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mardi 31 octobre 2017

Orissa : suivre le soleil


Nous avons suivi le Soleil, cela s’est imposé comme une évidence. Nous étions au Jharkhand pour la fête de Chhath où a été vénéré, remercié, célébré le soleil couchant et le soleil levant. Il ne nous restait plus qu’à aller directement rencontrer le Soleil dans son Temple : celui de Konarak en Orissa (ici on dit Konark en Odisha).
De Ranchi la capitale du Jharkhand part un train direct pour la capitale de l’Orissa : Bhubaneshwar. Trajet de 13 heures tranquilles en train de nuit pour faire… 629 km. Il faut savoir prendre son temps pour approcher l’astre solaire !

A Bhubaneshwar, premier jour pour visiter la ville et aller faire le tour du temple absolument grandiose mais interdit aux non-hindous : celui de Lingaraja. Shiva et Vishnu y sont vénérés sous la forme de Harihara. Le temple a été construit autour de 1100 mais des parties datent du VIe siècle et c’est un lieu de pèlerinage important. Bien sûr, frustrées de la vision des dieux et déesses foisonnant à l’intérieur du temple nous n’avons pu prendre en photo que l’amalaka du temple, à savoir la flèche de Rama, adorateur de Shiva.
la flèche de Rama et ses drapeaux flottants
 Nous nous sommes rattrapées sur les petits temples annexes jouxtant le grand temple, bien entouré de murailles elles-mêmes ficelées de barbelés tout neufs. Ce qui fait bizarre dans le paysage, on se croit en temps de guerre…

Franchement ça n'arrange pas la vue...
bon, le lampadaire, ça n'arrange ni la photo ni le bâtiment... encore quelques efforts à faire
pour la conservation du patrimoine !
à côté du grand temple, de tous petits temples perdus dans un peu de nature

avec quelques belles sculptures
Nous avons terminé la journée dans les grottes d’Udayagiri et Khandagiri, dorées par le soleil couchant.

vue des grottes d'Ugayagiri depuis la colline de Khandagiri
l'entrée des grottes d'Udayagiri
C’est l’un des premiers groupes de grottes naturelles et taillées par l'homme, servant d'abris à des moines jaïns. Ce site du IIe siècle av. J.-C., presque contemporain de celui de Sanchi (Madhya Pradesh), est situé sur Udayagiri Hill, " la colline de l'aube ", et Khandagiri Hill, " la colline cassée ". De jolis jardins, bien entretenus et habités par des petits farceurs de singes langurs, entourent les grottes. Les touristes indiens s’y pressent nombreux et n’hésitent pas à gâcher le plaisir de la vue par les papiers gras et bouteilles de plastique vides. La compréhension de ce qu’est le respect du patrimoine est encore bien loin d’être entrée dans les mœurs.
la vue sur Bhubaneshwar

Udayagiri
Cette colline, la plus intéressante des deux, compte 18 grottes. Les plus remarquables sont :
Grotte 1 : Rani Gumpha. La plus grande et la plus populaire des grottes. Sur deux étages, on peut y admirer des sculptures intéressantes relatant la vie de l'époque ainsi que des piliers ornés de symboles jaïns.
Rani Gumpha
Grotte 10 : Ganesha Gumpha. Deux statues d'éléphants à l'entrée, un Ganesh sculpté dans la pierre dans la cellule de droite et des scènes de l'histoire royale.
celle-ci serait datée d'un siècle avant JC
 Grotte 14 : Hathi Gumpha. Les inscriptions présentes dans la " grotte de l'éléphant " sont la source principale de l'histoire de Kharavela, alors souverain de l'Empire s'étirant de la côte Est au sud de l'Inde. 
 
la grotte du tigre, la gueule grande ouverte
Grotte 12 : Vyaghra Gumpha. La grotte du tigre.

il y a des papas photographes qui font des efforts de mise en scène...
Khandarigi vue d'Ugayagiri
Khandagiri
Cette colline fait face à celle d'Udayagiri. On y dénombre 15 grottes. A son sommet se trouve un magnifique temple Jaïn bâti au XVIIIe

Et demain, grande journée à Konarak, temple du Soleil !

