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mercredi 11 octobre 2023

Nouveau départ !

Parties de LYON Saint- Exupéry à 11h 35 par le TGV jusqu'à Roissy, nous avons largement eu le temps mon amie Mi (oui, elle s'appellera ainsi ça ira plus vite...) et moi de bien rire sur toutes les petites secousses d'imprévu que nous avons eu en cours de route. A Roissy, les cartes d'embarquement se font maintenant uniquement par la machine. On en passe une, puis deux... rien ne passe, on change de lieu et on recommence, rien ne passe... ah ! il y a un bogue ? Il faut faire la queue au seul guichet qui fonctionne avec un être humain ? Nous faisons la queue. Ah ! le circuit informatique vient de boguer ? Il faut refaire la queue devant les guichets de dépose des bagages pour obtenir nos cartes ? Nous faisons la queue (bis). Arrivées devant le guichet et une jeune personne adorable et souriante, elle nous annonce que nous n'avons pas de place ! nous n'osons pas éclater de rire, ça ne serait pas sérieux. Il faut juste ré-initialiser le système que lui dit le chef qui passe... Et voilà comment nous avons appris que cette jeune femme travaillait pour plusieurs compagnies, ce qu'elle trouvait très intéressant car les façons de travailler étaient différentes pour chacune. Et qu'à force de faire des cartes d'enregistrement, elle aimerait bien elle aussi s'enregistrer pour partir quelque part... Oui, nous avons eu le temps de faire la causette et c'était très sympa en attendant que le carrousel qui emmène les bagages daigne se remettre en route. Malgré la queue qui s'allongeait derrière nous.

Embarquement, départ une demi-heure en retard, installation. Le diner est servi à 23 h mais je dormais déjà. Par contre j'ai quand même pris le croissant glacé à 3 h du matin à cause du décalage horaire.

L'écran du siège... ça aide à comprendre qu'il va falloir aller se coucher... enfin, fermer les yeux !

 

Mais avec Air India, fini le dépaysement du départ où il y a vingt ans on entrait dans un avion décoré comme un palais de maharajah et où nous étions servis par des déesses en sari soyeux. Plus de masque pour les yeux, plus d'écouteur personnel, plus de serviette chaude et humide pour se réveiller avant d'arriver. Les économies sont de partout pour faire des billets encore plus chers. Quand je me suis levée dans la nuit et que j'ai vu tout ce troupeau endormi, serré comme des livres dans une bibliothèque universitaire, les jambes engourdies et douloureuses de ne pas pouvoir s'étendre, bien folle suis-je pour avoir encore envie de prendre l'avion... Mais que ne ferais-je pas pour retourner en Inde, mon deuxième chez-moi !

Arrivée, visa tamponné, nous allons refaire la queue pour prendre un vol intérieur de Delhi à Ranchi. A l'aéroport de Delhi, tout est informatisé aussi mais là, tout marche... les cartes d'enregistrement, l'envoi des bagages et le sourire du personnel.

Puis comme des somnanbules nous prenons place dans le long millepattes qui se forme devant le comptoir 44 pour Ranchi. Petit bout par petit bout se scinde ce corps tortillard. Nous montons dans un bus qui nous emmène au fond du terrain pour trouver notre avion. 


 

Nous grimpons à l'ancienne par des passerelles. Il fait 30° et nous continuons notre périple indien.

Dans l'avion, le monsieur à côté de moi me demande si je vais à la Yogada Satsanga association, dont le maitre a été Yogananda Paramahamsa, l'auteur de Autobiographie d'un yogi. Qui peut bien aller à Ranchi ? sinon pour faire de la méditation... Mais non, je n'allais pas lui dire que je m'intéressais à la question cruciale du trafic humain et en particulier des filles, dans cet état du Jharkhand.

 



