lundi 28 septembre 2015

Une éclipse de Lune, c’est loooonng !




Après avoir eu le bonheur d’assister à deux éclipses totales de Soleil, l’une en Chine (dans l’extrême ouest de la Mongolie) le 1er août 2008  et l’autre en Inde à Bénarès le 22 juillet 2009, le 6e éclipse totale de soleil du XXIe siècle ! (voir le récit sur mon blog )

Il ne manquait que l’éclipse totale de Lune à mon bonheur de non-astronome amatrice. Assister à une éclipse de soleil provoque des sensations intenses et violentes, tout au moins pour moi, mais tout astronome même amateur me comprendra. Pour la première, en Chine j’étais derrière mon objectif photo et je tenais surtout à obtenir le fameux « diamant » tant à l’entrée qu’à la sortie de l’éclipse, cet instant magique où le soleil jette son premier rayon intense et va jeter l’obscurité aux oubliettes.

en 2008 en Chine, l'éclat du diamant... lors de l'éclipse totale de soleil
En Chine, une éclipse totale de 2 minutes 27 d’étonnement, de choc en sentant l’ombre, le froid, le silence s’abattre tout autour… après avoir vu la Lune s’approcher si rapidement du Soleil et le recouvrir. En Inde c’était encore bien différent.

Et là, cette nuit, dans la douceur automnale, plus d’une heure de tranquillité, de patience, à voir tout doucement cette Lune et cette ombre…
Pour plus de compréhension : C’est quoi, une éclipse de Lune ?
C’est quand le Soleil, la Terre et la Lune sont alignés (dans cet ordre). Notre satellite passe alors dans l’ombre de la Terre. A la différence d’une éclipse de Soleil, la Lune ne disparaît pas. Elle s’assombrit d’abord puis rougeoie, éclairée par les rayons du Soleil réfractés par l’atmosphère terrestre. Traduction : les rayons du Soleil sont déviés par l’atmosphère, qui bloque certaines longueurs d’ondes de la lumière (du violet au vert) et ne laisse passer que le rouge vers la Lune. La couleur n’est jamais exactement la même car la composition de l’atmosphère change, notamment avec la pollution.
J’ai mis mon réveil à 3 heures mais à 2 heures et demie j’étais déjà debout car je pensais aller jusqu’au Mont Thou, dans les Monts d’Or pour avoir une meilleure vue. Mais en sortant, que vois-je ? Elle me fait de l’œil en me disant : regarde ! je suis juste au-dessus de ton balcon ! 

Regarde, je suis là, au-dessus de ton balcon !
Donc je m’installe, mes appareils photo sur la table du balcon, le thermos à proximité. Seul hic j’ai prêté mon pied à quelqu’un… qui l’a toujours. Le pied pour y poser l’appareil photo et faire des photos stables, bien sûr. Donc vous aurez des photos, pas nettes, j’ai fait du mieux que j’ai pu en bloquant ma respiration et l’appareil sur la rambarde du balcon…




3 h 07 : entrée de la Lune dans l’ombre. Tout doucement, l’ombre grignote la surface jusqu’à la recouvrir entièrement… ça prend du temps ! Je regarde ça en me disant que j’ai le temps de faire face à mes fantômes intérieurs, la Lune, c’est tranquille, c’est plus du côté Vénus, la tendresse, le calme, j’entends quelques pépiements d’oiseaux dans le bois en face, un chien qui commence à aboyer (à la Lune, bien sûr).
L’ombre va mettre plus d’une heure pour recouvrir la surface blanche et brillante et à 4 h 47 c’est le maximum de l’éclipse. C’est tout noir, mais non, il y a des zones plus sombres, des reflets rouges. J’ai rajouté un châle sur les genoux et mis ma capuche de polaire. J’essaie de me connecter à l’astre, à l’univers, mais je regarde le spectacle avec attention et en trouvant le temps qui s’allonge infiniment dans cette ombre lunaire ou plutôt terrestre. Bizarre cette sensation de mouvement sans mouvement… nous tournons autour du soleil à 1670 km/h à l’équateur, la Lune tourne autour de la terre à 3685 km/h… Tout cela donne le vertige, voilà pourquoi je fais des photos floues !





A 5 h 23 c’est la fin de la phase de la totalité. J’ai pris des dizaines de photos, toutes plus floues les unes que les autres car il est très difficile de me tenir les bras à l’extérieur du balcon et de ne pas bouger avec le zoom maximum !Quelques unes sont encore montrables... et je m'aperçois qu'elles sont aussi bien que celles que j'ai vues sur internet, alors...