vendredi 27 janvier 2017

De bus en moto, de Siem Reap à Preah Vihear



pendant que je tape, Béa dessine et fait le carnet de voyage, gros travail !
le trajet que nous avons fait...
Siem Reap, sept heures du matin, un bus passe nous prendre à notre guest-house pour nous emmener dans un autre bus, direction Sra Em, au nord du Cambodge (et sympa le ramassage pour que le bus parte à l’heure !)
Nous voulons aller visiter le grand temple de Preah Vihear, patrimoine mondial de l’Unesco, quand même ! Ca vaut le coup de prendre le temps d’un détour. Temple dédié à Shiva et construit entre le 9e et le 11e siècle. Lieu perdu à la frontière entre Cambodge et Thaïlande où vont bien peu de touristes. Nous avons pu trouver un bus qui s’arrête à Sra Em, à une trentaine de km du temple.
Passage dans le second bus, nous prenons nos sièges réservés, nous faisons le tour de la ville pour récupérer d’autres touristes, un peu surprises quand même de voir tout ce monde aller dans ce trou perdu. Départ, la route est large et belle, bien goudronnée, nous nous endormons. Soudain Béa me dit «Welcome to Kompong Thom ? fais voir la carte ! »
Kompong Thom se trouve à 150 km au sud-est de Siem Reap et nous devrions à cette heure ci nous trouver complètement au nord ! Je file voir le chauffeur, pas au courant de ces deux personnes qui doivent aller à Sra Em… Mais au Cambodge, c’est comme en Inde, c’est toujours « no problem ». Coup de fil du chauffeur, arrêt à la gare routière de Kompong Thom, transfert de nos sacs dans le bus d’à côté qui nous attend pour partir, même pas le temps de passer par les toilettes, et hop c’est reparti vers le nord dans le bus qui fait la ligne Phnom Penh-Anlong Veng et qui passe bien par Sra Em. Juste que le bureau qui nous a délivré les billets ne nous a rien dit sur ce changement de bus, ni qu’il n’y avait pas de bus en ligne directe à partir de Siem Reap. Heureusement que Béa s’est réveillée au bon moment et a vu ce panneau écrit en anglais, ce qui est plutôt rare ici.
Nouveau bus, celui-ci c’est du local, avec les gros sacs, les cartons et plein de bazar derrière, des familles, des bébés au sein, des assiettes de riz et des bananes pour la route.

et même une chaise dactylo que l'aide-chauffeur-porteur-mécano aide à descendre

Deux pannes, chaque fois comme si on heurtait une voiture… le bus prend son temps pour s’arrêter, et tourne ses roues complètement vers la gauche. L’aide chauffeur qui fait aussi le porteur de bagages est aussi mécano et file sous le bus. Tout le monde descend, cherche un peu d’ombre et attend tranquillement. Quand le petit mécano ressort les mains pleines de cambouis nous pouvons repartir, jusqu’au prochain choc…
 1re panne, arrêt bien trouvé devant un bistrot avec de l'ombre.
devant séchage de tarots coupés en morceaux, séchés au soleil puis pour l'utilisation
en soupe ou avec d'autres légumes, réhydraté.

l'aide chauffeur sous le bus, le chauffeur coincé dans la roue, mais visiblement
ils savent comment réparer !

A 16 heures le bus dépose deux touristes françaises au grand rond-point de Sra Em et repart aussitôt. 
le grand rond-point de Sra Em, propre et fleuri....
Comme partout aux arrêts de bus, il y a toujours des gens qui attendent les touristes. Ici ce sont deux jeunes en moto qui vont nous trouver une guest-house, prennent nos sacs sur la moto, nous derrière et c’est parti. Pour mille riels chacune (0,20 €) nous avons chauffeur, porteur et chambre confortable et climatisée pour 15 SD. Pourquoi se soucier des choses, tout vient à point ! 
notre guest-house comfortable à 200 mètres du rond-point

Les deux jeunes se proposent de nous emmener au temple le lendemain matin en moto-dop ce qui veut dire une moto avec une touriste derrière. De toute façon pas d’autre choix sauf le taxi mais ce n’est pas dans notre budget. 25 USD pour nous transporter aller-retour toutes les deux, 10 USD par personne pour l’entrée sur le site du temple, 5 USD pour éviter l’heure d’escaliers pour monter au temple en prenant une moto spéciale pour faire la côte parfois à plus de 20 % afin d’accéder au sommet de la colline. Cette fois pas le temps de marcher nous voulons repartir cette après-midi. Donc ce sera de la moto, prévoir une bonne demi-heure de Sra Em jusqu'au lieu officiel et bien organisé pour accueillir les touristes : parking, achat du billet pour les étrangers, bureau pour la location de la moto avec chauffeur  (sans casque bien sûr) pour monter la colline, environ vingt minutes de route goudronnée, puis bien cimentée, juste les derniers mètres un peu rock and roll et gymkana, mais ça tient !

vue depuis le temple sur l'accès: parking, billetterie, à partir de la route de Sra Em
 Nous arrivons sur les lieux vers 8 h 30, il y a pour l’instant plus de militaires et de gardiens que de touristes, nous sommes quasiment seules sur les lieux, les touristes arriveront plutôt à l’heure de notre départ vers 10 h 30.