samedi 21 février 2015

Une nuit à l’aéroport



Rien de neuf au niveau créativité. On peut déjà connaître « une nuit au musée », « une nuit à l’opéra », « une nuit chez les vampires », etc. L’aéroport c’est un peu la somme de tout ça : les prévoyants et les habitués, souvent les deux à la fois, ceux qui doivent passer la nuit à attendre un vol en sachant que si l’extérieur a une température tropicale, l’intérieur est une vraie glacière et ils prévoient donc une couverture en polaire pour se transformer en momie.
Puis afin d’aider à éloigner stress et fatigue et donner un sommeil paisible, une musique lénifiante à base de piano, xylophone et orchestration douceâtre donne à la perfection cette « musique d’aéroport » permettant de masquer la soufflerie de la climatisation. Quant aux vampires, je reconnais que c’est plus difficile à voir malgré le manque de têtes d’ail mais il y a quelques regards carnassiers qui laissent imaginer des canines proéminentes. Où sont-ce peut-être ceux qui, à l’entrée de l’aéroport, m’ont proposé une nuit d’hôtel pour mille cinq cents roupies puis devant ma négation et mon « too much » baissent sans discuter à mille roupies avec aller-retour en taxi et petit déjeuner inclus. Méfiante, je préfère une nuit blanche à l’aéroport, car qui me dit qu’une fois dans le taxi, j’irai vraiment passer une nuit paisible à l’hôtel ? D’accord, j’ai parfois trop d’imagination mais ma grand-mère m’a toujours répété « prudence est mère de sûreté » et quand on est seule, inutile de chercher l’aventure, elle se présente à vous au quotidien.
Ma nuit commence vers 21 h 30 après avoir quitté rapidement le groupe, le cœur gros, à l’aéroport international et pris la navette pour l’aéroport domestique. Je cherche une place pour m’allonger mais ici que des rangées de chaises avec des accoudoirs métalliques si bien travaillés qu’on ne peut passer ni la tête ni les pieds dessus, dessous ou à travers. Ca devient comme en France pour éviter que les SDF couchent sur les bancs publics ; dans les écoles de design on travaille maintenant sur la recherche de l’inconfort. Quelle société d’égoïstes sommes-nous devenus ?
Pour une position assise un peu plus accueillante je monte au petit café du premier étage, lumière tamisée, personne et je trouve un fauteuil plus enveloppant.
Premier micro-somme qui se termine par l’évacuation obligatoire à 23 h30 pour cause de fermeture.
Je redescends, cherche des places vides et trouve, bonheur ! Quasiment trois rangées inoccupées au bout de l’aéroport. Hop ! Les jambes en l’air sur le sac, la capuche du sweater sur le nez et c’est reparti pour le deuxième micro-somme jusqu’à l’arrivée d’une grande famille indienne, la « joined family » typique : les grands-parents, les deux frères et leurs épouses, leurs bébés. Ce petit monde se pose gentiment à côté de moi, sourires réciproques, nous allons prendre le même avion, c’est bon, si je dors ils me réveilleront pour ne pas manquer le départ.
Le nourrisson grogne à intervalles réguliers pour avoir le sein et se calme aussitôt rassasié. Troisième micro-somme. Et soudain, alors que nous avons passé une semaine en ashrams, chants sacrés, méditation, à 3 h 10 du matin, c’est l’illumination ! Mais… seulement pour la salle d’enregistrement. Tout s’allume brusquement et partout avec cette belle et vaillante lumière artificielle qui est faite pour vous réveiller si par hasard vous aviez eu le bon goût de sommeiller un peu.
Cerise sur le gâteau, mon vol a été retardé jusqu’à 6 h 15, heureusement, je n’ai pas de rendez-vous d’affaires, personne ne m’attend à l’arrivée, la parfaite tranquillité donc. Les comptoirs d’enregistrement s’ouvrent, quelques blondes occidentales passent et repassent en buvant un café, le bébé s’est endormi, la jeune maman aussi. J’écris…

J’enregistre mon sac, 15 kg autorisés, j’en ai 16, ça passe, merci au groupe qui m’a allégée en me prenant quelques vêtements devenus inutiles et superflus. En salle d’embarquement, un écran télé géant diffuse entre deux publicités pour des cheveux soyeux et des boissons sucrées d’horribles extraits de films Bollywood assez sadiques. Les enfants regardent ça les yeux grands ouverts et on va s’étonner de la violence de l’Inde. Gandhi, au secours !
Les charmantes hôtesses de l’air en minijupe bleu-marine filent préparer leurs avions.

Le vol a été reprogrammé pour 6 h 15 mais à 6 h 10, tout le monde est assis, ficelé, et nous partons. Cinq minutes d’avance avec une heure de retard. Cela résume à peu près bien la problématique de l’Inde actuelle mise en image cette semaine par la page de couverture de « The Economist » acheté au kiosque à journaux de l’aéroport de Mumbai. Un éléphant, l’Inde, avec pour bâts, des réacteurs d’avion… et Modi, le Premier Ministre transformé en cornac. Comment va réellement décoller ce pays ?