Affichage des articles dont le libellé est aéroport. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est aéroport. Afficher tous les articles

jeudi 20 octobre 2016

Départ pour la Birmanie



Jeudi 20 octobre 16
Me voici dans le TGV, 1re classe, place isolée, l’idéal… c’est le premier jour de départ en vacances pour la Toussaint, en plein milieu de semaine. Ca rouspète dans le milieu des locations touristiques. Départ du train à 5 h 50. 5 h 52 les portes sont fermées mais le train ne part toujours pas. Le service restauration est déjà en grève. Ne prévoyons pas de catastrophe supplémentaire. Mauvaise langue ! le train part avec cinq minutes de retard.

Vendredi 21 octobre : ce qui veut dire que dans la journée, je viens de faire Lyon-Roissy et Roissy-Dubai

L’aéroport de Dubai comme la plupart des aéroports est un spectacle permanent que je regarde du fond de ma chaise longue. Et voilà que passe un grand Sikh patriarche, une belle barbe blanche à deux pointes très sobre avec son turban noir. Trois vieilles dames africaines, une belle casquette à visière noire aussi vissée sur leurs petites frisures et portant une petite doudoune très mode noire avec GR8 TEAM brodée en blanc dans le dos. Des jeux seniorolympiques ? Passe une voiturette électrique chargée d’une grande famille indienne, leurs ados préparant tranquillement leur futur diabète avec boites de pop corn et sucreries. Puis des familles arabes avec des jeunes femmes au popotin confortable sous la jupe longue. Un petit homme pavane son énorme maillot jaune et rouge imprimé BARCA et trottine sur ses courtes jambes le long du tapis roulant.
Quelques familles, belles jeunes femmes, beaux enfants blonds et un bel accent américain.
Un quarantenaire indien au profil de fils à papa industriel et son sac plastique Dubai Duty free plein de parfumerie : sa femme ? sa maman ?
Et puis, assis tout le long de la rangée de chaises longues une brochette de Français en partance aussi pour la Birmanie ou le Vietnam, le nez sur leur tablette.
Deux belles jeunes filles arabes fin leggings coloré et cape de Petit Chaperon Rouge partent peut-être retrouver leur Mère-Grand.
Un monsieur, veste bleue, pantalon bleu, appliques fluo, certainement pas du pays, qui pousse dans un sens et dans l’autre son chariot chargé de produits d’entretien cherchant d’un air soucieux un grain de poussière qui aurait pu lui échapper et qui lui donnerait le plaisir de s’arrêter et de montrer son art du balai.
Les belles hôtesses d’Emirates sont ici dans leur fief, petit calot rouge et voile-écharpe blanche très chic sur le côté, qui guident quelques passagers hésitants.
Des vendeuses du duty free probablement thaïlandaises, impeccablement maquillées, chignon serré, comme un vol d’hirondelles entr’aperçues au coin des Business Lounges.
Sud-Est asiatique, continent indien, pays arabes, Afrique de toutes les couleurs de peau, tout ce petit monde en voyage.
Et la voix douce d’aéroport égrenant au fil des heures les destinations du monde entier : New-York, Téhéran, Singapour, Trivandrum, Hanoï, London Heathrow, Shanghaï…
Je suis en partance pour Yangon, Birmanie et j’attends pendant sept heures ici regardant, somnolant, écrivant la vie artificielle d’un lieu exclu du monde.

