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jeudi 14 mars 2019

la peinture tribale et les femmes de Hazaribagh


deux peintres au travail sur un panneau bordant la route
Tout a commencé par une promenade autour du lac de Hazaribagh au Jharkhand. Cette ville de trois mille habitants a une belle tradition de peintures murales et le gouvernement a une politique d'aide aux femmes tribales qui peignent. Leur salaire n'est pas grand chose, 500 roupies par jour pour faire quatre panneaux à deux et ceci pendant trois jours. Bien sûr, le dessin n'est pas très recherché, mais il correspond au prix donné à savoir un peu plus de 6 euros... Les couleurs sont fournies mais elles doivent s'occuper de leur hébergement et de leurs repas... Cependant elles sont contentes de peindre et c'est une bonne façon de se faire connaitre aussi, la preuve : nous nous sommes arrêtés pour les regarder et leur parler.

discussion sur la suite à faire..
l'entrée du Sanskriti Museum
Pour en savoir un peu plus nous sommes allés le lendemain au Sanskriti Museum et Art Gallery créé par Justin Imam et sa femme Alka à Hazaribagh. Maison familiale remplie de trésors archéologiques et de peintures tribales.

la maison familiale transformée en immense musée
Un trésor patrimonial amassé au fil des ans et avec passion par son père, ses frères et lui. Une bibliothèque incroyable avec de nombreux ouvrages écrits par son père Bulu Imam et lui même. Ou comment comprendre que le Jharkhand est vraiment une région passionnante à découvrir !
A acheter par internet... une belle découverte du Jharkhand

Le lendemain nous partons à la découverte d'un village dans le "block" de Barkagaon, Jorakath, où de nombreuses maisons sont décorées avec des peintures traditionnelles Khovar. De Kho, caverne et var : couple de mariés. Khovar est un mot qui se réfère à la peinture rupestre des abris préhistoriques d'environ dix mille ans avant JC.

petit aperçu d'un petit coin de la grande salle de la maison-musée
explication de la peinture Khovar
dans la cour intérieure d'une maison

Les femmes se font un réel plaisir de nous montrer leurs réalisations, les murs extérieurs et également intérieurs, tous peints avec cette technique particulière : un fond noir grâce au manganèse, on laisse sécher, puis une couche de kaolin et avec un peigne en bambou ou les quatre doigts de la main, on trace le dessin en faisant réapparaitre le noir du dessous.

le paon, animal qui porte bonheur



Elles font également des tentures ou couvertures brodées, les ledra, qui servent à tenir chaud au bébé pendant la saison froide. Les motifs sont toujours liés à la nature et aux animaux.

De belles découvertes dans ce petit village bien loin de tout avec une longue route à peine carrossable. Le Jharkhand n'a pas fini de nous étonner !

samedi 7 janvier 2017

Phnom Penh insolite : le street art

Parties pour visiter le Palais Royal, nous apprenons qu'il est fermé et n'ouvrira qu'à 14 h ce samedi. Alors nous allons à la découverte d'un quartier inconnu des touristes situé entre la mosquée et l'hôpital Calmette pour celles et ceux qui auraient des envies (et le temps !) de la découverte.

D'abord la mosquée située en bordure d'un lac : Boeung Kak, autour duquel fleurissait une couronne de guesthouses qui faisaient prospérer tout le quartier avec les routards et les touristes.
la mosquée de Phnom Penh (au Cambodge : 2,1 % de musulmans), et oui le minaret
de droite penche un peu sur la gauche, ce n'est pas que la photo...
l'intérieur de la mosquée où nous avons été gentiment invitées à entrer
la nouvelle prière musulmane à la mode ici car ils étaient couchés pour la plupart
en train de regarder leur téléphone mobile ! Pas d'intégrisme ici !
Et puis à partir de 2007 un plan d'aménagement urbain fait que le lac est asséché, ensablé pour satisfaire la gourmandise des promoteurs immobiliers qui rêvaient d'immeubles de luxe en plein centre de la ville. Mobilisation de la population, répression brutale, déplacements des populations. Mais le terrain est instable et trop meuble. La ville a maintenant dressé un mur, encore un ! autour de cette immensité sablée.
Mais le quartier revit sous l'impulsion d'un couple franco-khmer qui a invité des graffeurs internationaux à peindre sur les murs et qui a animé des ateliers avec les enfants du quartier.
Nous n'avons pas tout vu, juste une petite partie de cette zone qui a l'air squattée par des gens bien pauvres, qui ne prennent guère soin des peintures, et dont certains immeubles sont complètement laissés à l'abandon.
Un immeuble qui a dû avoir son heure de gloire et qui n'est défendu que par un dragon bleu
l'autre face de l'immeuble avec quelques superbes dessins
Le long d'un mur déjà envahi par les herbes et quelques pots où les plantes ont dû être bien soignées il y a longtemps, de jolis portraits d'artistes connus :

pour les connaisseurs l'artiste est SETH


Tout un joli pan de mur à moitié écroulé mais où subsistent encore de beaux dessins
Mais de l'autre côté, en face de ce mur coloré, des bouts de bois et de tissus accrochés où logeait une jeune fille enceinte avec déjà un bébé couché sur le ciment...

il est sûr qu'il y a des lieux qu'on aimerait mieux voir disparaître...
Il faut parfois s'aventurer dans de petites ruelles pour trouver des portraits cachés



il faut aller les chercher ces portraits sympathiques, sur des bouts de murs, derrière
des terrains vagues où stationnent maintenant quelques voiturettes restaurant les
habitants du quartier.






des tableaux devant des tas d'ordures, ou un étendage à linge...
ou des motos tranquillement garées devant.



insolite aussi : le service de sécurité vigipirate en état d'alerte maximum !
mais je tairais l'administration.

et pour finir ce tableau, ceci pour redonner courage et espoir en ce début d'année :

même caché, il bat pour le monde.