vendredi 22 février 2019

Guitare, cornemuse et raga au Festival de Jodhpur


Après les frères soufis du Rajasthan, est venu un guitariste argentin virtuose qui nous a régalé : Lautaro Tissera Favaloro, rythme argentin qui nous fait nous envoler du Rajasthan à l'Amérique latine.

pour écouter la guitare de Lautaro..


Dans la foule, le maharajah de Jodhpur est là, incognito et pas loin de moi.. Il a quand même le fauteuil spécial India...
le maharajah de Jodhpur est venu assister au concert
 Après il y a eu un groupe incroyable qui a mis une ambiance de danse et tout le monde s'y est mis ! Musique celtique écossaise, cornemuse, violon, le groupe Rura qui vous donne des fourmis dans les jambes ! vous pouvez écouter leur musique sur la video...
Rura, groupe celtique écossais
même les Sikhs se sont mis à danser !
Le soir, l'ambiance merveilleuse du raga au bord du lac (à suivre)













Darbari Qawwali au Festival à Jodhpur



Au pied de la forteresse de JODHPUR, à l'ombre des murailles
en descendant sur le jardin petit coup d'oeil sur la ville bleue qui s'illumine de soleil
Dans un lieu évidemment magique comme l’Inde sait et peut en offrir débute le World Sacred Spirit Festival à Jodhpur, grande ville du Rajasthan. Deux journées de programme intenses à des prix peu abordables pour la majorité de la population indienne. Mais les riches Indiens cultivés eux, ont répondu présents.

les panneaux du programme du Festival
assis pas loin de moi, le maharajah de Jodhpur quasi incognito
 Les concerts sont tous en plein air, la saison s’y prête, dans des cadres spécifiques et bien choisis soit à l’intérieur du fort de Jodhpur soit tout près pour faciliter les déplacements à pied.

petit aperçu de la foule au petit matin
Le Chowkelao Garden accueille les programmes de la matinée, dont le premier jour, un groupe de musiciens du Rajasthan, un guitariste argentin et même de la cornemuse écossaise ! Le bonheur c’est qu’après avoir écouté ces musiciens, ils mélangent ensuite leur musique, leurs rythmes et c’est une surprise heureuse que de les voir s’écouter réciproquement pour nous offrir des spectacles réellement enthousiasmants !

Darbari Qawwali - Andaaz Brothers, Rajasthan
A dix heures, c’est le moment pour le Darbari Qawwali de s’installer, avec les Andaz Brothers de Jodhpur. Cette famille qui vient originellement de Nagaur une ville proche de Jodhpur est connue pour être un fief de la musique soufie et les traditions séculaires de cette famille se sont conservées.
Cette musique enthousiasme visiblement les Indiens musulmans de l’assemblée et il y a de fins connaisseurs chantant et manifestant leur connaissance du rythme et sont quasiment prêts à entrer en transe.

Il est vrai que pour ma part, au bout d’une demi-heure de chant se produit une sorte de tourbillon au niveau du cœur qui enivre complètement…
Les musiciens et chanteurs maîtrisent avec brio les élans qu’ils veulent donner à la foule et l’ambiance se réchauffe à toute allure mais ne brûle jamais car ils manient aussi bien le retour au calme avant de  ré-enflammer encore et encore les spectateurs pleins de ferveur.

L’art sublime de chauffer la salle avec la ferveur mystique et l’humour. Malheureusement je déplore le manque total de traduction pour les étrangers… Nous aurions pu encore mieux apprécier !




mercredi 13 février 2019

Promenade dans Jaisalmer


Se promener dans cette vieille ville que ce soit à l'intérieur du Fort ou dans la ville basse, est toujours un vrai plaisir pour les yeux et pour le coeur avec les rencontres que nous y faisons. Nous aimons discuter avec les femmes qui prennent le soleil sur le pas des portes, avec les commerçants qui nous alpaguent au passage mais qui finissent par nous offrir une tasse de thé et nous raconter leur vie. Comme "Ali Baba" qui, au mois d'août pendant une terrible pluie de mousson a vu disparaitre trois femmes de sa famille dont la sienne, dont la voiture a été emportée par les flots ! Un vieillard de 90 ans lui a dit qu'il n'avait jamais entendu ça de sa vie... là aussi, changement climatique ?
tous les jours, des groupes jouent aux cartes, une sorte de belote à 3 partenaires
la marchande de légumes de la petite place centrale dans la rue principale

presqu'en face de la pâtisserie qui fait des gâteaux incroyables de couleurs pour
la Saint-Valentin ! Je pense que la tourista est quasi garantie...

Nous discutons, prenons parfois des photos et allons le lendemain leur donner la photo papier tirée chez le photographe... nous avons fait cela avec notre marchande de"biscuits apéritif" faits à la farine de pois chiche et qui nous a fait goûter tout ça avant de lui en acheter.
tout pour l'apéro !