Je finis par descendre pour faire les photos de la fin d’éclipse et la Lune va sortir de l’ombre à 6 h 27. Elle a tourné autour de l’immeuble insensiblement et je remonte à la maison prendre un petit déjeuner. Aux infos de 7 h, « et maintenant les dernières nouvelles de l’éclipse de Lune… ». C’est moi qui m’éclipse. Je me suis endormie les coudes sur la table. J’espère me réveiller pour 2033 la prochaine éclipse totale de Lune

jeudi 20 août 2015

Carnet de voyages près de chez soi : Chatillon sur Chalaronne

Suite des aventures du petit groupe d'aquarellistes autour de Fabienne qui nous fait découvrir une petite ville médiévale, entre Bresse et Dombes, charmante et fleurie à quelques kilomètres de Lyon : Châtillon sur Chalaronne.
le pont fleuri qui traverse la Chalaronne
Nous nous installons confortablement dans un petit parc fleuri près de la rivière pour dessiner l'eau et le pont ponctué de jardinières colorées. Châtillon sur Chalaronne est l’une des 60 villes françaises possédant la distinction Grand Prix National de Fleurissement. Le fleurissement change au cours des saisons : printemps, été et automne, chaque saison proposant fleurs et couleurs différentes.

un des nombreux ponts fleuris et maison ancienne

la maison au bord de la rivière
De la préhistoire au XXe siècle, Châtillon nous offre d'abord de vagues tumulus, puis avec les Romains le tracé de quatre grandes voies commerciales communiquant avec l'Helvétie, la Germanie et la vallée de la Saône. Au Moyen-Age, Châtillon devient une seigneurie puis devient savoyarde par mariage de l'héritière du sire de Bagé avec le comte de Savoie en 1272.
En 1670 un terrible incendie ravage une partie de la ville et les Halles sont reconstruites grâce aux chênes de Mademoiselle de Montpensier, comtesse de Châtillon. Halles que nous admirons (80 m de long, 20 m de large et 10 de haut) depuis un petit café sympathique où nous prenons le temps de dessiner autour d'un café ou d'une infusion.
des toilettes originales mais pas historiques !
Puis les Trente Glorieuses permettent l'évolution et la prospérité de Châtillon.
Notre journée se passe surtout autour de l'eau, c'est agréable en ses journées de canicule de juillet mais savoir "rendre" l'idée de l'eau en aquarelle n'est pas évident...
la petite barque fleurie





mercredi 29 juillet 2015

Carnet de voyage à Lyon - De St Jean à St Antoine

Continuons notre visite pédestre et peinturluresque dans le Vieux Lyon...
Après la cathédrale et le musée de Gadagne, petit tour dans le vieille rue St Jean.

Nous entrons dans une petite allée pour découvrir la Maison du Chamarier. La Chamarerie est l'une des rares maisons de dignitaire ecclésiastique conservée avec ses bâtiments les plus importants.
Un grand dignitaire du chapitre de la cathédrale St Jean habitait ici. Le chanoine-comte François d'Estaing, chamarier de 1496 à 1529, supervisait la sécurité, la justice, la voirie et possédait les clés des six portes de l'enceinte. Cette maison a été classée monument historique en 1943.
L'entrée de la Maison du Chamarier, 37 rue St Jean
Le puits et la fontaine de la cour ont été sans doute commandés à Philibert Delorme, vers 1530-1540.
Le soubassement du puits avec double rangée de caissons décorés de rosaces.
La fontaine construite en forme de niche a des décorations similaires à celles
du puits.
décoration de la fontaine avec la coquille Renaissance
Cet immeuble a été la résidence de la Marquise de Sévigné à Lyon
en 1672 et 1673
 Nous passons ensuite le pont Bonaparte et nous revoilà partis pour visiter un petit coin de la presqu'île lyonnaise après avoir "croqué" quelques commerçants sur le marché St Antoine et bu un super jus de fruits frais, citron, orange et gingembre, je vous le recommande par temps chaud !