les escaliers d'entrée monumentaux
escaliers gardés par les nagas, grands serpents à 7 têtes
Nous nous régalons de parcourir ces vastes allées dallées de pierres gigantesques en pleine nature avec un paysage grandiose ; le temple possède de très belles sculptures, deux bibliothèques, des sanctuaires, des gopuras. On se plait à s’imaginer ce que pouvait être la vie il y a mille ans ici !

le barattage de la mer de lait sur la gopura du 3e niveau, une merveille tirée d'une
légende hindoue
linteau et fronton sculptés d'une des deux bibliothèques
Des travaux de rénovation sont en cours mais des éboulements gigantesques laissent prévoir que tout restera tel quel dans certains endroits car le puzzle est impossible à faire.
des chaos de pierres, monumental puzzle de milliers de pièces de plusieurs tonnes
la vue sur les montagnes depuis une des terrasses du temple
Et au retour, Béa irrésistible avec sa nouvelle coupe de cheveux, et bien son pilote de moto lui a fait le coup de la panne ! mais bon, chaîne cassée et mains pleines de cambouis ce n'est pas très romantique. Alors la belle a chevauché ma moto et nous sommes rentrés à trois (toujours sans casque) ! Ah ! quand on a envie d'aventure, il n'y a pas d'âge. En tout cas nous nous amusons bien !

Informations pratiques
Sur le temple  : cliquer ici 
Compagnie de bus : Liang U.S Express Bus, à Siem Reap téléphone : :092 88 11 83, 088 621 75 75
billet de bus de Siem Reap à Sra Em : 12 USD par personne mais qui fait Siem Reap-Kompong Thom (changement de bus)-Sra Em
A Sra Em, selon nos repérages,  il doit y avoir trois bonnes guest-houses avec je pense des prix quasi identiques : 10 USD la chambre double avec ventilateur et 15 USD la chambre double avec climatisation
Visite du temple de Preah Vihear : 10 USD par personne pour les touristes étrangers
Moto pour monter au temple : 5 USD par personne par moto, 25 USD pour un pick-up maxi 6 personnes.
Moto-dop : prix négociable : on a payé 12,5 USD par personne aller-retour
Pilote de moto à contacter : Kim Sang 097 858 78 55 et parle un peu anglais.

Taxi possible également avec le même.
Etat des routes : de Sra Em au parking bureau d'entrée  : belle route goudronnée impeccable
du parking au temple : route goudronnée, puis route bétonnée, puis dernier tout petit tronçon en chemin non carrossable.

Ce temple a fait l'objet de disputes et d'interventions armées entre Thaïlande et Cambodge pendant des années et a même fait des morts et des blessés. Pour plus d'informations voir l'article de Wikipedia

Aujourd'hui on accède facilement au temple côté cambodgien, un poste militaire est toujours installé au sommet et le site est bien surveillé. Côté Thaïlande : on peut venir visiter le temple sans visa en faisant l'aller-retour dans la journée. Mais mieux vaut se renseigner au poste frontière de la Thaïlande.
C'est le même accès au temple qu'on arrive par la Thaïlande ou le Cambodge.

dessins de Béa








mercredi 25 février 2015

Dessin, Nandi à Ellora

Dans les grottes d'Ellora, j'ai passé un bon moment dans cette grotte, tranquille et sombre à tenir compagnie au taureau Nandi, le véhicule de Shiva.
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dimanche 8 février 2015

