mardi 24 octobre 2023

Les jeunes filles en herbe

 En quittant Ahmedabad, de nombreuses processions arrivent un peu de toutes parts. Les femmes et les jeunes filles portent sur leur tête un pot dans lequel elles ont mis à pousser de l'herbe il y a environ une semaine  et elle est maintenant bien drue. Auparavant cette fête était réservée aux jeunes filles à marier, mais maintenant toutes les filles, même petites, ainsi que les femmes plus âgées, font partie de la procession. Bonne occasion de sortir ensemble. 

Ce doit être une fête liée à des communautés et à la fête de Navaratri (les neuf jours de la déesse Durga) qui ont lieu en ce moment du 15 au 24 octobre. Peut-être pour fêter le dernier jour...

Elles vont porter tous ces pots à la rivière, mais comme maintenant il est interdit de polluer, il y a des bassins particuliers pour mettre toutes ces offrandes.




LA PHOTO DU JOUR

 Aujourd'hui nous sommes sur la route et qui sait ce que nous allons découvrir au bout (en espérant un logement avec qui sait ? la wifi ! Et oui, ce petit mot magique qui fait que nous pouvons correspondre !

en tout cas hier sur la route nous avons fait une rencontre originale, non, ce n'était pas un troupeau de vaches traversant l'autoroute, ça devient d'un banal... ni les biquettes mangeant les quelques bosquets au milieu de la route, mais un éléphant pépère au milieu du centre ville... 



lundi 23 octobre 2023

AHMEDABAD, arrivée au Gujarat

 Nous y voilà maintenant dans ce Gujarat attendu... il reste encore des articles à écrire en suspens. Nous partons pour des zones tribales autour d'Ahmedabad, donc l'aventure !

En attendant, quelques photos de notre journée :

un magnifique puits à degrés, qu'on appelle ici "baoli"
et qui permet à la nouvelle vague des jeunes Indiens
de faire des photos qui tranchent sur la rigidité traditionnelle !


Adalaj : le plus bel ensemble de réservoir d'eau
du Gujarat


Hutheesingh : Très beau temple jaïn de marbre blanc   

l'ashram de Gandhi


samedi 21 octobre 2023

Bonne journée, en attendant la suite !

J'ai de gros soucis pour mettre le blog à jour car nous n'avons pas internet sur notre lieu de séjour...  donc un peu de patience car nous devons nous déplacer pour trouver un café ou un restaurant qui a la wifi...
 

vendredi 20 octobre 2023

L’association Guria India.

Vendredi 20 octobre 2023



Grâce à notre discussion hier avec Céline, une infirmière qui tient un dispensaire à Bénarès, nous allons voir l’association Guria India qui s’occupe aussi des questions de trafic sexuel sur Varanasi.

Le rickshaw trouve assez facilement une maison dans une petite ruelle. On nous fait entrer, visiblement la maison est bien surveillée et Mi me fait remarquer les caméras video.

Nous commençons à dire pourquoi nous sommes ici, nous attendons un peu dans l’entrée, puis on nous fait entrer dans le bureau du directeur. 

Dans le couloir des piles impressionnantes de dossiers prêts à partir en Cour de Justice et il faut se faufiler entre les piles pour entrer dans le bureau. Il arrive, en coup de vent, sans même se présenter, nous commençons à discuter. Il ne pourra pas rester longtemps car il a une crémation, et nous, devons prendre le déjeuner avec le Dr Tulsi à 13 h au centre Deva.

Pas de langue de bois, il va droit au but, il est là pour s'occuper de sauver des enfants et faire punir les trafiquants. C'est, après la drogue, le deuxième fléau dans le monde et on commence seulement à en parler

Une petite introduction pour se présenter rapidement et nous comprenons vite que ce travail de sauvetage des filles est toute sa vie, il est marié avec une femme de la même envergure, et leur fille a accepté les conditions de vie drastiques que lui font mener des parents militants, cible de nombreux opposants, que ce soit du côté du gouvernement, de la police, de la justice ou de la mafia des trafiquants. A savoir qu’elle ne sort jamais seule, qu’elle a été à l’école jusqu’à la primaire mais qu’ensuite elle a tout fait à la maison, par internet ou avec des professeurs particuliers. Elle prépare un diplôme en chant classique, et chante pour les enfants (kidnappés puis récupérés) de l’école que ses parents ont mis en place et que nous irons voir demain.

De 10 h à 11 h environ Ajeet le directeur nous explique l’action de Guria et comment il se bagarre pour récupérer des filles victimes de ce trafic et qui se retrouvent prostituées dans différents endroits de l’Inde, les trafiquants déplaçant les filles dans des lieux dont elles ne connaissent ni la culture ni la langue. Elles viennent du Népal et du Ouest-Bengale principalement. Il nous explique le système pour faire passer facilement la frontière aux filles népalaises sans qu’elles soient contrôlées, et pour la plupart des autres, c’est une connaissance ou un « bureau de recrutement » qui vient leur proposer un travail bien payé dans une grande ville. L’attrait de l’argent que va pouvoir gagner la fille et dont ils auront des retombées, éloignent tous les soupçons, s’ils pouvaient toutefois en avoir. Les filles sont déplacées sur Mumbai, Goa, Hyderabad, le Tamil Nadu.