samedi 21 février 2015

Une nuit à l’aéroport



Rien de neuf au niveau créativité. On peut déjà connaître « une nuit au musée », « une nuit à l’opéra », « une nuit chez les vampires », etc. L’aéroport c’est un peu la somme de tout ça : les prévoyants et les habitués, souvent les deux à la fois, ceux qui doivent passer la nuit à attendre un vol en sachant que si l’extérieur a une température tropicale, l’intérieur est une vraie glacière et ils prévoient donc une couverture en polaire pour se transformer en momie.
Puis afin d’aider à éloigner stress et fatigue et donner un sommeil paisible, une musique lénifiante à base de piano, xylophone et orchestration douceâtre donne à la perfection cette « musique d’aéroport » permettant de masquer la soufflerie de la climatisation. Quant aux vampires, je reconnais que c’est plus difficile à voir malgré le manque de têtes d’ail mais il y a quelques regards carnassiers qui laissent imaginer des canines proéminentes. Où sont-ce peut-être ceux qui, à l’entrée de l’aéroport, m’ont proposé une nuit d’hôtel pour mille cinq cents roupies puis devant ma négation et mon « too much » baissent sans discuter à mille roupies avec aller-retour en taxi et petit déjeuner inclus. Méfiante, je préfère une nuit blanche à l’aéroport, car qui me dit qu’une fois dans le taxi, j’irai vraiment passer une nuit paisible à l’hôtel ? D’accord, j’ai parfois trop d’imagination mais ma grand-mère m’a toujours répété « prudence est mère de sûreté » et quand on est seule, inutile de chercher l’aventure, elle se présente à vous au quotidien.
Ma nuit commence vers 21 h 30 après avoir quitté rapidement le groupe, le cœur gros, à l’aéroport international et pris la navette pour l’aéroport domestique. Je cherche une place pour m’allonger mais ici que des rangées de chaises avec des accoudoirs métalliques si bien travaillés qu’on ne peut passer ni la tête ni les pieds dessus, dessous ou à travers. Ca devient comme en France pour éviter que les SDF couchent sur les bancs publics ; dans les écoles de design on travaille maintenant sur la recherche de l’inconfort. Quelle société d’égoïstes sommes-nous devenus ?
Pour une position assise un peu plus accueillante je monte au petit café du premier étage, lumière tamisée, personne et je trouve un fauteuil plus enveloppant.
Premier micro-somme qui se termine par l’évacuation obligatoire à 23 h30 pour cause de fermeture.
Je redescends, cherche des places vides et trouve, bonheur ! Quasiment trois rangées inoccupées au bout de l’aéroport. Hop ! Les jambes en l’air sur le sac, la capuche du sweater sur le nez et c’est reparti pour le deuxième micro-somme jusqu’à l’arrivée d’une grande famille indienne, la « joined family » typique : les grands-parents, les deux frères et leurs épouses, leurs bébés. Ce petit monde se pose gentiment à côté de moi, sourires réciproques, nous allons prendre le même avion, c’est bon, si je dors ils me réveilleront pour ne pas manquer le départ.
Le nourrisson grogne à intervalles réguliers pour avoir le sein et se calme aussitôt rassasié. Troisième micro-somme. Et soudain, alors que nous avons passé une semaine en ashrams, chants sacrés, méditation, à 3 h 10 du matin, c’est l’illumination ! Mais… seulement pour la salle d’enregistrement. Tout s’allume brusquement et partout avec cette belle et vaillante lumière artificielle qui est faite pour vous réveiller si par hasard vous aviez eu le bon goût de sommeiller un peu.
Cerise sur le gâteau, mon vol a été retardé jusqu’à 6 h 15, heureusement, je n’ai pas de rendez-vous d’affaires, personne ne m’attend à l’arrivée, la parfaite tranquillité donc. Les comptoirs d’enregistrement s’ouvrent, quelques blondes occidentales passent et repassent en buvant un café, le bébé s’est endormi, la jeune maman aussi. J’écris…

J’enregistre mon sac, 15 kg autorisés, j’en ai 16, ça passe, merci au groupe qui m’a allégée en me prenant quelques vêtements devenus inutiles et superflus. En salle d’embarquement, un écran télé géant diffuse entre deux publicités pour des cheveux soyeux et des boissons sucrées d’horribles extraits de films Bollywood assez sadiques. Les enfants regardent ça les yeux grands ouverts et on va s’étonner de la violence de l’Inde. Gandhi, au secours !
Les charmantes hôtesses de l’air en minijupe bleu-marine filent préparer leurs avions.

Le vol a été reprogrammé pour 6 h 15 mais à 6 h 10, tout le monde est assis, ficelé, et nous partons. Cinq minutes d’avance avec une heure de retard. Cela résume à peu près bien la problématique de l’Inde actuelle mise en image cette semaine par la page de couverture de « The Economist » acheté au kiosque à journaux de l’aéroport de Mumbai. Un éléphant, l’Inde, avec pour bâts, des réacteurs d’avion… et Modi, le Premier Ministre transformé en cornac. Comment va réellement décoller ce pays ?