça ressemble à des salades,
du cresson, des tiges de ciboulette...




dimanche 8 janvier 2017

Phnom Penh, quelques associations

Les liens sont accessibles en cliquant sur les mots en italique en couleur.
Marie-Claude et Jo, nos hôtes sympathiques et accueillants, nous ont fait découvrir deux associations dans lesquels ils sont actifs sur Phnom Penh. La première est Claire Amitié : allez faire un tour sur leur site pour voir le travail admirable de cette association au service des jeunes femmes en difficulté partout dans le monde ! Ici au Cambodge :

Quelques infos :

Où ? Phnom Penh (Cambodge) – Maison 122, rue 32 BT, village Kbat Tumnup
Depuis quand ? 1968, fermeture en 1975, réouverture en 2000

Pour quoi ? Formation humaine intégrale
Pour qui ? 177  jeunes femmes, principalement ouvrières dans les usines textiles de la banlieue de Phnom Penh, adolescentes et enfants.

La maison de Claire Amitié et le jardin des plantes aromatiques
la crèche en bois sculpté
Nous arrivons dans une jolie maison, accueillie par Chhirtra, passionnée de plantes et qui nous a fait visiter le jardin et toutes ses plantes aromatiques. A l'entrée de la maison, une crèche tout en bois sculpté, fait par un Cambodgien qui a eu ses deux jambes supprimées en sautant sur une mine. Il s'est mis à sculpter le bois et c'est non seulement devenu une vraie passion, mais un métier qu'il a également appris à ses fils.
Après avoir discuté des actions de l'association avec Chhirtra et Nicole, une religieuse responsable de plusieurs centres de Claire Amitié et qui saute d'un pays à l'autre, (là elle partait en Afrique, pour continuer d'agir à presque quatre-vingts ans, toujours en forme), nous avons eu un superbe et délicieux repas cambodgien en compagnie de quelques jeunes femmes ouvrières accueillies dans la maison.

la table prête à nous accueillir pour un excellent repas cambodgien
Mais le temps passe vite et nous voilà repartis pour l'inauguration des nouveaux locaux dans une autre association tenue par une religieuse de la Providence Marie-Adelphe, mais qui, comme elle le dit elle-même, a pris ses distances...  De nombreux donateurs et bienfaiteurs étaient présents à cette manifestation et un prêtre français, parlant parfaitement cambodgien, a procédé à la bénédiction des nouveaux locaux : une grande et belle nouvelle salle et le grand dortoir des garçons.
la grande salle au premier étage
la bénédiction du dortoir des garçons (avec les lits et leur moustiquaire)
Ici, ce sont tous des enfants handicapés, aveugles, sourds, muets, certains malheureusement cumulant les trois, ou diminués physiquement, garçons et filles dont certains sont orphelins, d'autres ont été rejetés par leur famille ou même encore trouvés dans les ordures à cause des handicaps.
Au Cambodge il y aurait encore actuellement  24 000 enfants dans les rues : voir cet article, de 2007 mais la situation dix ans après n'a que peu changé.

Beaucoup d'enfants se droguent, sont laissés à l'abandon, sont obligés de voler pour survivre. Normalement il faudrait chaque fois signaler lorsqu'on trouve un enfant seul dans la rue ou en train de mendier de quoi manger près des restaurants, auprès d'une association qui s'appelle Childcare.
Voir l'article en anglais ici. Et en français on peut toujours lire le rapport fort intéressant sur la vente d'enfants au Cambodge ici aussi !

Dans cette association chaque enfant a une histoire terrible... mais ils sont magnifiquement soignés, entourés d'amour et d'affection et nous avons eu un bel exemple de résilience par le spectacle qu'ils nous ont donné à la suite de cette inauguration : musique (du xylophone, avec des aveugles !), des danses traditionnelles khmer avec des jeunes filles muettes ou avec un autre handicap et nous avons pu voir et sentir toute l'attention qu'ils avaient les uns pour les autres, celui qui est sourd accompagnant celui qui est aveugle, celle qui est muette montrant les gestes à faire, bref une belle synergie d'entraide réciproque pour que toutes et tous se réjouissent de cette belle journée ensemble.
les enfants nous offrent un concert étonnant...
ou ici dans une danse traditionnelle khmer
et une jolie petite danseuse bien gracieuse !
Et si vous avez envie d'aider ces associations il y a tout ce qu'il faut sur leur site. Leur travail est remarquable.



Phnom Penh classique

Phnom Penh a visiblement fait des progrès pour améliorer et restaurer ses bâtiments municipaux et nous avons découvert quelques belles architectures au cours de nos promenades.
Par exemple la gare ferroviaire : découverte de la solitude au milieu des voies et pourtant il y a un train régulier qui va de Phnom Penh à Sihanouk Ville en passant par Takeo et Kampot tous les samedis et dimanches, un le matin départ à 7 h et un l'après-midi départ à 15 h. On s'est promis de découvrir ce mode de transport.
Béa, toute seule dans cette gare...
Style art déco, avec les deux grands immeubles derrière Vattanac building et
Canadia building


l'intérieur de la gare est vaste vu la foule du jour
A la sortie de la gare
surprise, ce bon vieux Ganesh, fils de Parvati, un dieu tellement
aimé en Inde, que fait-il dans ce pays bouddhiste ?
et joli jeu de reflets dans l'immeuble d'en face
un peu dans le même style que la gare, la poste principale

L'hôtel de ville
Fondée en 1434, la ville s'est beaucoup développée sous l'impulsion de la France laissant en héritage nombre de bâtiments à l'architecture européenne et coloniale, notamment le long des grands boulevards. Aujourd'hui, Phnom Penh est la ville la plus peuplée du Cambodge ainsi que son centre économique et politique. L'hôtel de ville était l'ancien archevêché, qui a pu être sauvegardé et entièrement rénové.

Et un immense bâtiment style un peu soviétique qui accueille des ministères dont celui de la Défense :


 Après, peu de temps pour aller voir les monastères et les pagodes, on réservera ça pour une autre fois lorsque nous reviendrons mais déjà ce petit monastère bouddhiste tibétain :
c'est le drapeau tibétain qui flotte mais les toits qui ressemblent à la Thailande


Nous n'avons bien sûr fait qu'effleurer la visite de la capitale mais nous avons vu quand même qu'il pouvait y avoir dans ce pays des questions importantes : l'environnement et ... la corruption !


C'est déjà une bonne prise de conscience !

Ce blog est sujet à la possibilité  d'avoir la wifi, donc ne vous étonnez pas trop si parfois il n'y a pas de nouvelles... Mais je ferai de mon mieux !