Le gros problème est l’après. Lorsque l’association arrive à récupérer et sauver des filles, elle les met à l’abri jusqu’au procès, ce qui peut durer des mois ou des années, le procès n’étant intenté que si l’association est certaine que les trafiquants auront une lourde peine de prison et ne pourront plus récupérer les filles. Pour les filles il est difficile de retourner à la maison à cause de la mentalité qui fait que l’opprobre rejaillit sur toute la famille si on sait que la fille a été une prostituée. De nombreux parents rejettent leur fille. Si les parents acceptent la situation et sont solidaires de leur fille, toute la famille est alors protégée, sinon l’enfant est placé dans une maison d’accueil.

Une fois Ajeet parti, c’est un de ses collègues qui nous commentent un document sur ordinateur qui explique tout le travail de l’association. Pour les personnes intéressées nous avons pu enregistrer les conversations. Nous pouvons également indiquer des liens pour des documents sur internet sur demande.

Nous partons à midi 30 et nous arrivons pile à 13 h au centre Deva du Dr Tulsi grâce aux feux verts bien coordonnés tout le long du chemin !

Nous continuons la discussion avec le Dr Tulsi, psychiatre, qui nous donne encore d’autres éléments de réflexion et qui se dit prêt à collaborer avec des ONG internationales qui s’occupent du sujet.

Cela fait des années que je connais le Dr Tulsi qui fait un travail admirable avec les enfants et les adultes handicapés mentaux. Voir le site : https://deva-europe.org/

Rude journée... heureusement le Gange est là. Nous n'avons pas faim après tout ce que nous avons entendu... une pomme et au lit !

Les petites bougies de l'espoir sont toujours là sur le
fleuve, même coincées entre les barques...


 

 

Les grands arrangements pour touristes au temple de Shiva à Bénarès

 Voir auparavant l'article publié le 28 mars 2019 sur le nouveau plan d'embellissement qui détruit les vieux quartiers de Varanasi entre le temple du Népal et le temple d'Or ou Vishwanath Temple

 Après notre rencontre passionnante avec une association de Bénarès qui se consacre uniquement au problème du trafic des filles et de leur sauvetage (le compte-rendu est en cours de rédaction), nous décidons avec Mi d'aller voir ce que sont devenues toutes ces maisons massacrées il y a quatre ans pour que les touristes puissent aller directement du Gange au temple d'Or.

Nous arrivons dans le nouveau quartier du temple, entièrement dégagé, après démolition de 678 maisons et de toutes ces ruelles minuscules et bourrées de boutiques diverses. Pour cela voir mon blog en avril 2019 qui montrent ces démolitions depuis le Gange jusqu’au temple. Maintenant tout est magnifiquement aménagé, propre, organisé et il est impossible de reconnaître le quartier. Vous pouvez voir encore sur le lien de Vikipedia une ancienne photo montrant une de ces petites ruelles si typiques du quartier.

Voici donc maintenant cet aménagement grandiose, bien aménagé (avec de belles toilettes !), une galerie marchande et de quoi accueillir une foule dense !

 

la belle galerie marchande

il reste encore des petits bouts de ruines qui traînent
sur les côtés


l'arrivée sur le Gange est assez grandiose !

ainsi que l'arrivée sur le temple d'Or

la promenade est parsemée de quelques temples
sauvés de la démolition


l'arrivée sur les ghats montre une belle esplanade bordant
le fleuve, dégagée et très propre


Nous revenons ensuite à la maison en longeant tous les ghats où le monde se presse car il est bientôt l’heure de l’arati, les grandes cérémonies d’offrande des éléments (eau, feu, air, terre) à la déesse Ganga. 

 

tous les soirs la foule des touristes se presse pour
les différents aratis qui ont lieu sur les ghats


Nous avons, en plus de la foule, quelques difficultés pour avancer à cause de tous ceux qui travaillent à débarrasser les escaliers de leur gangue de terre apportée par le fleuve lors de la mousson.

 

et lui travaillait juste en dessous de notre logement
jusqu'à plus de 22 heures pour dégager toute la
boue accumulée par la dernière crue de mousson
Photo Mi


Ils dégagent des tonnes de glaise à coup de puissants jets d’eau et il faut arriver à traverser tous ces petits ruisseaux pleins de terre, s’en mettre plein les chaussures en éviter de glisser, alors que Mi s’est fait cirer les pompes juste avant ! (au sens propre!)

 Le soir jusqu’à 20 h la circulation sur la Gange est infernale, les barques à moteur pétaradent, les gros bateaux à étage qui emmènent des groupes parfois énormes, passent illuminés comme des arbres de Noël, parfois avec de la musique à bord et même des feux d’artifice.