Sur le quai St Antoine, au n° 30 découverte au fond d'une allée qui "traboule" (qui passe d'un immeuble à l'autre) de la porte magnifique de l'ancien théâtre Guignol dirigé par Pierre et Ernest Neichthauser de 1907 à 1966. Ce théâtre initialement appelé Guignol du Gymnase puis Guignol Mourguet était surnommé traditionnellement « Guignol du Quai ».
 Le théâtre du Quai Saint-Antoine, où s’installe la troupe fondée par Laurent Mourguet, ouvre ses portes en 1887.
la porte d'entrée de la traboule au 30 quai St Antoine
la porte du théâtre de Guignol

la poignée de porte de la porte du Guignol censée porter chance aux acteurs !

la grande cour, inattendue ! derrière le Guignol
la jolie lumière des traboules et les surprises à l'arrivée...
c'est le bonheur de Lyon !
Découverte ensuite du musée de l'Imprimerie, rue de la Poulaillerie
Le nom de la rue de la Poulaillerie était en rapport avec les ventes de volailles au Moyen Âge. Les noms des rues rappellent la présence des anciens métiers du quartier (Fromagerie, Mercerie, Fleuriste
(bouquetier), Poterie (Tupin), Marché aux grains (Grenette), Poulaillerie, Travail du fer (Ferrandière). Au n° 13, nous entrons dans la cour du musée, grand témoin de la Renaissance où une des activités principales de Lyon était l’impression. Il est situé dans l'ancien Hôtel de la Couronne qui fut le premier Hôtel de Ville de Lyon, édifié au XVe siècle.
La cour intérieure Maurice Scève nous offre son ombre bienfaitrice et chacun croque qui un bout d'escalier, qui la façade, qui les ornements du mur qui nous intriguent.
 
Les figures du Rhône et de la Saône et en dessous la copie
de la Table Claudienne en pierre noire


Sur un mur de la cour, une oeuvre du sculpteur Philippe Lalyame (XVIIIe siècle) présente des lions et les figures du Rhône et de la Saône sur un fronton brisé. Au centre, une inscription en latin gravée sur pierre rappelle que le consulat de ville a tenu assemblée ici dès 1604.
Le Rhône et la Saône
 La plaque noire est une Table Claudienne qui a toute une histoire !

En 1611, les Tables Claudiennes sont installées dans la cour ; elles correspondent à une plaque de bronze en deux fragments retrouvée en 1528 sur les pentes de la Croix-Rousse, et présentant le texte du discours de l’empereur Claude (natif de Lugdunum) en 48 : il s’y prononce pour l’admission des Gaulois au sein du Sénat romain. Gravée à Lyon, cette plaque était exposée dans le sanctuaire des Trois Gaules. Une fois retrouvée, elle a d’abord été placée dans la Maison de Ville rue de la Fromagerie, puis ici dans la cour, ensuite à l’Hôtel de Ville des Terreaux, avant d’être définitivement déposée au musée gallo-romain de Fourvière. C’est une copie qui est désormais visible dans la cour Maurice Scève (vers 1501-1570), nommée ainsi en l’honneur du chef de file de l’école lyonnaise de poésie.

L'intérieur de la cour est superbe, malheureusement pas le temps de dessiner tout ça...

l'entrée du musée de l'imprimerie
dans la cour

dimanche 26 juillet 2015

Carnet de voyages dans sa ville -Quartier St Jean

Comment avoir de chouettes vacances, en se faisant plaisir et en découvrant sa ville avec un oeil neuf ? Faire un carnet de voyages ! Ce que propose Fabienne Amiel, carnettiste et aquarelliste lyonnaise à un petit groupe pendant cinq jours sur Lyon. Et nous voilà partis, nous sommes cinq ou six et rendez-vous devant la cathédrale St Jean, dans le vieux quartier Renaissance de Lyon. La cathédrale date du XIIe siècle mais dès le IVe siècle il y avait déjà un baptistère, et au IXe siècle on y a construit une école de chant, une manécanterie qui jouxte toujours la cathédrale.
Allez, hop, un petit croquis de la cathédrale, assis sur les bancs de pierre à côté du mendiant qui tend son gobelet plastique aux touristes. Je suis la plus débutante du groupe, alors... soyez sympa !
Vue de Fourvière depuis St Jean

Et maintenant on se tourne vers la cathédrale et Fabienne nous fait découvrir les petits trésors sculptés tout autour des portes d'entrée... Une vraie bibliothèque ou un grand livre d'histoires ! Il faudrait avoir plus de temps : 300 médaillons de façade qui racontent l'Ancien et le Nouveau Testament. Alors on croque un ou deux médaillons sans trop connaître la légende qui va avec. Par exemple, lui, qui joue son petit orgue portatif et qui se fait croquer par le poisson... Serait-ce Jonas et sa baleine ? Cet examen attentif donne envie de connaitre tout ce que raconte ces colonnes sculptées !