Devant les superbes havelis construites par les riches marchands des caravanes d'épices et d'opium au XIXe siècle, le marchand de marionnettes boit son chaï, thé aux épices et nous montre ses marionnettes "fait maison" qu'il nomme "samedi-dimanche" car elles se retournent de haut en bas et changent de visage et de tenue...

les magnifiques balcons ouvragés en pierre jaune du désert squattés par les pigeons
le marchand de marionnettes boit son thé aux épices
Jaisalmer était la première halte bienvenue pour les caravanes venant du Pakistan et un magnifique caravansérail a été transformé en hôtel, mais ça ne déborde pas d'activité. Un garçon prend le temps de tout nous faire visiter, nous emmène sur la terrasse pour la vue magnifique, et nous montre la piscine, qui, si elle est pour le moins originale n'en est pas moins crasseuse. Dommage pour l'image de marque...
pour faire une petite brasse de princesse du désert...  et ne pas craindre les mycoses
les emplacements pour les dromadaires sont maintenant transformés en café chic
le grand jardin permet une tranquillité appréciée

A la sortie de l'hôtel caravansérail, un énorme zébu occupe la place ! mais il a l'air bien placide. Il faut cependant faire attention dans les petites ruelles car un coup de cornes pour avoir la place pour passer est vite donné !
pour passer, faites le tour...
mais surtout laissez leur la place !

mardi 12 février 2019

Mini safari dans le désert du Thar

vue générale sur la citadelle de Jaisalmer avec ses 99 tours...

Après 18 h de train entre Delhi et Jaisalmer la belle forteresse du désert pas loin de la frontière pakistanaise, nous allons dans notre petite guest-house à l'intérieur du fort, dans une vieille maison traditionnelle, avec juste trois chambres, chez Shiva Café et Guest House. Je connais Shiva depuis de très nombreuses années et c'est toujours un plaisir de le retrouver. Il m'a souvent emmené un peu partout pour me faire découvrir les villages alentour, sa mère, sa sœur puis sa femme et ses enfants... que ce soit en moto ou en jeep.
Cette fois nous partons à quatre en début d'après-midi dans une diagonale du désert entre Kuri et Sam qui sont les deux pôles les plus touristiques autour de Jaisalmer pour faire découvrir le désert du Thar qui est un semi-désert et la promenade à dromadaire. Avec Shiva, pas de souci, ce ne sera pas comme tous ceux qui attendent les touristes à la porte du fort et qui promettent pour le safari le repas de fête, le vin, les danseuses... avec cinquante personnes autour et des tentes parfois climatisées dans un campement bétonné.
dans le village des chameliers une petite fille vient nous présenter sa chevrette

Pour nous ce sera beaucoup plus simple et c'est ce que recherche certaines personnes davantage intéressées par l'authenticité et la tranquillité du désert.

village du désert avec les maisons peintes par les femmes. Petit four pour la cuisine
Après une quarantaine de kilomètres de pistes nous arrivons dans un petit village traditionnel où Shiva retrouve ses copains qui nous attendent avec quatre dromadaires pour deux heures de marche au pas balancé de ces "vaisseaux du désert".
du haut de ma selle, vue de dos...
notre sympathique chamelier vu de face
et les pattes de nos chameaux vues de dessous...
Au bout d'un quart d'heure je décide de descendre de ma bestiole pour marcher et laisser ma place à mon guide. Je me sens mieux sur la terre ferme plutôt que de sentir mes vertèbres lombaires se balancer d'avant en arrière...

Nous faisons une pause à mi-chemin pour ramasser des branches de bois mort et sec pour le feu de ce soir et faire la cuisine tout en laissant nos chameaux faire un petit goûter dans les buissons.
pause à mi-chemin pour ramasser le bois mort


transport du fagot pour la cuisine du soir après la "pause cueillette du bois"
les ombres s'allongent sur le sable, nous sommes bientôt arrivés


Nous arrivons au lieu du campement. Shiva est déjà là avec la jeep et tout le matériel.
la petite hutte des chameliers, et les couvertures derrière la barrière protégeant du sable
Visiblement chaque personne organisant ce genre de safari se partage équitablement les dunes pour que chacun soit invisible aux autres afin de conserver une certaine intimité pour chaque groupe et prendre soin de ce petit bout de désert en évitant de laisser traîner papier et bouteilles en plastique.
préparation du repas

Nous allons faire un tour pour apprécier le soleil qui se couche au-delà des buissons épineux que semblent apprécier nos chameaux entravés pour la nuit. Un magnifique coucher de soleil comme film de 20 heures, c'est quand même mieux que Zemmour...
sur la dune au soleil couchant
la nuit tombe, les chameaux se reposent avant de partir dans la nuit à la recherche de buissons

Les deux chameliers préparent le repas, nous font un petit apéritif avec des pakoras, beignets de légumes délicieux et du thé aux épices. Le feu de bois crépite sous la casserole au fond noirci de fumée et nous dégustons dans la nuit tombée un excellent thali, plateau comportant riz, lentilles, légumes et sauce aux piments verts pour les amateurs ! Comment ont-ils fait pour nous préparer tout ça sur leur petit feu de bois ?

notre repas végétarien, cuit au feu de bois... un vrai régal !
Nous discutons (en anglais) sur les traditions amoureuses et le mariage dans nos cultures respectives, c'est bientôt la Saint-Valentin ! façon de faire passer quelques idées aussi sur l'égalité homme-femme...