Les ghats sont un vrai boulevard, pour les jeunes indiens du quartier qui se défoulent, pour les touristes babacool qui jouent de la musique, pour les autres qui font du yogamobile à savoir qu’ils sont assis sur les marches et passent leur temps à regarder leur téléphone. C’est la nouvelle méditation au bord du fleuve...

photo Mi

 


mardi 17 octobre 2023

Après la pluie, le beau temps

Ce mardi 17 octobre, nous sommes au grand temple à 6 heures du matin, là où il se passe toujours quelque chose !
l'arrivée au petit matin au grand temple
Effectivement, nous n'avons pas commencé notre circumambulation (tour qu'on fait en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre autour du temple principal) que nous entendons gronder, les nuages virent au noir et la pluie commence à tomber. Nous nous précipitons doucement, à cause du sol en marbre qui, mouillé, est un vrai toboggan, vers une zone abritée déjà fort occupée.

On se croirait presque dans le métro du matin sauf que là ce ne sont quasiment que des moines. 

 

Nous attendons tranquillement la fin de l'ondée, nous reprenons notre tour pendant que certains commencent à balayer l'eau de partout afin que toutes les communautés présentes puissent s'asseoir et chanter. 

 

Quelques images d'après la pluie, puis la reprise des mantras une fois que tout a été balayé, séché, les plastiques ajoutés, les tapis remis. 

 

Après la pluie...

Les moines se sont tous réinstallés par pays (et par couleur aussi !)

 
Une femme distribue des enveloppes
avec de l'argent à chaque moine

Chacun a eu droit à une boite de gâteaux donnée par une des communautés. Sont représentés le Sri Lanka, la Thaïlande, la Birmanie (des petites nonnes très jeunes tout en rose), la Corée du Sud, l'Inde bien sûr, le Vietnam. 

 

En Birmanie, tous les enfants de moins de 18 ans, filles et garçons doivent
faire un séjour en monastère pour leur éducation.


Nous nous disons que les boites de gâteaux iraient mieux dans l'estomac des enfants tout nus qui dorment sur le trottoir tout autour du temple. S'y presse une quantité de familles logeant juste sous une toile coincée par de grosses pierres, parfois sans rien du tout ; et là, oui, c'est difficile d'accepter cette immense dénuement face à tout ce que nous voyons dans le temple, les énormes coupes de fruits, les kilos de paquets de biscuits, les magnifiques bouquets de fleurs. 

Un petit garçon ramassant les déchets plastiques
et carton pour les revendre.
En France au moins 2822 enfants dont 700 de moins de 3 ans
sont dans la rue aussi !
 

Nous laissons les chants et les divers rituels de chaque communauté pour aller voir une Française, Dominique, qui s'occupe d'une école juste à côté de notre guest-house. C'est une toute petite école de quartier, mais Dominique n'est plus là, elle est dans une nouvelle école un peu plus loin. Nous trouvons un magnifique immeuble tout neuf avec 730 élèves en train de passer leur examen trimestriel. Nous discutons avec les responsables sur le modèle éducatif dans cet état du Bihar, le plus pauvre de l'Inde, où un enfant est kidnappé toutes les demi-heures ! (oui, nous avons bien fait répéter plusieurs fois tellement ça nous semblait ahurissant !). Ces enfants servent d'esclaves que ce soit pour le travail dans des ateliers divers (fabrique de bracelets, de masques), soit pour le trafic sexuel, soit éventuellement pour leurs organes. Et là, le directeur nous confirme exactement la même chose que pour le Jharkhand : aucune famille ne porte plainte pour les disparitions à la police, les parents supportent et ne disent rien à cause de la peur, des représailles possibles et tout particulièrement si ce sont des filles qui disparaissent.

Une fois de plus nous voyons que l'éducation est un moyen magistral pour pouvoir sortir de cette pauvreté. En exemple, un jeune homme après avoir terminé ses études supérieures devient soutien de famille (ce qui sous-entend une bonne douzaine de personnes). Dans cette école, tout est gratuit, de l'uniforme aux livres, et 44 enseignants se distribuent les cours. Comme pour l'école du Jharkhand la notion de conseil est importante, les jeunes n'ayant aucune idée des matières à choisir pour faire tel ou tel métier.

Une des classes où les élèves, mélangés par niveau
pour ne pas copier sur le voisin, passent leur examen


Nous prenons le café, absolument délicieux me dit Mi, (qui confirme !) et un excellent porridge (pour moi !) dans la guest-house construite grâce à Dominique. Elle nous explique qu'elle a maintenant besoin d'argent pour faire fonctionner l'école et qu'elle va créer une école payante également, pour ceux qui le peuvent, qui subventionnera l'école gratuite. C'est une femme formidable que nous venons de rencontrer...

Surtout allez visiter son site : https://shantindia.org/