Tiruvannamalai, le prix du regard

Tiruvannamalai est une petite ville du Tamil Nadu dans le sud-est de l'Inde et est connu pour l'ashram de Ramana Maharshi, grand sage indien. En 1896, à l’âge de seize ans, il défia la Mort au moyen d’une investigation pénétrante sur l’origine de son être. Connu plus tard sous le nom de Bhagavan Shri Ramana Maharshi, il ouvrit une voie directe à la quête du Soi et révéla à l’humanité l’immense puissance de la Colline sacrée d’Arunachala, le cœur spirituel du monde, qui est Shiva lui-même. Etudiez Ses enseignements, allez à la découverte de Son Ashram, et profitez des enregistrements audio et vidéo qui se trouvent ici.
A l'ashram de Ramana, un paon sur le rebord de la grande salle du samadhi
et dans le fond la montagne sacrée d'Arunachala
Donc pour tout vous avouer, c'est un lieu absolument magique, beaucoup de monde s'y trouve actuellement, de nombreux occidentaux bien sûr mais de très nombreux Indiens également. Je n'avais encore jamais vu autant de monde... Mais nous étions un dimanche ce qui s'explique aussi.
Il y a beaucoup de sainteté dans cette petite ville de 145 mille habitants, bien des personnes qui donnent des "darshans" (terme de l'hindouisme qui signifie « vision du divin », « être en présence de la divinité » ou encore « vision de l'idole dans le sanctuaire d'un temple »), il y a des affiches collées un peu partout pour annoncer des stages, la venue d'Untel ou d'Unetelle pour vous faire accéder au divin, un peu le supermarché villageois de la prise de conscience du Soi...
la maison de Sri Siva Shakti Ammaiyar
Après le petit déjeuner nous allons tranquillement à un darshan très fréquenté, celui de Sri Siva Shakti Ammaiyar, dit Amma la silencieuse.(photo de son site)
Pendant une vingtaine de minutes, elle regarde ceux qui sont venus la voir et sentir son énergie (puissante). Elle ne fait que ça, elle arrive, regarde chacun puis s'en va.
En arrivant, une des personnes qui fait partie de son entourage, nous dit, voyant un groupe d'occidentaux, si vous voulez, vous pouvez avoir un darshan privé après. Quelle aubaine ! bien sûr que nous voulons en profiter. Donc à la fin du darshan public, nous montons à l'étage et le monsieur s'approche de nous avec un gros cahier ouvert et nous dit : c'est 4 000 roupies par personne. Ah ? on ne savait pas que c'était payant (à vrai dire on s'en doutait un peu mais quand même pas ce prix là, plus de 60 euros par personne pour voir la dame quelques minutes de plus, ça fait un peu cher la minute, quand même... et je dis à ce cher monsieur que je n'ai pas envie de mélanger l'Amour et l'argent. Là il descend à 3 000 roupies mais non, choqués nous redescendons les escaliers, tout en comprenant bien que l'ashram doit vivre, mais quand même. Nous pensons que Amma ne doit même pas être au courant de ce type de spéculation sur le prix de son regard...

L'après-midi nous montons aux grottes où Ramana a médité des années durant, la première, Skandasramam est un joli ermitage ombragé et situé sur la colline surplombant le Grand Temple où Bhagavan vivait de 1916 à 1922.
L'arrivée à la seconde grotte de Virupaksha
La seconde grotte se trouve en-dessous de la première et on y accède par un beau chemin de descente avec de larges pierres. Cette grotte de Virupaksha a la forme d’un  OM et contient le samadhi du Sage Virupaksha. Bhagavan. Shri Ramana vivait ici de 1899 à 1916.  Les deux grottes sont des sites historiques préservés et maintenus par Shri Ramanasramama, qui le fait au bénéfice des visiteurs.

Les grottes fermant à 16 h 30 nous continuons le chemin de descente pour visiter le grand temple d'Arunachaleswar, construit entre le IXe et le XVe siècle.
L'entrée du grand temple de Tiruvannamalai
Notre guide est un passionné de ce temple et nous fait passer d'une enceinte à l'autre, nous expliquant l'origine des bâtiments, ici l'un comportant 1008 colonnes et destiné à l'apprentissage de la danse classique et de la musique pour les filles pauvres qui n'étaient pas mariées à 24 ans (âge complètement rédhibitoire dans l'Inde d'avant pour continuer de penser qu'on pouvait se trouver un mari). Un autre, plus loin, avec 108 colonnes était réservé pour les filles de familles riches. Il arrivait aussi que certaines ne soient pas mariées à 24 ans mais étaient bien moins nombreuses si on se réfère au nombre de colonnes !
Ces jeunes femmes devenaient des danseuses dédiées à Shiva, au temple (et bien souvent aux brahmanes du temple).
Le grand temple vu du chemin en montant à la première grotte
Nous admirons dans un petit temple dédié au yoga, les 44 positions de danse du dieu Shiva-Nataraja sous forme de peintures, nous évitons la gigantesque queue des fidèles qui attendent pour voir le Shiva Lingam dans le Saint des Saints au moment de la puja du soir, cérémonie d'offrande qui rend hommage à la divinité, ici Shiva. Le Lingam a une signification exotérique et une autre ésotérique. L'ignorant vénère Shiva comme une image, une marque, ce qui est l’un des sens du mot Lingam, mais le Sage scrute l'Invisible qui est Shiva Lui-même.Notre guide voudrait bien nous donner tous les tuyaux pour faire baisser notre mental et nous faire concevoir que nous ne sommes que Lumière... Il insiste beaucoup sur le fait de : comment savoir utiliser ce temple de la bonne façon et c'est passionnant.
ce qui est aussi passionnant c'est de regarder les ouvriers sur l'échafaudage
d'une des tours en réparation (payée par les Allemands car le dernier grand
sage de Tiruvannamalai était un Allemand...)
A 19 h il fait grand nuit, nous récupérons nos chaussures à la sortie en se promettant d'y revenir demain après-midi, mais demain est un autre jour !