Nous avancons et maintenant un petit dessin de rue, nous trouvons un banc où nous installer par loin du musée de Gadagne, la lumière matinale joue entre les feuilles, il ne fait pas encore trop chaud, allons-y pour la rue du Boeuf qui est une des plus anciennes rues du Vieux-Lyon. Elle doit son nom à un taureau sculpté à l'angle avec la place Neuve Saint-Jean. On y trouve des hôtels chics et des restaurants haut de gamme, comme la Tour Rose et la Cour des Loges. D'ailleurs une Porsche vient se garer juste devant nous...
C'est une rue plutôt tranquille et qui était habitée par des familles riches. Derrière les maisons côté colline on trouve des jardins et des terrasses bien cachés.
Cette rue se trouvait sur le trajet des processions du culte taurobolique qui montaient au temple de Cybèle au-dessus des théâtres romains. On a retrouvé en 1704 un autel daté de 160 après J.C dans les anciennes vignes de Fourvière.
Jusqu'au début du XIXe siècle il y avait beaucoup d'ateliers de tissage ce qui peut expliquer les hautes entrées dans cette rue.
 
La rue du Boeuf

  Après, nous grimpons au quatrième et dernier étage au Café Gadagne pour nous offrir une bonne salade au restaurant du Musée, puis petite sieste dessinatrice dans les jardins aménagés dans l'esprit de la Renaissance. Pas le temps de visiter le musée d'Histoire de Lyon ni celui des marionnettes... on y reviendra une autre fois pour les dessiner ! Certains vont s'installer dans les grottes de fraîcheur avec une fontaine initialement conçue au XVIIe siècle et qui ont été réaménagés.


les jardins du Musée de Gadagne au 4e niveau

 Petite pause dans la cour intérieure. Il faut savoir que le site de Gadagne commence son histoire dès le début du 1er siècle avant Jésus-Christ, avant même la fondation de Lugdunum par les Romains ! C'est la première trace attestée d'occupation précoloniale dans ce secteur de la rive droite de la Saône.
petits détails dans la cour, et les pots d'un rose magnifique !
la cour intérieure du rez-de-chaussée du musée de Gadagne

Et voilà, ce vieux musée obsolète est devenue une petite merveille architecturale que je vous encourage vivement à visiter ! La restauration aura nécessité dix ans de travaux et trente millions d'euros ! Et la surface est passée à 6300 m2, donc prenez votre temps, vous en avez pour la journée !

samedi 16 mai 2015

Jean-Jacques Rousseau




Quels délicieux instants passés ce soir en compagnie de Rousseau, Jean-Jacques pour les intimes, présenté par Zoé Varier sur France Inter le vendredi 15 mai 2015 à 20 heures ! En invité, Philippe Lejeune spécialiste du genre autobiographique, et la réincarnation de Rousseau : William della Rocca, qui a donné plus de 300 représentations de « Jean-Jacques » en petits comités dans des salons parisiens ou chez ceux qui avaient l’envie et la place de faire connaitre ce spectacle.
Mais que du bonheur d’écouter ces trois là parler de Rousseau, de son intimité, sa franchise, sa pudeur, de cette nouveauté pour l’époque qu’étaient Les Confessions et qui ont été bien mal comprises, souvent perçues comme une incongruité littéraire. A quoi cela pouvait-il bien servir de se laisser aller à écrire ce qu’on pensait, ce qu’on faisait, au siècle où la psychologie n’existait pas, la psychanalyse n’en parlons pas, mais où la finesse de l’écriture et de la pensée de Jean-Jacques nous le rend contemporain. Sans qu’il devienne notre copain, loin de là… car sa pensée et son langage n’autorisent ni familiarité ni vulgarité, mais en font un bon compagnon de voyage. Ce qui me donne bien envie de me mettre à lire les Confessions, ce que j’en connais datant du Lagarde et Michard de mes années lycée. Diderot à l’époque me passionnait davantage, je ne sais pas pourquoi !
Le plus choquant pour nous élèves, était le fait qu’il avait abandonné ses cinq enfants, tout en ayant des belles idées sur l’éducation en écrivant son Emile, publié en 1762. Et là, j’ai entendu un Rousseau regrettant amèrement avoir confié ses enfants à l’Assistance publique, ce que faisaient en général 40 % des parents de l’époque ! Il est bien évident qu’il convient aussi de se remettre dans le contexte historique, même si cela ne l’absous pas le moins du monde. Les textes choisis et présentés par William della Rocca avaient cette générosité de cœur qui nous montraient Rousseau sans vernis ni falbalas et qui de fait nous le rendait extrêmement sympathique.
Je vous encourage, si vous aimez la littérature à écouter l’émission diffusée le 15 mai 2015 : http://www.franceinter.fr/emission-lheure-des-reveurs



mardi 21 avril 2015

Incredible Italy !