Puis nous allons rejoindre nos couvertures et nos duvets qui nous attendent derrière une palissade d'entrelacs de bois et de branchages entourés malheureusement de gros plastique noir mais qui nous évitera cette nuit d'être recouvertes de sable... car le vent souffle, quelques nuages s'alignent mais dès que le croissant de lune disparaît à l'horizon le ciel se dégage et ce sont les milliers d'étoiles qui scintillent dans le ciel profond.
Je sens le vent et l'entend comme des vagues d'un océan lointain qui me berce, vois passer quelques satellites, de petites étoiles filantes, la ceinture d'Orion... mes yeux se ferment malgré moi  mais s'ouvriront encore souvent pour admirer ce spectacle auquel nous n'avons plus droit chez nous à cause de la pollution lumineuse.

Le lendemain, hop dès le matin, lève toi, rien ne sonne... mais le soleil se lève et rosit les dunettes. Petit déjeuner, orange, banane, biscuit et thé nous réchauffe car le fond de l’air est frais. Nous plions les couvertures et l’un des bergers va chercher les chameaux qui avaient pris la poudre d’escampette pendant la nuit.
notre caravane de retour dans la lumière matinale
nous croisons quatre femmes dans le désert, d'où viennent-elles ? où vont-elles ?
c'est le secret de la vie du désert...
Je continue à préférer la marche à pied ce qui me permet de faire quelques photos. Nous retrouvons le village du départ, disons au-revoir à nos guides et reprenons la jeep pour rentrer à l’hôtel.




samedi 9 février 2019

L'Inde encore, une journée à DELHI


Après avoir regardé Wonder Woman dans l’avion me voici prête à affronter l’Inde pour deux mois avec deux amies de longue date avec qui je sais pouvoir rire et chanter et même dessiner, alors que demander de plus ?
Delhi, une des villes les plus polluées du monde… nous avions emporté des masques contre la pollution mais à l’essai de ces becs de canard dans notre chambre d’hôtel et nos fous rires en nous regardant nous ont fait préféré de sortir nez nu. 
la station de métro du quartier
On file à la station de métro acheter notre pass et éviter de faire la queue à chaque fois pour acheter notre jeton, ce qui nous permet de voyager moins cher et de changer de destination si envie…  
devant le Musée National de Delhi, des étudiantes à l'ombre sur les marches
on profite au moins des sculptures à l'extérieur

Petit tour au Musée National par erreur de rickshaw qui s’est arrêté au mot « musée » alors que nous aurions dû dire « galerie » d’art moderne. Mais pour 650 roupies on ne va pas passer du temps à voir des galeries intéressantes qui sont fermées pour cause de rénovation… on rentre et on sort, juste un coup d’œil sur les statues posées sur les pelouses.
du ciel bleu à Delhi, pas étonnant qu'il y ait du monde de partout !
Nous partons à pied, passons par le grand Arc de Triomphe, India Gate, en souvenir de toutes les guerres indiennes et comme c’est samedi il y a foule. C’est vraiment la sortie familiale et il n’y a pas que les marchands de ballon qui font leur chiffre d’affaires.
A Delhi aussi on se fait crayonner le portrait

marchand de ballons, raquettes et autres jeux pour la pelouse


tout ce qu'il faut pour grignoter toute l'après-midi !

ou pour manger tout chaud tout croustillant sur place...

National Gallery of Modern Art
 Enfin, voici la National Gallery of Modern Art. Je me précipite à la librairie pour acheter le petit porte-folio des peintures de Nicolas Roerich, un peintre russe bourlingueur et qui peint l’Himalaya merveilleusement. Mais seules des reproductions très grand format sont disponibles, pas de chance.
Promenade dans les quatre niveaux de ce beau bâtiment moderne, possibilité de prendre tous les tableaux en photo mais uniquement au smartphone, l’appareil photo est strictement interdit, allez savoir pourquoi… et impossible de contrer l’interdiction, les surveillants sont aux aguets ici et refusent même qu’on prenne le bâtiment, uniquement les œuvres. Mais trop tard j’avais déjà pris la photo… Nous en profitons pour voir l'exposition temporaire qui se termine juste sur la Marche du sel de Gandhi avec de nombreux dessins.

Soirée avec un ami indien et nous retrouvons les saveurs des « garlic nan » et des « cheese nan », ces galettes chaudes parfumées à l’ail ou au fromage qui accompagnent nos légumes légèrement épicés.
Ca y est, la rentrée en Inde est faite, welcome in India, ses klaxons, ses foules, ses temples et toutes les aventures à venir !