Oui, après le riz les spaghettis ! après le tchaï, la grappa mais ça ne rime pas, après Laxmi, Botticelli, après les temples à Shiva, Santa Maria Novella... Après l'Inde, l'Italie, et pas n'importe laquelle, l'Italie du Palais Pitti, du palazzo Vecchio et du Quattrocento. Quand Parvati se transforme en Vierge Marie et Shiva en David. Bref ce sont presque les mêmes mais transformés Renaissance italienne avec des légendes légèrement décalées à l'Ouest.
Florence est une ville splendide, à tous points de vue.  Les rues piétonnes du centre historique sont bordées de boutiques plus magnifiques les unes que les autres, offrant aux regards des touristes japonais avides des boutiques de luxe que nous, touristes limitrophes, n'admirons que de l'extérieur, mais c'est beau. Parfois incroyable... qui oserait porter des talons pareils, une robe aussi originale ?
Alors que Florence apprécie les rues pavées, comment sortir avec des échasses ?
Pour être belle le soir... mais sortir où ?
C'est le printemps, les boutiques vous mettent des fleurs plein la tête.
Les petites ruelles pittoresques qui buttent quelquefois sur de gros monuments bouchant la vue, le marché central, débordent de vestes en cuir, de sacs et de pochettes colorées, accrochées un peu partout, de bibelots, de petits magasins offrent au regard de beaux carnets, du papier à lettres de luxe à fleur de lys florentine ou à portrait de Vierge sage, alors qu'un enfant Jésus se laisse aller à des familiarités que le peintre n'a pas hésité à montrer.
difficile de circuler dans Florence sans avoir des monuments
qui s'imposent à vous...
les bijouteries du Ponte Vecchio avec leur touche d'originalité...
ou leurs ors plus classiques
papier marbré, petits carnets raffinés, papeterie d'art dans de belles boutiques
offrant de quoi écrire vos mémoires ou vos gribouillis de luxe

du cuir partout, de toutes les couleurs, sous toutes les formes, depuis le
Marché Central aux boutiques Hermès
et pour l'art, c'est pareil, il y a du très "classique"
comme ici la Madone de Filippo Lippi
et d'autres "classiques" surprenants où l'on surprend le petit Jésus un peu fouineur !
et sa maman en a le rouge aux joues ! Jésus, si on nous regarde !
Pour cette semaine culturelle à Florence notre programme chargé nous a permis d'apprécier des oeuvres d'art à longueur de journée... et à longueur de couloir ! Un couloir bien peu visité par les touristes, le corridoi Vasariano, très long couloir privé qui relie le palazzo Vecchio et le palazzo Pitti à travers le Ponte Vecchio. Et ce couloir se prend dans la Galerie des Offices. Il faut demander une autorisation spéciale et la traversée de ce couloir pittoresque coûte une petite fortune : 65 euros !
Ce couloir a été commandé pour le mariage en 1565 entre François 1er de Médicis et Jeanne d’Autriche et édifié avec l’idée de donner un précieux bijou à Florence. C'était le désir du Grand-Duc de se déplacer librement entre sa résidence et son palais du Gouvernement pour éviter de se mouiller ou de se salir les pieds... mais surtout de se déplacer en toute sécurité. Ce passage royal qui passe au-dessus des têtes des citoyens de Florence nous permet de découvrir une grande collection de peintures et une rangée de fenêtres qui offrent des vue magnifiques sur les coteaux, le fleuve Arno, ses ponts, les palais et les églises de la ville. Une magnifique collection d'auto-portraits ornent les murs du couloir depuis des artistes comme Giogio Vasari (1511-1574) jusqu’aux artistes étrangers du XXe siècle qui ont offert leur portrait.
 Les attentats mafieux de mai 1993, à la dynamite, contre la Galerie des Offices de Florence a fait quelques dégâts dans le couloir également. Promenade historique, culturelle, artistique, commentée pendant une bonne heure pour nous faire découvrir des chefs d'oeuvre cachés ou en tout cas bien protégés des regards.
l'entrée dans le fameux corridor, accompagné devant et derrière...
une vue d'un des passages
des centaines d'auto-portraits sur des centaines de mètres de murs...
une vue plongeante sur le ponte Vecchio
la vue sur l'Arno et les ponts de la ville, d'un côté
et de l'autre...
auto-portrait de Rubens
auto-portraits de Bonnat et de Fantin Latour
Qui peut imaginer que tant de trésors cachés se trouvent accrochés dans le
couloir passant sur ces arcades ?